•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le conseil scolaire évoque un modèle utilisé en santé pour financer l'éducation

Un homme debout dans une salle avec des tables et des chaises s'adresse au micro de Radio-Canada.

Le président du Conseil scolaire fransaskois, Alpha Barry.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Conseil scolaire fransaskois (CSF) invoque l'exemple du système de financement d'un regroupement d'établissements de formation postsecondaire en français, le Consortium national de formation en santé (CNFS), qui reçoit des fonds directement du gouvernement fédéral. Pour le CSF, ce système repose sur un meilleur mécanisme de consultation des organismes et de leurs besoins sur le terrain.

Un texte de Raluca Tomulescu

Le Consortium national de formation en santé (CNFS) regroupe 11 collèges et universités et 6 partenaires régionaux à travers le Canada, dont la Cité universitaire francophone de Regina.

Il travaille à augmenter l’offre de programmes de formation en santé en français pour, ultimement, assurer l’accès à un nombre suffisant de professionnels capables de soigner les gens en français.

Le CNFS est sous l’égide de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC).

« C’est une belle gouvernance par et pour les francophones », explique la directrice générale de l’ACUFC, Lynn Brouillette.

« Nos membres connaissent très bien leur territoire, ce sont des gens qui vivent dans ces communautés-là. Donc, ils peuvent vraiment mettre en lumière les besoins et la façon d’y répondre », dit-elle.

Le gouvernement fédéral finance le CNFS par l’entremise de Santé Canada, et le CNFS décide de la façon dont sont répartis ces fonds entre ses différents membres.

Sensibiliser les élus

Le président du Conseil scolaire fransaskois (CSF), Alpha Barry, avait fait référence au CNFS lors de la présentation de son mémoire au Comité permanent des langues officielles, qui avait pour objectif de faire entendre les besoins en éducation à l'occasion du processus de modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Dans ce mémoire, le Conseil des écoles fransaskoises (CEF) réclame notamment que les établissements fédéraux consultent les conseils scolaires en situation minoritaire plutôt que de simplement passer par les ministères de l’Éducation provinciaux.

« Quand j’ai cité ce consortium, c’était une occasion d’aviser et d’éduquer les élus qu’Ottawa intervient déjà directement en matière d’éducation sans passer nécessairement par un ministère de l’Éducation, que c’est un modèle qui fonctionne très bien et qui ne fait pas preuve des lacunes déjà observées », précise-t-il.

Les lacunes sont, d’après Alpha Barry, l’absence de concertation et le manque de transparence et de moyens de reddition de compte adéquats.

Par ailleurs, lors de son passage en Saskatchewan au début du mois de novembre, le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, avait lui aussi fait allusion au CNFS comme modèle direct de transfert de fonds entre le gouvernement fédéral et les établissements d’enseignement.

Un exemple valable?

Selon le professeur agrégé en sciences politiques Rémi Léger, de l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, l’exemple du modèle de gestion du CNFS invoqué par le conseil scolaire est légitime.

« Que l’argent passe directement de Patrimoine canadien au conseil scolaire, on élimine finalement une couche de bureaucratie. En simplifiant le processus de la sorte, ça permet de clarifier la transparence, ça permet de corriger certaines lacunes en reddition de comptes », affirme-t-il.

Cela dit, pour que ce scénario se réalise, il faudrait convaincre les provinces d’être mises à l’écart pour que la négociation se fasse entre le fédéral et les conseils scolaires de façon générale, ce qui constitue un problème de taille, selon lui.

Il ajoute que, dans ce cas, ceux-ci devront aussi négocier une entente avec leur gouvernement provincial, qui doit également financer l’éducation en français.

Rémi Léger explique qu’actuellement le Conseil des ministres de l’Éducation et le gouvernement fédéral négocient une entente pour établir les fonds destinés à l’éducation. Ces négociations se déroulent sans les conseils scolaires, qui demandent justement d’y être présents pour faire part de leurs aspirations et de leurs besoins.

« Je pense que, comme première étape, il faut que la Fédération nationale des conseils scolaires francophones [dont le CSF est membre] fasse partie des négociations. Ensuite, à moyen terme, peut-être qu’il y aura lieu d’aller plus loin, de négocier une entente directement entre les conseils scolaires et le gouvernement fédéral », dit-il.

Selon lui, la prochaine occasion d’inviter les conseils scolaires sera celle des négociations pour le Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028.

La Fédération nationale des conseils scolaires francophones a décliné notre demande d’entrevue, alléguant que le financement du CNFS n’est pas un modèle sur lequel elle s’est penchée.

Saskatchewan

Éducation