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Des milliers d’oiseaux pourraient avoir été enduits de pétrole au large de Terre-Neuve

Un oiseau couvert de pétrole, après la catastrophe.
Des milliers d'oiseaux pourraient avoir été mazoutés au large de Terre-Neuve, selon un biologiste. Photo: La Presse canadienne / AP/Jack Smith
Radio-Canada

Au moins 15 oiseaux de mer enduits de pétrole ont été repérés après le plus grand déversement jamais enregistré au large des côtes de Terre-Neuve, mais une biologiste prévient que les déversements antérieurs démontrent qu'il pourrait en réalité y en avoir plusieurs milliers.

La firme d'hydrocarbures Husky Energy a rapporté les observations mercredi et confirmé la présence d'un oiseau mort depuis qu'environ 250 000 litres de pétrole se sont déversés dans l'océan vendredi lors d'une violente tempête.

La plate-forme SeaRose tentait de reprendre la production quand une panne s'est produite, provoquant le déversement.

Un mergule nain sur l'eau.Le mergule nain est un oiseau que l'on observe sur les Grands Bancs de Terre-Neuve. Photo : La Presse canadienne / Dave Fifield

Les experts en oiseaux de mer affirment qu'une estimation du nombre d'oiseaux tués par la marée noire pourrait prendre des mois, mais que le bilan va probablement augmenter.

Gail Fraser, une biologiste des oiseaux de mer de l'Université York, a déclaré que même un petit nombre d'oiseaux enduits de pétrole suscite des inquiétudes, puisque cela témoigne de dommages probablement beaucoup plus graves.

Le fait qu'ils aient trouvé des oiseaux enduits de pétrole signifie qu'il y a probablement beaucoup plus d'oiseaux qui ont subi le même sort.

Gail Fraser, biologiste, Université York.

Les marées noires antérieures ont abouti à des estimations du nombre de décès d'oiseaux, qui se chiffrent par milliers, a-t-elle déclaré.

La plateforme pétrolière flottante SeaRose.250 000 litres de pétrole se sont déversés en mer près de la plateforme flottante SeaRose, le 16 novembre au large de Terre-Neuve. Photo : La Presse canadienne / Husky Energy

Le déversement de Terra Nova en 2004, qui avait déversé 165 000 litres de pétrole dans l'océan, aurait tué environ 10 000 oiseaux.

La biologiste a noté que l'incident de Terra Nova avait déversé moins de pétrole dans l'océan, mais que cela s'était produit à la même période de l'année que le dernier incident, ce qui signifie qu'un nombre similaire d'oiseaux tels que des guillemots et des tourterelles se seraient trouvés dans la région.

Selon Mme Fraser, des millions d'oiseaux migrent vers la région depuis l'Arctique à cette période de l'année, et les conditions difficiles de la fin de semaine rendent impossible un décompte précis des oiseaux tués.

Les conditions étaient terribles et il est difficile d'obtenir de bonnes estimations du nombre d'oiseaux de mer susceptibles d'avoir été tués, a-t-elle dit. On peut seulement faire de notre mieux.

Un Guillemot de Brünnich et un Guillemot marmette.Un Guillemot de Brünnich et un Guillemot marmette sont des oiseaux que l'on observe près de Terre-Neuve. Photo : La Presse canadienne / Sabina Wilhelm

Les oiseaux de la région sont particulièrement sensibles à la pollution par les hydrocarbures, prévient Mme Fraser. Les oiseaux peuvent mourir d'hypothermie si même une petite quantité d'huile tache leur plumage.

Ils ont également de faibles taux de reproduction, ce qui signifie qu'un impact important sur la population fait vraiment mal.

La biologiste Gail Fraser déplore qu'on ne tienne pas toujours compte de ces réalités lorsque les entreprises sont condamnées à une amende pour avoir nui aux populations d'oiseaux de mer.

Une amende de 3 millions de dollars a été infligée à Syncrude Canada en 2008 lorsque plus de 1600 canards sont morts après avoir atterri dans un bassin de résidus.

À titre de comparaison, Petro-Canada a reçu une amende de 290 000 $ pour le déversement de Terra Nova qui aurait tué 10 000 oiseaux.

Tuer 10 000 oiseaux de mer est une grosse affaire écologique et l'amende devrait en tenir compte.

Gail Fraser, biologiste, Université York

Un déversement impossible à nettoyer

Scott Tessier, le directeur général de l'Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers, a déclaré qu'aucune nappe de pétrole n'avait été repérée sur l'eau lundi ou mardi, ce qui signifie que le pétrole s'est probablement dégradé au point de ne plus pouvoir être nettoyé.

La commission se concentre maintenant sur la surveillance de la faune et son enquête sur l'incident.

Les exploitants de l'industrie extracôtière de Terre-Neuve sont responsables du respect de leurs propres plans en matière de sécurité et de protection de l'environnement. L'organisme de réglementation surveille et enquête au besoin.

Trevor Pritchard, le vice-président principal de Husky Energy au Canada atlantique, a assuré que son équipe avait suivi les plans et les procédures de l'entreprise, et que celle-ci enquêtait sur les causes du dysfonctionnement de l'équipement.

Trevor Pritchard en entrevue le 20 novembre 2018.Trevor Pritchard, vice-président responsable de la région Atlantique chez Husky Energy. Photo : Radio-Canada / CBC

Nous n'avons rien vu qui nous indique que nous n'avons pas suivi nos procédures internes, a dit M. Pritchard.

Husky fournit les procédures au conseil de réglementation, mais un porte-parole de Husky a déclaré dans un courriel que la société ne divulguait pas ses procédures d'exploitation spécifiques publiquement pour des raisons de sécurité et commerciales.

M. Pritchard dit que Husky ne redémarrera pas la production tant qu'elle n'aura pas pleinement confiance dans l'intégrité du système sous-marin.

Personne ne voulait que cet incident se produise. C'est une mauvaise journée pour nous. Pouvons-nous changer des choses, oui, nous le pouvons. Je ne sais pas encore ce qu'elles sont, a déclaré M. Pritchard.

Avec les informations de La Presse canadienne

Terre-Neuve-et-Labrador

Industrie pétrolière