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Un policier accusé d'agression dirigé vers la justice réparatrice, la présumée victime déçue

Portrait d'un homme cadré aux épaules. Il est à l'extérieur et porte une casquette.
James Escamilla est déçu que son agresseur présumé puisse bénéficier de la justice réparatrice. Photo: Radio-Canada / CBC
Radio-Canada

Un policier qui a été accusé de voies de fait et usage excessif de la force pourrait bénéficier d'un programme de justice réparatrice. Une situation qui choque sa victime présumée, James Escamilla.

Il est inquiet du fait qu’en bénéficiant d'un programme de mesures de rechange de Regina, qui s'apparente à la justice réparatrice, le policier ne subisse pas de conséquences réelles pour les gestes qu’il aurait commis.

Ce programme comprend notamment des rencontres entre la victime et son agresseur. Ce dernier doit reconnaître la responsabilité de ses actes. Quant à la victime, elle peut rencontrer la personne qui l’a blessée afin de mieux comprendre ce qui est arrivé et tourner la page sur l’agression.

Le but de la justice réparatrice est d’en arriver à une entente entre les deux parties. Cette entente peut notamment comporter des excuses officielles, des dédommagements financiers, du soutien psychologique et des travaux communautaires.

Parmi les critères permettant de bénéficier d’un tel programme, il y a aussi le fait que l'agresseur n'a pas d’antécédents en la matière. Les crimes violents ne sont pas admissibles à la justice réparatrice.

C'est James Escamilla qui a appris que le dossier de son présumé agresseur avait été remis aux responsables du programme, à la suite d'une recommandation de la Couronne. Le directeur du programme a refusé d'offrir une entrevue.

Pas si facile, selon un expert

Selon le professeur en études judiciaires, Hirsch Greenberg, le processus de la justice réparatrice n’est pas plus facile que les autres processus judiciaires. Même s’il s’agit de mesures de rechange, l’universitaire estime qu’il n’est pas si facile pour un accusé de se présenter devant un groupe et d'admettre qu’il a eu tort.

Hirsch Greenberg soutient que ce type de mesure permet de compenser l’écart de pouvoir entre la victime et son agresseur présumé. Selon lui, ce processus permet à la victime d’avoir tout un réseau d’aide pour affronter celui qui lui a fait du tort.

Une agression filmée

En décembre 2016, James Escamilla était arrêté par le caporal Collin Magee pour entrave à la justice dans le cadre d’une enquête de vol. Il n’a jamais été accusé dans ce dossier.

Lors de son arrestation, qui a été filmée par vidéo, James Escamilla avait subi des chocs qui lui ont laissé des ecchymoses au côté gauche du visage, au poignet gauche ainsi que des blessures importantes au genou droit.

L’incident avant été filmé par la caméra de surveillance d’un voisin de la victime qui avait 25 ans à l’époque. L’homme s’est rendu au poste de police pour signaler l’agression et il s’en est suivi une enquête de la Commission des plaintes du public de la Saskatchewan. Au terme de cette enquête, le policier avait été accusé de voies de fait.

La porte-parole du Service de police de Regina, Elizabeth Popowich, a confirmé que, depuis le transfert du cas du policier vers la juste réparatrice, Collin Magee est de retour dans un poste ou il doit avoir des interactions avec des personnes arrêtées.

Avec les informations de Stephanie Taylor et Adam Hunter

Saskatchewan

Crimes et délits