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Nouvelle mise en demeure environnementale pour le gouvernement Legault

Les trois politiciens sont debout côte à côté et semble écouter quelqu'un (hors-cadre) à leur droite.

La députée libérale Marie Montpetit, la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, et le député péquiste Sylvain Gaudreault

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Forts de l'appui des trois partis d'opposition à l'Assemblée nationale, plus de 200 candidats défaits lors de la dernière élection générale au Québec somment le gouvernement Legault de s'engager résolument dans la lutte contre les changements climatiques.

Un texte de François Messier

Dans un point de presse tenu jeudi à l’Assemblée nationale, le regroupement fondé par un citoyen, Alexandre Thibodeau, a présenté une longue liste de revendications à l’intention du gouvernement caquiste.

Les membres du regroupement exigent notamment que le gouvernement Legault fasse de l’urgence climatique une priorité, mais aussi :

  • qu’il mette en place, dès le début des travaux parlementaires, une structure de gouvernance de ses activités témoignant « de l’urgence manifeste à engager le Québec dans une transition socio-économique permettant d’atteindre les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre »;
  • qu’il déploie des efforts « considérables et conséquents » afin que tous les Québécois soient sensibilisés à l’urgence de la situation environnementale », afin qu’ils « entreprennent les transitions requises », tant à l’échelle provinciale que locale.

Le groupe de candidats défaits, qui dit représenter 15 % des suffrages exprimés le 1er octobre, plaide également pour que le gouvernement Legault convoque des États généraux sur l’urgence climatique dès la première session parlementaire, qui s'ouvrira la semaine prochaine.

Le réchauffement climatique est une question de sécurité nationale, de santé publique, de prospérité, de conservation de la biodiversité et de sauvegarde de notre territoire. Par la présente déclaration, nous voulons que le réchauffement climatique ne soit plus un enjeu politique, mais bien un enjeu de bien-être collectif.

Extrait de la déclaration signée par 213 candidats défaits

Même si aucun candidat défait de la CAQ ne s'est joint au mouvement jusqu'ici, Alexandre Thibodeau a refusé de jeter la pierre au parti. Il assure que la démarche du groupe se veut « transpartisane ».

« À leur défense, s’ils ne sont pas ici, ce n’est peut-être pas une mauvaise intention. C’est simplement qu’on les a contactés cette semaine, a-t-il expliqué. J’ai parlé à des gens à la CAQ qui ont travaillé fort à passer le message en haut. Peut-être que ça ne s’est pas rendu assez vite. Je ne le sais pas. »

Alexandre Thibodeau demande en outre aux Québécois de « prendre une pause » mercredi prochain et de se rassembler pour écouter le discours inaugural du premier ministre du Québec.

M. Thibodeau est au podium, entouré des députés des trois partis.

L'initiateur du mouvement des candidats défaits, Alexandre Thibodeau

Photo : Radio-Canada

Disons au prochain gouvernement que nous exigeons qu'il reconnaisse l'urgence climatique en lui faisant savoir que nous écouterons son discours inaugural, et que nous attendons une réponse dès maintenant.

Alexandre Thibodeau, initiateur du mouvement des candidats défaits

« Nous partageons les préoccupations de la population face aux changements climatiques », a commenté le cabinet de la ministre de l'Environnement, MarieChantal Chassé.

« Contrairement aux libéraux et péquistes qui n’ont pas mené le Québec vers l’atteinte des cibles de réduction auxquelles le Québec s’est engagé, notre gouvernement entend mettre en place des mesures efficaces et performantes qui permettront au Québec de réduire de façon significative ses émissions de gaz à effet de serre », a ajouté le cabinet de la ministre.

Les partis d'opposition prêts à « donner la chance aux coureurs »

Les porte-parole des trois partis d'opposition en matière d'environnement ou de lutte contre les changements climatiques – la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, la libérale Marie Montpetit, et le péquiste Sylvain Gaudreault – étaient tous présents pour appuyer les candidats défaits.

Tous ont dit vouloir « donner la chance aux coureurs », en référence à la ministre Chassé et au premier ministre Legault, tout en témoignant de leurs inquiétudes quant aux premiers signaux envoyés par le gouvernement depuis son arrivée au pouvoir.

Mme Montpetit souligne par exemple que le gouvernement a offert « beaucoup de paroles », mais « peu de réponses » en matière de protection de l'environnement. Elle a notamment critiqué le fait que Mme Chassé hésite à demander au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) de se pencher sur le projet de mine au lithium en Abitibi.

Il faut dépasser l’étape des éternelles consultations, des éternelles discussions. Les solutions, on les connaît. Est-ce que la volonté politique va être au rendez-vous? C’est ça la question.

Marie Montpetit, députée libérale de Maurice-Richard, dans le nord de l'île de Montréal

Sylvain Gaudreault a profité de l'occasion pour réitérer que le Parti québécois est partisan d'une loi « antidéficit climatique », visant à s'assurer que le Québec puisse maintenir le cap sur les objectifs de réduction de gaz à effet de serre.

De son côté, Manon Massé, qui a beaucoup parlé d'environnement lors de la campagne électorale, a réitéré que cet enjeu constitue « la priorité des priorités » pour Québec solidaire. Elle a précisé qu'elle porterait elle-même le message du groupe de candidats défaits au premier ministre Legault en après-midi.

Il y a deux semaines, le metteur en scène Dominic Champagne a aussi lancé un « Pacte pour la transition » écologique, demandant aux Québécois de s'engager, pour une période de deux ans, à poser des gestes concrets pour contrer les changements climatiques.

Après une rencontre avec François Legault le lendemain, il a salué « la volonté du premier ministre d’être l’homme de son époque ».

Depuis, deux grands projets qui sont toujours à l'étude, soit ceux d'une usine pétrochimique à Bécancour et celui d'un complexe de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay, soulèvent les inquiétudes d'environnementalistes.

Après avoir présenté son Conseil des ministres, le 18 octobre, M. Legault a juré avoir « une sincère préoccupation pour les défis environnementaux » et avoir « bien reçu le message de la population ».

« On doit en faire plus pour lutter contre le réchauffement climatique. On va y travailler à notre façon, de façon pragmatique, en obtenant des résultats », a-t-il promis.

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