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Une étudiante appelle au boycottage de l'hôtel Delta à Regina après la mort d'une Autochtone

Des proches de Nadine Machiskinic tiennent un portrait de la femme dans leurs mains.

Un rassemblement en souvenir de Nadine Machiskinic avait également été organisé par le passé pour souligner le premier anniversaire de sa mort.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Près de quatre ans après le décès d'une femme à la suite d'une chute de 10 étages dans une descente de linge de l'hôtel Delta de Regina, une étudiante de l'Université de la Saskatchewan appelle au boycottage de l'entreprise.

« Je pense que nous avons tous une obligation envers nos femmes autochtones disparues et assassinées », a déclaré Kayla Lavallee, expliquant pourquoi elle a encouragé une Première Nation de la Saskatchewan à ne pas organiser sa fête de Noël dans cet hôtel.

Nadine Machiskinic est tombée dans la chute de linge à l'hôtel en janvier 2015 et a par la suite été déclarée morte à l'hôpital. Un coroner en chef a conclu que la mort était accidentelle, mais le jury d’une enquête publique a ensuite infirmé cette décision, déterminant que sa nature était « indéterminée ».

Après avoir lu des comptes-rendus dans les médias, Kayla Lavallee a déclaré qu'elle ne pensait pas que l'hôtel avait agi de manière appropriée avant la mort de Nadine Machiskinic, ni même après.

Même si le temps passe, je pense qu'il est très important de ne pas oublier.

Kayla Lavallee, étudiante

« Quand je me suis mise à la place de Nadine, j'ai pensé : "OK. Si c'était moi, je voudrais que les gens sachent. Je ne voudrais pas que les gens soutiennent cette entreprise" », a-t-elle expliqué.

Une jeune fille et sa tante se prennent en photo ensemble.

Kayla Lavallee (à gauche) a déclaré que sa tante, Jessie Lavallee (à droite), avait disparu et avait été retrouvée morte il y a à peine six mois, ce qui a fait de la cause des femmes autochtones disparues et assassinées une affaire personnelle.

Photo : Photo fournie par Kayla Lavallee

Quand Kayla Lavallee a vu que la Première Nation d,Ochapowace tenait sa fête de Noël au Delta, elle pensé à sa propre tante, portée disparue puis retrouvée morte il y a six mois à peine.

« Envoyer un courrier électronique à [Ochapowace] ne me semblait pas être un choix, mais plutôt une obligation », a-t-elle déclaré.

La Première Nation déplace sa soirée

La chef de la Première Nation d'Ochapowace, Margaret Bear, a dit que sa Première Nation avait choisi de déplacer la fête après avoir reçu la demande de Kayla Lavallee, en solidarité avec la famille de Nadine Machiskinic.

« Nous comprenons tous ce que nous traversons en tant que nations et ce qu'est le processus de guérison. Il s'agissait de nous entraider en tant que nations autochtones », a-t-elle précisé.

Nous restons absolument unis dans nos nombreuses injustices.

Margaret Bear, chef de la Première Nation d'Ochapowace

Un porte-parole de l’hôtel Delta a refusé de commenter la décision de la Première Nation d’Ochapowace de déplacer sa fête de Noël.

Une action civile en cours

La famille de Nadine Machiskinic a engagé une action civile contre l'hôtel, alléguant : « Les défendeurs ont été négligents dans la construction, l'entretien, la réparation, la conception, le manque d’isolement et la surveillance des zones de blanchisserie. »

Dans un exposé de la défense, l'hôtel Delta « nie toute négligence de [sa] part ayant causé ou aggravé les blessures de Mme Machiskinic ».

Les allégations n'ont pas encore été prouvées ni examinées devant les tribunaux.

Merchant Law Group, qui a intenté l'action en justice au nom de la famille Machiskinic, a déclaré qu’il cherchait maintenant à aller en procès.

Saskatchewan

Justice et faits divers