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Suspension des expulsions du Canada vers Haïti

Deux réfugiés haïtiens dans les rues de Montréal le 19 décembre 2017.
L’Agence des services frontaliers du Canada précise que « ces renvois seront effectués dès que possible; la date exacte sera déterminée au cas par cas ». Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Radio-Canada

L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a suspendu temporairement certains renvois vers Haïti prévus du 18 au 25 novembre en raison de la récente flambée de violence dans ce pays, a appris Radio-Canada.

L’ASFC, qui confirme l’information, précise que « ces renvois seront effectués dès que possible; la date exacte sera déterminée au cas par cas ».

Lundi, une quarantaine d’agents d’exécution de la loi, qui accompagnent les demandeurs d’asile expulsés jusqu’à l’aéroport, ont reçu l’ordre de suspendre ces renvois.

Le consultant en immigration Jean-Marie Hercules rapporte plusieurs cas de personnes sous le coup d’une décision d’expulsion et dont le renvoi a été reporté depuis le début de la semaine.

Je viens tout juste de recevoir un appel de ma cliente. Elle a été à l’aéroport ce matin et à la toute dernière minute, un agent lui a dit : "Madame, vous ne pouvez pas retourner en Haïti".

Jean-Marie Hercules, consultant en immigration

Frantz André, du Comité d'action des personnes sans statut, rapporte lui aussi plusieurs cas, dont celui d’une mère de famille monoparentale qui devait quitter le Canada avec son fils, mercredi matin. D’autres devaient prendre l’avion vers Haïti le 25 novembre prochain.

Lundi, ils ont tous été prévenus qu'ils ne quitteraient pas à cette date, explique M. André, qui précise que ces personnes ont appris que « leur déportation a été remise à une date ultérieure, et la date ultérieure pourrait être au moins de trois ou quatre semaines ».

Frantz André,  Comité d'action des personnes sans statutFrantz André, Comité d'action des personnes sans statut Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Un autre cas est rapporté par Guillaume Cliche-Rivard, président de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration.

« On a entendu parler ce matin d’une famille qui s'est rendue jusqu’à l’aéroport Trudeau. On finalement décidé qu’il ne fallait pas exercer le renvoi dans les circonstances, et la famille est retournée au centre de détention ce matin », précise M. Rivard.

Qui a pris la décision ?

On a essayé sans succès de savoir si quelqu'un au gouvernement avait pris la décision. Les attachés de presse du ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen, et du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, nous ont renvoyés à Bill Blair, ministre de la Sécurité frontalière.

M. Blair s’est contenté de dire qu’il était au courant et qu’une décision sera prise quand l’examen de la situation sera terminé.

Avec les informations de René Saint-Louis

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