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Coupes dans les services en français : populaires auprès de certains Ontariens

Le drapeau franco-ontarien flotte au-dessus d'un petit monument.
Certains affirment que le bilinguisme favorise une élite francophone. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Malgré toute la controverse qu'ils ont suscitée, l'abandon du projet d'Université de l'Ontario français et l'abolition du Commissariat aux services en français ont tout de même certains partisans. Alors qu'ils croient aux bienfaits économiques de ces compressions, d'autres font valoir que ces coupures ont des allures de manœuvres populistes.

Pour moi et bien des gens, c’est juste des coupures budgétaires [...] il faut qu’on coupe, fait valoir Jean-Serge Brisson, porte-parole francophone du groupe Canadians for Language Fairness, qui s’oppose notamment à la Loi sur les langues officielles.

Tout le monde a les bras dans les airs à cause de la cancellation d’une université promise par les libéraux il y a 15 ans.

Jean-Serge Brisson, porte-parole francophone du groupe Canadians for Language Fairness

La tempête soulevée par les compressions dans les services aux francophones de l’Ontario ne l’émeut pas beaucoup. La grogne des francophones de partout au pays à la suite de l’annonce du gouvernement Ford relève davantage de l’impulsion émotive que de la réflexion rationnelle, selon lui.

Nos émotions, il faut qu’on les prenne en charge puis se revirer de bord et dire : "Est-ce qu’il y a un rationnel derrière ce qui vient d’arriver?", lance l’agriculteur.

Selon l’avocat en droits linguistiques Michel Doucet, l’argument économique utilisé pour justifier les compressions ne tient pas la route.

C’est un argument populiste et sans fondement au départ et qui va à l’encontre de ce qui est reconnu dans la Charte des droits et libertés.

Michel Doucet, avocat en droits linguistiques

Les preuves ont démontré que le bilinguisme et la dualité, ça rapporte sur le plan de la paix sociale, mais également sur le plan économique. Ça rapporte plus que ce que ça coûte à un gouvernement, estime l’avocat originaire du Nouveau-Brunswick.

Élitisme contre populisme

Pour M. Brisson, l’importance accordée au bilinguisme dans la fonction publique est discriminatoire, car elle prive certains anglophones d’un emploi au profit de personnes plus à l’aise dans la langue de Molière.

Ce qui arrive [...], il y a des emplois qui sont donnés parce que tu parles la langue. Tu n’as pas l’emploi pour le mérite, tu as l’emploi pour ce que tu es, dénonce-t-il.

C’est là un argument qui n’est pas nouveau et qui peut même être dangereux, prévient le professeur d’histoire à l’Université de Guelph, Matthew Hayday.

On préfère utiliser ces arguments économiques. Mais ils cachent de temps en temps la bigoterie ou la francophobie.

Matthew Hayday, professeur d’histoire, Université Guelph

Ça fait des décennies qu’on a essayé de faire des liens entre l’élitisme et le bilinguisme. Il y a des groupes qui disent que le bilinguisme, ça sert seulement à créer une élite bilingue francophone qui bénéficie des jobs, relate le spécialiste de l’histoire des langues au Canada.

J’ai l’impression que maintenant, à l’époque du populisme, on essaie de réutiliser ce type d’argument pour motiver les gens à s’opposer aux programmes [qui font la promotion du bilinguisme ou du français], renchérit-il.

Avec les informations de Martin Robert

Ottawa-Gatineau

Politique provinciale