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« Coup de théâtre » à Victoria : la GRC pressée de donner plus de détails

Trois hommes marchent côte à côte.
Le greffier de l'Assemblée législative, Craig James (au centre), a été escorté jusqu'à l'extérieur du Parlement mardi matin. Photo: Radio-Canada / Mike McArthur
Radio-Canada

Au lendemain de la suspension de deux hauts fonctionnaires du Parlement de la Colombie-Britannique, de nombreuses questions demeurent sans réponse au sujet de l'enquête criminelle dont ils font l'objet.

Un texte de Michaële Perron-Langlais

Il s’agit même d’un « coup de théâtre », affirme l'analyste politique et professeur d'histoire à l'Université Simon Fraser (SFU), Nicolas Kenny, qui précise qu’il existe peu de précédents à ce qui s'est passé mardi.

Les scandales qui touchent les gouvernements concernent généralement les politiciens, selon M. Kenny. « Ce qui est frappant, c’est que ça touche la fonction publique de la Colombie-Britannique, des gens qui, habituellement, œuvrent plus dans l’anonymat », dit-il.

L’analyste politique ajoute que les deux responsables administratifs concernés, soit le greffier de la Chambre, Craig James, et le sergent d'armes, Gary Lenz, sont très respectés dans le milieu parlementaire.

Greffier de la Chambre : Il est responsable de l’administration de l’Assemblée législative et fournit des conseils non partisans aux députés sur les procédures parlementaires.

Sergent d'armes : Il est responsable de la sécurité des bâtiments et des membres du Parlement.

« Leur réputation va bien au-delà de la Colombie-Britannique, affirme-t-il. [...] Je pense notamment au greffier qui, lors de l’incertitude entourant la formation du gouvernement à l’été 2017, a été reconnu pour son expertise. »

Pressions sur Victoria et la GRC

Selon Nicolas Kenny, la pression sera énorme sur la province et sur la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui mène l’enquête, pour qu'elle dévoile plus d’information.

C’est quand même à ces deux personnes-là que revient essentiellement le fonctionnement de l’Assemblée législative. Donc, l’outil principal de la démocratie en Colombie-Britannique, c’est eux qui le gèrent.

Nicolas Kenny, analyste politique et professeur d'histoire à l'Université Simon Fraser

L'organisme de surveillance du processus démocratique Integrity BC a d’ailleurs déjà fait part de ses inquiétudes quant aux conséquences de cette situation sur la confiance de la population envers le gouvernement. « Lorsque des personnalités publiques font l’objet d’une enquête, on ne peut laisser courir les rumeurs et les spéculations sur les médias sociaux », affirme le directeur de l’organisme, Dermod Travis.

Mardi, après avoir été placé en congé administratif pour une durée indéterminée, Craig James a affirmé aux journalistes qu'il n'avait aucune idée des raisons pour lesquelles il faisait l'objet d'une enquête.

Le premier ministre, John Horgan, a soutenu qu’il n’était pas au courant des détails de l’enquête.

La GRC indique de son côté qu’elle ne peut donner plus d’information pour le moment, afin de ne pas nuire à l’enquête en cours. Le Service des poursuites de la Colombie-Britannique a désigné deux procureurs spéciaux pour fournir une assistance judiciaire aux policiers.

Avec des informations d'Erik Tremblay et de CBC News.

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