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Ottawa investit 14 milliards en réponse à la réforme fiscale de Trump

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a présenté sa mise à jour économique, mercredi.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le gouvernement Trudeau annonce sa stratégie pour contrer les conséquences de la réforme fiscale radicale du président américain Donald Trump. Dans sa mise à jour économique, le ministre des Finances, Bill Morneau, opte pour une approche ciblée au lieu de baisses d'impôt sur les profits des entreprises. Et à moins d'un an des élections, toujours pas de plan de retour à l'équilibre budgétaire.

Un texte de Marc Godbout

Le ministre des Finances y va de nouvelles mesures fiscales ciblées pour accroître la compétitivité des entreprises canadiennes. C’est l’élément clé de l’énoncé économique de Bill Morneau.

Alors que l’administration Trump sabrait le taux d’imposition des sociétés, Ottawa n’avait pas répliqué dans son dernier budget. Après une analyse détaillée des répercussions potentielles sur le Canada, Bill Morneau dit officiellement non à des baisses d’impôt et mise plutôt sur trois changements au régime fiscal pour de nouveaux investissements :

  • amortissement immédiat du coût total de la machinerie et du matériel servant à la fabrication;
  • amortissement immédiat du coût total du matériel servant à la production d’énergie propre;
  • incitatif à l’investissement accéléré pour permettre une déduction d’une plus grande part du coût de biens nouvellement acquis.

Ces mesures représentent en moyenne des dépenses de 2,7 milliards par année pour les cinq prochaines années, soit près de 14 milliards. Ottawa croit ainsi pouvoir calmer le jeu face aux pressions intenses du Canada inc.

Accorder des baisses d’impôt massives aux grandes sociétés est risqué, soutient le ministre Morneau.

Un tel geste ajouterait des dizaines de milliards de dollars à notre dette, il ferait plus de tort que de bien aux inégalités des revenus au Canada.

Bill Morneau au sujet d'une baisse d'impôt pour les entreprises

Pour éviter que le Canada soit trop dépendant du marché américain, l’Énoncé économique prévoit un plan de diversification pour favoriser le commerce vers l’Europe et l’Asie.

Le gouvernement Trudeau se fixe un objectif ambitieux : accroître de 50 % les exportations outremer d’ici 2025. Cette stratégie coûtera plus d’un milliard de dollars sur 6 ans.

Déficits toujours en vue

Les libéraux, qui depuis leur arrivée au pouvoir ont fait le choix d’injecter des milliards dans l’économie canadienne au prix d’imposants déficits, ne changent pas de cap.

Le ministre des Finances confirme que le déficit fédéral passera de 19,6 milliards de dollars en 2019-2020 à 11,4 milliards en 2023-2024. « Le ratio de la dette fédérale à notre produit intérieur brut (PIB) poursuivra sa trajectoire », répond Bill Morneau à ceux qui exigent une réduction beaucoup plus rapide.

Malgré la bonne tenue de l’économie et le faible taux de chômage de 6 %, le ratio de la dette par rapport au PIB diminue plus lentement que prévu. Il se situait à 31,4 % en 2017-2018 et, 6 ans plus tard, il atteindrait 28,5 %.

Cette mise à jour ne propose toujours pas de plan de retour à l’équilibre budgétaire. Les libéraux prévoyaient, lors de la campagne électorale de 2015, des déficits modestes de 10 milliards de dollars par année et un retour à des finances équilibrées en 2019.

Presse écrite, répit de 600 millions

En pleine tempête, les médias écrits obtiendront une aide financière directe d’Ottawa. Trois mesures commenceront à entrer en vigueur l’an prochain.

L’initiative coûtera près de 600 millions de dollars. Ainsi, le gouvernement annonce qu’il va :

  • permettre à des organisations d’information à but non lucratif de recevoir des dons de bienfaisance et d’émettre des reçus à des fins fiscales;
  • instaurer un crédit d’impôt remboursable pour appuyer la création de contenu d’information original;
  • instaurer un nouveau crédit d’impôt temporaire non remboursable pour encourager les abonnements aux médias d’information numériques.

Alors que l’industrie de la presse écrite fonde beaucoup d’espoir sur Ottawa depuis des mois, elle devra quand même faire preuve de patience. Le gouvernement fédéral confie à un comité consultatif le mandat de déterminer qui aura droit à quoi.

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