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Le combat de Franco-Ontariens à l'ère du numérique

Dans une main, l'écran d'un téléphone intelligent affichant une page Twitter d'un organisme franco-ontarien
Les associations francophones mettent à profit l'engouement soudain des internautes pour la cause franco-ontarienne. Photo: Radio-Canada / Camile Gauthier
Radio-Canada

Pétitions, groupes de soutien franco-ontariens sur Facebook... Les réactions et initiatives foisonnent depuis l'annonce des compressions aux services en français du gouvernement Ford. Les réseaux sociaux ont donné un élan au mouvement de la démocratie participative, mais du clic virtuel à la mobilisation réelle, il y a un pas.

Un texte de Maud Cucchi

Carole Lafrenière-Noël anime avec deux autres administrateurs le groupe « Franco-Ontariens du Nord de l'Ontario » sur Facebook. Elle évalue à 500 personnes le nombre de nouveaux abonnés ayant rejoint, en cinq jours seulement, son groupe public.

Les gens ne sont pas aussi volubiles que ça d’habitude, mais là tu vois qu’ils échangent, ils sont passionnés, ils veulent mettre leur grain de sel, dire qu’ils sont fiers d’être Franco-Ontariens.

Carole Lafrenière-Noël, administratrice de Franco-Ontariens du Nord de l'Ontario

Son groupe Facebook réunissait initialement les bien convaincus de la francophonie. Elle remarque désormais qu’il attire aussi des gens qui parlent français, mais rarement, qui ont été élevés en français, l’ont perdu, mais s’intéressent toujours aux affaires francophones.

Au service du citoyen connecté

Avec les innombrables commentaires publiés, les gazouillis, les groupes et événements, les réseaux sociaux sont devenus un immense espace public, une agora privilégiée où l'on échange informations et réactions pour dénoncer, proposer ou même influencer.

Martin Normand, en entrevue à l'émission Sur le vifMartin Normand, en entrevue à l'émission Sur le vif Photo : Radio-Canada

Martin Normand, stagiaire post-doctorant à la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l’Université d’Ottawa, observe que l’outil numérique constitue un moyen de pression direct et spontané auprès des dirigeants politiques.

Au lendemain de l’annonce des compressions, la pétition « Rétablissez nos acquis ! » a été mise en ligne sur le site change.org. Elle a permis de recueillir 3000 signataires en 24 heures. En moins d’une semaine, le nombre de signatures a quadruplé.

C’est une initiative individuelle, mais les gens ont rapidement embarqué dans cette stratégie-là. Une stratégie très simple, mais qui peut rejoindre facilement la population.

Martin Normand, stagiaire post-doctorant de l'Université d'Ottawa, spécialisé en francophonie et politiques publiques
Une dame avec des lunettes.La militante franco-ontarienne, Gisèle Lalonde. Photo : Radio-Canada

À chaque époque, ses outils de mobilisation. Gisèle Lalonde, figure de proue du mouvement SOS Montfort, se souvient des débuts laborieux de ce mouvement franco-ontarien en 1997. Les appels à passer, la communauté à mobiliser par le bouche-à-oreille.

Elle évoque la forte solidarité provoquée par la décision controversée, qui s'est ensuite concrétisée par le rassemblement de près de 10 000 personnes environ, un mois après l’annonce de la fermeture de l'hôpital.

Ça a été long au tout début, mais lorsqu’on a vraiment eu la foule avec nous, [...] ça a vraiment secoué le gouvernement.

Gisèle Lalonde

Un outil de recrutement efficace

Les associations francophones impliquées savent bien comment mettre à profit cet engouement soudain des internautes. Ajà Besler, directrice générale de l’Association des communautés francophones d’Ottawa, utilise les réseaux sociaux aussi bien pour la mobilisation que pour recruter de nouveaux abonnés.

La présidente de l'Association des communautés francophones d'Ottawa, Ajà Besler.Ajà Besler, présidente de l'Association des communautés francophones d'Ottawa (Acfo) Photo : Radio-Canada / Godefroy Chabi

On essaie de bonifier les listes d’envoi, pour avoir des façons de contacter ces gens-là.

Ajà Besler, directrice générale de l'ACFO Ottawa

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a lancé un formulaire d’adhésion « Joignez-vous à la résistance » avec l'objectif de recruter de nouveaux abonnés. Elle les informe également des manifestations prévues dans leur région.

Revers des réseaux

Les réseaux sociaux sont toutefois accusés d'enfermer l'internaute dans une bulle qui déforme sa vision du monde. Facebook classe en effet les contenus selon un algorithme et met de l'avant ceux qui devraient plaire le plus à l’usager.

C’est souvent en vase clos. On se parle entre nous, très souvent on se parle entre convaincus. Ce sont les autres qu’il faut aller rejoindre pour donner une ampleur plus grande à cette mobilisation-là.

Martin Normand, stagiaire post-doctorant de l'Université d'Ottawa, spécialisé en francophonie et politiques publiques

L’immédiateté d’aujourd’hui peut donner une impression d’efficacité. Une semaine après les annonces du gouvernement Ford, les premières mobilisations peinent toutefois à se concrétiser sur le terrain. Une manifestation devait avoir lieu vendredi midi, à Ottawa. À 48 h de l'événement, elle a été reportée au 1er décembre.

Quand tu veux mobiliser toute une province et des centaines de milliers d’individus, c’est pas instantané, ça prend une certaine coordination, ça prend du temps d’aligner tous les engrenages dans la machine, conclut Ajà Besler.

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