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Changer radicalement l’agriculture est « absolument nécessaire »

Une ferme avec un tracteur et des compartiments à grain, avec des champs à perte de vue.
La recherche d'Annette Desmarais se penche en ce moment sur la coopération internationale des mouvements sociaux qui cherchent à mettre en place un modèle d’agriculture « alternatif ». Photo: CBC / Olivia Stefanovich
Radio-Canada

Le modèle de l'agriculture industrielle n'est pas viable et ne subvient pas aux besoins de paysans, selon Annette Desmarais, récemment reconduite au poste de titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les droits de la personne, la justice sociale et la souveraineté alimentaire à l'Université du Manitoba.

À l’occasion du renouvellement de son poste, la professeure revient sur son parcours et les conclusions qu’elle en tire.

Tout a commencé alors qu’elle était agricultrice en Saskatchewan pendant plus de 10 ans. « J’étais bénévole dans une brigade de fermiers des Prairies qui allaient chaque hiver au Nicaragua pour offrir de l’aide dans le processus de mécanisation de l’agriculture », indique-t-elle.

C’était vraiment au Nicaragua que je me suis rendu compte de l’importance clef des mouvements sociaux et des unions de fermiers.

Annette Desmarais, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les droits de la personne, la justice sociale et la souveraineté alimentaire à l'Université du Manitoba.

« Les organisations paysannes dans différents pays font face à des problèmes vraiment semblables : [elles] n’ont pas de pouvoir dans les marchés, pas de pouvoir au niveau de définir des politiques nécessaires pour aider les paysans », dit-elle.

Annette Desmarais, titulaire de la chaire de recherche sur les droits de la personne, la justice sociale et la souveraineté alimentaire à l'Université du Manitoba.Annette Desmarais, titulaire de la chaire de recherche sur les droits de la personne, la justice sociale et la souveraineté alimentaire à l'Université du Manitoba. Photo : Radio-Canada / Thibault Jourdan

Elle décrit un monde où deux modèles agricoles s’affrontent : le premier, répandu à l’heure de la mondialisation, où les terres se retrouvent majoritairement entre les mains des multinationales agricoles, et le second, à l'opposé, « qui permet à plus de gens de rester sur la terre et de vivre de l’agriculture ».

On peut parler à un paysan au Nicaragua, en Espagne ou, ici, aux fermiers du Canada, ils vont te dire la même chose.

Annette Desmarais, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les droits de la personne, la justice sociale et la souveraineté alimentaire à l'Université du Manitoba.

Pour elle, bien que les paysans et les fermiers n’aient pas le pouvoir de choisir le modèle selon lequel ils doivent gagner leur vie, il est clair que la seconde option est la plus désirable. Elle assure la justice dans la production et la consommation d’aliments.

Mme Desmarais donne l’exemple de l’Espagne, où certains producteurs agricoles prônent la « désindustrialisation » de l’agriculture.

« Ils disent qu’ils ne produisent pas pour les marchés, mais pour les gens », lance-t-elle.

Cette transition « absolument nécessaire » doit être entamée aussitôt que possible selon la chercheuse. « On a besoin de volonté politique pour commencer un processus de changement vraiment radical », dit-elle.

Sa recherche se penche en ce moment sur la coopération internationale des mouvements sociaux qui cherchent à mettre en place un modèle d’agriculture « alternatif ». Elle ajoute que plusieurs unions nationales de fermiers et de paysans discutent de la possibilité d’écrire une déclaration internationale sur les droits des paysans.

Avec des informations de Denis-Michel Thibeault

Manitoba

Agro-industrie