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40 ans de services en français pour les Centres d'Accueil Héritage

Immeuble de 9 étages

Les Centres d'Accueil Héritage à Toronto

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 40 ans, Simone Lantaigne et son équipe fondent les Centres d'Accueil Héritage à Toronto. Leur objectif est d'offrir des services sociaux et de santé en français pour les personnes âgées ou handicapées de la Ville Reine.

Un texte d'Isabelle Fleury

Malgré des débuts modestes, les Centres d'Accueil Héritage (CAH) disposent aujourd'hui de 135 logements en plus d'offrir une gamme de services à domicile, des services de transports et des activités qui visent à contrer l'isolement des personnes âgées francophones de la grande région de Toronto.

Au total, 152 personnes y résident et 361 personnes profitent des services à domicile des CAH. L'âge moyen des résidents est de 81 ans.

L'entrée de l'immeuble des Centres d'Accueil Héritage

Les Centres d'Accueil Héritage

Photo : Radio-Canada

Les Centres d'Accueil Héritage aujourd'hui en bonne santé

Les derniers paiements d'hypothèque de Place Saint-Laurent ont été effectués et l'organisme est maintenant exempté d'impôt foncier ce qui représente une économie annuelle de 350 000 $.

Toutefois, l'organisme est confronté à un défi de taille : faire face aux besoins grandissants de la population vieillissante.

En raison du règlement de la Ville de Toronto sur le logement, il est impossible de publier le nombre de personnes qui attendent sur la liste d'attente, mais le temps moyen avant de disposer d'un logement est de 7 ans.

Centres d'Accueil Héritage :

  • 135 logements

Coût moyen pour une location :

  • 1136 $ pour une unité avec une chambre
  • 1398 $ pour une unité à deux chambres (55 appartements)

Barbara Ceccarelli est la directrice générale des Centres d'Accueil Héritage. L'animatrice de l'émission L'heure de pointe, Isabelle Fleury, l'a rencontrée à la Place Saint-Laurent, au centre-ville de Toronto.

Les deux femmes assises face à face en entrevue

Barbara Ceccarelli la directrice générale des Centres d'Accueil Héritage et Isabelle Fleury, animatrice de l'émission « L'heure de pointe »

Photo : Radio-Canada

Continuer à offrir des services de qualité en français

Elle affirme que l'avenir des Centres d'Accueil Héritage réside dans sa capacité à offrir des services à domicile de qualité, en français.

Les logements sont pleins, dit-elle. On ne peut pas ajouter des étages à l’édifice. Il faut donc aller à la rencontre des personnes âgées, là où elles sont.

Il faut leur permettre d’avoir la même qualité de soins, en français, mais tout en encourageant leur autonomie, pour que ces personnes puissent rester dans leur communauté le plus longtemps possible, ajoute-t-elle.

Plus de 150 résidents âgés de 59 à 100 ans !

Au-delà des chiffres et des statistiques, il y a ceux et celles qui forment la communauté francophone du Centre.

152 personnes résident à la Place Saint-Laurent, un édifice de 9 étages, dans le quartier Esplanade du centre-ville de Toronto.

Le plus jeune résident a 59 ans et le plus âgé célébrera en 2019 son 100e anniversaire.

Ils se retrouvent dans les aires communes de l'édifice, soit pour une séance d'exercices quotidienne, pour manger un repas ou suivre des cours d'informatique.

Mireille Ouellet, 74 ans

Gros plan de Mireille, les cheveux blancs et courts. Elle porte des lunettes.

Madame Mireille Ouellet, 74 ans, résidente des Centres d'Accueil Héritage depuis 2017

Photo : Radio-Canada

Pour moi, c’est le paradis ici. On a tout ce qu’il faut. Je veux vieillir en français. En plus, je suis au centre-ville de Toronto, là où il faut être.

Madame Mireille Ouellet, 74 ans, résidente des Centres d'Accueil Héritage depuis 2017

Originaire de Saint-Raymond de Portneuf, au Québec, Mireille Ouellet est arrivée à Toronto au début des années 70. Elle ne parlait pas l'anglais, à l'époque.

En 2000, Mme Ouellet a fait du bénévolat pour les CAH. Elle conduisait les aînés à bord de la fourgonnette du centre. Elle a tellement aimé son expérience qu'elle a décidé d'inscrire son nom sur la liste d'attente. Après deux ans d'attente, on lui offre un logement. Elle habite dans une unité d'une chambre à coucher de la Place Saint-Laurent depuis 2007.

C'est la possibilité de vivre en français et d'habiter en plein coeur du centre-ville de Toronto qui a persuadé Mme Ouellet qu'elle voulait vieillir au Centre d'accueil Héritage.

Pour Mireille Ouellet, la vie aux Centres d'Accueil Héritage est comparable à celle d'un village.

Zénon Nicayenzi, 84 ans

Gros plan de Zénon Nicayenzi souriant. Il porte des lunettes.

Zénon Nicayenzi, 84 ans

Photo : Radio-Canada

C’est une résidence, mais c’est plus qu’une résidence, c’est aussi une communauté. (...) Nos ancêtres disaient que notre voisin, c’est notre famille. C’est lui qui va appeler le 911 quand vous allez tomber. C’est celui-là que vous voyez tous les matins. C’est lui, votre parent.

Zénon Nicayenzi, 84 ans.

Zénon Nicayenzi a 84 ans. Originaire du Burundi, il est arrivé au Canada le 23 décembre 2012.

Depuis, il habite avec sa femme dans un logement de la Place Saint-Laurent. Il a 6 enfants qui se sont tous installés au Canada à partir des années 90 et 8 petits-enfants.

Jamais il n'aurait cru quitter son pays d'origine. Or, depuis son arrivée à l'aéroport Pearson, en plein hiver, il a tout mis en oeuvre pour s'adapter à son pays d'accueil.

C'est un fervent participant aux séances de sport gratuites offertes tous les jours aux CAH. Ces dernières ont été pour lui la clé pour s'adapter à sa nouvelle vie. Au départ, il a vécu un véritable choc culturel.

Il raconte comment ces séances lui ont permis de s'adapter à la communauté.

M. Nicayenzi parle des Centres d'Accueil Héritage comme d'une communauté formée de personnes de toutes les origines et classes sociales.

Des relations de confiance

Pour Barbara Ceccarelli, la directrice des Centres d'Accueil Héritage, la relation entre les résidents et le personnel est une relation de confiance. Pour elle, c’est un travail continu, un voyage.

Les gens arrivent avec différents parcours et de tous les pays, précise-t-elle. Le français est la langue que ces personnes ont choisie pour s’intégrer au Canada.

Nous sommes là pour les accompagner, valoriser leur autonomie, leur permettre de vieillir en sécurité, et en français, conclut-elle.

Toronto

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