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Retour sur la résistance contre la fermeture de Montfort

Des manifestants hurlant et brandissant des panneaux.
La décision du gouvernement ontarien de fermer l’Hôpital Montfort d’Ottawa avait entraîné une vaste mobilisation de la communauté franco-ontarienne. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Au moment où divers groupes se mobilisent pour dire « non » aux compressions du gouvernement Ford dans les services en français, tout cela n'est pas sans rappeler la mobilisation des francophones en 1997, lorsqu'un autre gouvernement progressiste-conservateur avait décidé de faire fermer l'Hôpital Montfort d'Ottawa. En s'attaquant au seul hôpital de langue française de l'Ontario, Mike Harris ne se doutait pas que ce geste politique allait soulever l'ire de la communauté franco-ontarienne.

Plus de 10 000 personnes s’étaient rassemblées au centre municipal d’Ottawa pour dire « Montfort fermé : jamais », une citation qui restera dans la mémoire collective franco-ontarienne.

C’est à la suite d’une invitation à se mobiliser de Mauril Bélanger que des leaders communautaires ont eu une première rencontre.

C’est là qu’est né SOS Montfort, se rappelle Gérald Savoie, le directeur général de l’établissement à l’époque.

Gérald Savoie.Gérald Savoie, à l’époque où il était directeur général de l’Hôpital Montfort d’Ottawa. Photo : Radio-Canada

En table ronde mercredi à l’émission Le matin du Nord, il a expliqué que le grand rassemblement du 22 mars 1997 coïncidait avec la semaine nationale de la Francophonie.

On était à moins d’un mois d’avoir un ralliement monstre, c’était le grand éveil de l’Ontario et tout cela était à risque, a dit M. Savoie.

Beaucoup de préparation

Les réseaux sociaux étaient pratiquement inexistants à l’époque, relate Shawn Sasyniuk.

Le membre du groupe musical En bref habitait Montréal et avait fait le voyage expressément pour participer au rassemblement.

Shawn Sasyniuk.Shawn Sasyniuk du groupe En bref avait fait le voyage depuis Montréal pour aller manifester contre la fermeture du seul hôpital de langue française de l'Ontario. Photo : Balestra

La nouvelle s’était répandue quand même assez vite et assez vaste, ce qui était très cool. J’espère que les Franco-Ontariens et les Franco-Ontariennes répondront encore une fois à l’appel.

Shawn Sasyniuk

C'est très facile de nos jours avec Facebook et d’autres médias sociaux de s’engager virtuellement. Si j’ai une crainte, c’est cela, dit-il, en faisant allusion au fait qu’un appui virtuel ne veut pas nécessairement dire un appui tangible.

J’ai des antécédents assez militants en tant que Franco-Ontarien, a expliqué Déric Dubien, originaire de la région de Timnins et qui était membre de Direction Jeunesse, l’ancêtre de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO).

Le 22 mars 1997, des milliers de Franco-Ontariens se sont rassemblés à Ottawa pour protester contre l’annonce de la fermeture de l’Hôpital Montfort.Le 22 mars 1997, des milliers de Franco-Ontariens se sont rassemblés à Ottawa pour protester contre l'annonce de la fermeture de l'Hôpital Montfort. Photo : Getty images/AFP/Dave Chan

Il indique que le rassemblement est un point marquant, mais qu’on ne doit pas oublier que les francophones ont désormais plusieurs expériences par rapport à ce genre de lutte.

Dans les années 70 et 90, les manifestations pour des écoles de langue française et des collèges communautaires ont surtout été menées par des jeunes, alors que Montfort concernait l’ensemble d’une communauté.

Montfort, c’est encore d’actualité, les gens n’ont pas oublié.

Déric Dubien

Un autre Montfort, est-ce réaliste?

Une des leçons qu’on devrait tirer, c’est la persévérance et la ténacité, pense M. Savoie.

Il ajoute que les enjeux des médias sociaux et la rapidité avec laquelle voyagent les nouvelles pourraient avoir un impact.

À l’époque, les médias étaient là. Ils avaient compris les enjeux. Aujourd’hui, de maintenir un effort consolidé pendant des semaines et des mois, c’est le prochain défi.

Gérard Savoie, ancien directeur général de l'Hôpital Montfort

Avec le jugement Montfort, on a des assises, et c’est avec celles-ci qu’on devrait défendre nos institutions, conclut M. Savoie.

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