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Des Autochtones expulsés d'une réserve

Une femme portant un manteau bleu et des lunettes est devant une maison.
Celina Quewezance, qui réside dans la Première Nation de Fishing Lake, a été expulsée. Photo: Radio-Canada / Omayra Issa
Radio-Canada

Des familles entières, comptant des dizaines d'enfants, qui vivent dans la Première Nation de Fishing Lake, en Saskatchewan, ont reçu l'ordre de plier bagage.

Un texte d'Omayra Issa

Le conseil de bande de cette réserve, située à environ 230 kilomètres de Saskatoon, leur demande de partir d’ici le 9 janvier prochain, après des années de vie dans la communauté.

Au total, 8 familles ont reçu des lettres d’expulsion le 9 novembre dernier.

Rectificatif : une version précédente du texte indiquait à tort que 9 familles avaient reçu une lettre d'expulsion.

Des Autochtones non inscrits

Ceux qui sont sommés de partir sont des Autochtones enregistrés dans d'autres Premières Nations que celle de Fishing Lake.

Certains habitent dans des maisons où des membres de leurs familles vivent depuis des générations et ont des membres de leurs familles enregistrés dans la communauté.

C’est le cas de Celina Quewezance, dont la mère appartient à la Première Nation de Fishing Lake. Pourtant, elle est inscrite dans la réserve de son père, la Première Nation de Yellowquill.

Le plus dur, c'est que mes enfants vont perdre leurs terres ancestrales.

Celine Quewezance, résidente de la Première Nation de Fishing Lake

Elle vit dans la maison que ses grands-parents lui ont léguée en octobre 2015.

Manque de logements

Le chef de la réserve, Derek Sunshine, explique que le conseil de bande a décidé d’expulser les Autochtones non inscrits dans sa Première Nation pour loger les membres de cette dernière.

« Nous avons un manque de maisons dans notre communauté et nous avons des membres de notre Première Nation qui veulent des logements. Nous ne pouvons pas les loger. Notre priorité est de loger nos membres », tranche-t-il.

Cependant, Celina Quewezance affirme qu’elle a fait une demande pour devenir membre de la Première Nation de Fishing Lake, mais que celle-ci prend la poussière dans les coffres du bureau du conseil de bande.

Compétence autochtone

Le gouvernement fédéral indique que les disputes liées à des expulsions dans les Premières Nations relèvent du chef de bande et de son conseil.

« Les Premières Nations sont responsables de l’attribution et de la gestion des logements situés dans les réserves. En cas de conflit concernant la location et les expulsions, la protection des locataires vivant dans des réserves serait déterminée par les règlements ou politiques établis par le chef et le conseil ou l’administration de la Première Nation », déclare le porte-parole du ministère des Services aux Autochtones Canada, William Olscamp, dans un message envoyé à Radio-Canada.

Mobilisation

Les familles ne savent pas où aller après le 9 janvier.

Elles ont adressé des lettres au chef et à ses conseillers pour leur demander de revenir sur cette décision. Les personnes qui ont été expulsées vont se réunir le dimanche 25 novembre. Ils invitent le chef Sunshine et ses conseillers à venir les rencontrer.

Les familles promettent de ne pas baisser les bras parce qu'elles se battent pour l'avenir de leurs enfants.

Elles comptent porter plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne.

Saskatchewan

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