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L'Université de l'Ontario français fait fi des coupes de Doug Ford

Un homme

Le recteur par intérim de l'Université de l'Ontario français, Normand Labrie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'Université de l'Ontario français (UOF) a publié, mercredi, un premier rapport annuel sur la mise en oeuvre du projet, évoquant des « avancées majeures », même si Doug Ford a annoncé son annulation la semaine dernière.

Le communiqué de l'organisation, qui s'intitule Les avancées majeures d’une université en marche, ne fait pas du tout mention des compressions des conservateurs.

L'UOF y affirme qu'un travail considérable a été accompli au cours de la dernière année pour mettre sur pied un premier établissement postsecondaire indépendant de langue française en Ontario.

Le rapport conclut que l'Université serait prête, comme prévu initialement, à accueillir ses premiers étudiants en septembre 2020.

Nos actions ont permis de renforcer la crédibilité de l’UOF auprès de la communauté ontarienne, de nos partenaires et de notre future clientèle étudiante. L’Université de l’Ontario français se positionne désormais comme un véritable acteur de la province et du Canada.

Normand Labrie, recteur par intérim de l'Université de l'Ontario français

M. Labrie continue de parler du projet au présent, parce que l'Université demeure une entité sur le plan légal, dit-il. Bien que le gouvernement provincial ait annoncé son abolition dans l'énoncé économique jeudi dernier, le projet de loi à cet effet n'a pas encore été adopté.

Le recteur intérimaire ajoute que les membres du Conseil de gouvernance de l'Université se réuniront vendredi pour discuter des différentes options possibles, y compris celle d'un recours judiciaire.

La présidente du Conseil de gouvernance, Dyane Adam, a toujours espoir que le projet voie le jour, en raison de la solidarité de la communauté francophone.

Une distinction

En entrevue à Radio-Canada, Normand Labrie fait la distinction entre l’entité légale de l’Université de l’Ontario français, qui existe depuis plus d’un an, et le financement octroyé par le gouvernement.

Pour le moment, l’Université de l’Ontario français est une entité légale qui existe toujours. La source de financement vient de se tarir, mais nous allons étudier la situation.

Normand Labrie, recteur par intérim de l'Université de l'Ontario français

M. Labrie affirme qu’un avis légal a été demandé afin de voir toutes les options qui s’offrent à l’organisme. Il note par ailleurs que l’entité légale continue d’exister, malgré la perte de la seule source de financement de la part du gouvernement.

Un homme et une femmeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le recteur intérimaire, Normand Labrie.

Photo : Radio-Canada

M. Labrie explique que la publication de ce rapport était une responsabilité de l’institut envers le public.

Comme institution publique, nous sommes redevables envers la communauté et le public. Nous avons dépensé 1,5 million de dollars. Je crois que c’est tout à fait approprié de justifier auprès du public où est allé l’argent, explique-t-il.

M. Labrie dit qu’il reste encore des fonds nécessaires pour payer les employés pour encore quelques semaines. Par la suite, plus d'éclaircissement sera nécessaire.

Volte-face des conservateurs

Doug Ford a soutenu le projet d'université francophone à Toronto durant la campagne électorale et après son élection l'été dernier. Mais il a fait volte-face la semaine dernière, citant les défis financiers de la province.

Le gouvernement conservateur a aussi aboli le Commissariat aux services en français, promettant de transférer les employés touchés dans le bureau de l'ombudsman provincial.

Au moment de l'annulation du projet la semaine dernière, l'Université de l'Ontario français n'avait pas de campus ni de professeur. Toutefois, son recteur intérimaire fait état de différentes réalisations depuis la nomination des membres du Conseil de gouvernance en avril dernier, y compris :

  • La formation d'une équipe administrative de dix personnes;
  • La création d'un « groupe-conseil » formé de 30 étudiants;
  • L'adoption de quatre règlements administratifs et de cinq règlements académiques;
  • L'élaboration de quatre programmes d’études, qui ont été soumis officiellement au gouvernement le 1er octobre dernier;
  • Des discussions en vue d'établir des partenariats entre autres avec l’Université Laval à Québec, l’Université Paris 1
    Panthéon-Sorbonne et la Cité collégiale (secteur numérique).

Le projet d'Université de l'Ontario français en chiffres :

Illustration qui montre le budget de départ de l'Université : 83,5 millions de dollars, soit 71,5 millions en fonds de démarrage répartis sur sept ans et 12 millions pour l'aménagement de l'édifice.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Source : rapport du Conseil de planification pour une université de langue française en Ontario

Photo : Radio-Canada/Annie Poulin / Icônes : Freepik de www.flaticon.com

Un dessin explique que 348 étudiants à plein temps devraient fréquenter l'Université de l'Ontario français lors de la première cohorte en 2020-2021, selon les projections.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Source : rapport du Conseil de planification pour une université de langue française en Ontario

Photo : Radio-Canada/Annie Poulin / Icônes : Freepik de www.flaticon.com

Dessin qui illustre la composition de la population étudiante. 3,5 % seraient des jeunes Ontariens de moins de 25 ans, 6,5 % seraient des étudiants venant d'autres institutions postsecondaires, 44 % seraient des apprenants adultes et 46 % seraient des étudiants internationaux.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Source : Projection de l’étude des besoins et de l’intérêt à l’égard de la création d’une université de langue française dans le Centre-Sud-Ouest de l’Ontario de la firme Malatest

Photo : Radio-Canada/Annie Poulin / Icônes : Freepik de www.flaticon.com

Site choisi

Dans son rapport, l'Université de l'Ontario français affirme avoir finalisé un projet de bail avec un constructeur immobilier pour des locaux au centre-ville de Toronto.

Sans nommer le lieu en question, l'organisation indique qu’il s'agit de la seule propriété en développement qui répond aux objectifs de taille, d'emplacement, de coût, de configuration, d'accessibilité, de calendrier, de durée du bail, de visibilité et d'utilisation.

L'Université dit avoir soumis au gouvernement une demande d'approbation à cet effet le 20 juillet dernier.

L'organisation avait réduit à environ 4600 mètres carrés la superficie des locaux recherchés, après avoir écarté son plan initial de cohabitation avec le Collège Boréal, qui a opté de son côté pour le quartier de la Distillerie.

Offre de budget amputé

L'UOF indique dans son rapport qu'elle avait déjà proposé au gouvernement un budget révisé contenant une réduction de 10 % de ses dépenses pour l'année financière en cours, afin de tenir compte des éventuelles décisions gouvernementales dans le contexte de l’examen des finances publiques par le gouvernement nouvellement élu.

Toronto

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