•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des bourses pour étudier au Québec : pas une solution pour les Franco-Ontariens

Main d'un étudiant qui prend des notes dans une classe
La proposition de Québec solidaire d'offrir des bourses d'études pour attirer les étudiants francophones hors Québec dans les universités québécoises ne fait pas l'unanimité. Photo: iStock
Radio-Canada

Des bourses pour permettre aux étudiants franco-ontariens d'étudier au Québec ne sont pas une solution, même temporaire, à l’abandon du projet d’Université de l’Ontario français par le gouvernement Ford, croit le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin.

Le député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, propose d’offrir des bourses pour permettre aux étudiants canadiens de payer les mêmes frais de scolarité que les jeunes Québécois pour étudier en français dans la province.

« C’est une belle offre, reconnaît M. Jolin. Mais je n’y crois pas. »

Les étudiants franco-ontariens préfèrent aller à l’université plus près de chez eux, même si le programme qu’ils ont choisi y est offert en anglais, selon lui.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).
Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO). Photo : Radio-Canada

Si des étudiants de Toronto ne sont pas prêts à partir pour l’Université Laurentienne, à Sudbury, difficile de croire que la carotte sera suffisante pour les attirer aussi loin qu’au Québec.

Les gens veulent étudier près de chez eux. Ils veulent étudier dans un milieu qui est par et pour les francophones, qui les comprend, qui connaît leur culture, leur façon de faire et leur mentalité.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

« Si les jeunes restent chez eux et choisissent le programme en anglais, on perd la possibilité de former de la main-d’œuvre en français », déplore le président de l'AFO.

Le projet d’Université de l’Ontario français visait justement à répondre à un besoin de main-d’œuvre bilingue, dans un contexte où la population francophone se concentrera bientôt davantage dans le centre de la province que dans l’est, explique-t-il.

Un discours insensible, selon Lise Bissonnette

De son côté, Lise Bissonnette, ex-présidente du conseil d’administration de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), va jusqu’à parler « d’inculture politique » chez Québec solidaire.

Selon elle, en voulant ouvrir les portes des universités québécoises aux étudiants francophones de l'extérieur du Québec, Québec solidaire va dans le même sens que celui du premier ministre ontarien Doug Ford, qui a laissé entendre lundi que les Franco-Ontariens pouvaient toujours étudier en français ailleurs qu’à Toronto.

« C’est mépriser ces gens-là, a lâché Mme Bissonnette. C’est de dire que le seul endroit où vous pouvez être bien, c’est au Québec. » Or, les francophones hors Québec se mobilisent depuis des années pour avoir des universités qu'ils gèrent eux-mêmes, dans leur communauté.

Mme Bissonnette croit que si le Québec doit faire quelque chose, c’est se montrer solidaire.

Arrêtez de dire qu’ils sont morts. Tant qu’il y aura une, deux ou des centaines de personnes qui se battront pour leurs droits linguistiques, nous, au Québec, notre devoir, c’est de les soutenir.

Lise Bissonnette, ex-présidente du conseil d’administration de l’UQAM

Elle appelle aussi les universités du pays à se mobiliser contre l’abandon du projet de l’Université de l’Ontario français, une attaque contre « l’idée même d’université », selon elle.

À ce propos, M. Jolin souligne que l’Université de l’Ontario français avait déjà entrepris des démarches de réseautage avec d’autres universités, dont certaines au Québec. « Tout ça vient de tomber à l’eau. »

Politique provinciale

Politique