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Des drones pour étudier les effets des changements climatiques sur la forêt

Adam Sprott regarde l'un des drones utilisés pour ses travaux de recherche.

L'étudiant à la maîtrise en foresterie Adam Sprott utilise des drones pour étudier la forêt.

Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

Miriane Demers-Lemay
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des chercheurs de l'Université de Regina étudient les effets des changements climatiques sur les forêts canadiennes. Mais leurs méthodes sortent de l'ordinaire. Ils collectent leurs données avec des drones.

Adam Sprott scrute avec attention son écran d’ordinateur sur lequel il fait bouger une forêt miniature en trois dimensions. Une représentation pratiquement exacte d’une forêt du sud de la Saskatchewan.

Pour faire cette modélisation, l’étudiant à la maîtrise de l’Université de Regina a utilisé une technologie émergente en foresterie : un drone.

« Les drones ont un potentiel illimité pour répondre à de grandes questions écologiques », croit Adam Sprott, qui soutient que les données collectées par des drones peuvent permettre de savoir de quelle façon les forêts canadiennes se transforment avec les changements climatiques.

« Les gens ne savent pas vraiment tout ce qu’on peut faire avec des drones. »

— Une citation de  Adam Sprott, étudiant à la maîtrise à l'Université de Regina

Les modèles en trois dimensions sont créés à partir d’une série de photos prises par le drone. L’appareil suit un plan de navigation établi d’avance, et prend des photos à intervalles réguliers.

Modèle de forêt en trois dimensions

L’étudiant explique que ces « portraits » de la forêt sont mis en corrélation avec les conditions environnementales, comme l’altitude et la disponibilité en eau.

Il espère ainsi savoir comment telle ou telle espèce d'arbres répond aux changements du climat, et faire des prédictions sur d'autres forêts.

Un outil ayant un grand potentiel en sciences

Les avantages des drones en sciences sont multiples, selon Adam Sprott. « Un drone peut recueillir plus de données en 20 minutes que ne le feraient des biologistes sur le terrain en plusieurs jours », rapporte Adam Sprott. L’étudiant ajoute que l’utilisation des drones est beaucoup plus économique que les hélicoptères, et beaucoup plus sécuritaire pour les biologistes.

« Le potentiel [des drones]… va exploser! »

— Une citation de  Adam Sprott, étudiant à la maîtrise à l'Université de Regina
Adam Sprott regarde son écran d'ordinateur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une grande partie des travaux de recherche d'Adam Sprott se font sur l'ordinateur, avec la modélisations de forêts.

Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

« C’est donc une manière très efficace de collecter des informations sur la forêt avec une autre perspective et une plus grande échelle qu’on aurait normalement », renchérit son superviseur de recherche, le professeur adjoint en biologie à l’Université de Regina, Mark Vanderwel.

Ce dernier utilise les drones depuis quatre ans dans le cadre de ses projets de recherche. Il dit vouloir élargir ses projets en plaçant, par exemple, des caméras thermiques sur des drones pour collecter des données sur la température de la canopée.

Toutefois, l’utilisation de ces nouvelles technologies comporte aussi des défis.

« À la différence d’autres étudiants à la maîtrise qui peuvent s’appuyer sur un grand volume de littérature scientifique dans leur domaine, dans mon cas, j’ai seulement accès à quelques travaux de recherche qui ont eu lieu au cours des cinq dernières années, dit-il. Avant cela, on n’avait pas vraiment accès aux drones. »

Mais ces défis sont loin de faire peur au biologiste. « J’ai énormément de plaisir à faire ce projet », avoue-t-il, les yeux brillants. « Je travaille avec des drones et des satellites, et je suis amené à faire des modélisations informatiques avancées. C’est très motivant d’être dans un champ de recherche aussi innovant! »

Les montagnes de Cyprès, un laboratoire naturel unique

Pour ses travaux de recherche, l’étudiant originaire de l'Ontario se consacre à une forêt, située dans le sud de la Saskatchewan et de l’Alberta.

Les forêts des collines Cyprès émergent des Prairies, à une altitude allant jusqu’à plus de 1400 mètres.

Paysage du parc interprovincial des collines CyprèsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La montagne de Cyprès constitue un laboratoire naturel idéal pour étudier différents types de peuplements forestiers, selon l'étudiant à la maîtrise de l'Université de Regina Adam Sprottl.

Photo : Radio-Canada / Miriane Demers-Lemay

« C’est le point le plus élevé entre les Rocheuses et Terre-Neuve, et c’est en Saskatchewan… qui l’aurait cru! » s’exclame Adam Sprott. En quelques centaines de mètres de dénivelé, les prairies laissent la place à des peuplements d’épinettes blanches, puis des forêts de peupliers faux-trembles. En général, cette transition de végétation est plutôt observée sur plus de 600 kilomètres de latitude, selon l’étudiant.

« Grâce à ces conditions uniques, on peut observer certains phénomènes assez uniques, difficiles à étudier autrement », affirme l'étudiant, qui espère que certaines réponses à ses questions se trouvent dans ce modèle de forêt en trois dimensions sur son écran d’ordinateur.

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