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Les écoles privées veulent s'attaquer au sextage entre ados

Comme l'explique Alexandre Duval, cette initiative de la fédération des écoles privées est financée par le ministère de l'Éducation.
Radio-Canada

Un projet pilote sera lancé en janvier dans les écoles privées du Québec pour accélérer et uniformiser le traitement des dossiers de sextage entre adolescents.

Un texte d’Alexandre Duval

« L'idée, c'est vraiment de minimiser les impacts sur les victimes [du sextage] », explique la directrice générale de la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP), Nancy Brousseau, l'organisme à l'origine de l'initiative.

Nancy Brousseau, directrice générale de la Fédération des établissements d'enseignement privésNancy Brousseau, directrice générale de la Fédération des établissements d'enseignement privés Photo : Radio-Canada

Le projet pilote sera divisé en trois axes : d’abord, une formation d’un jour sera offerte aux directions d’écoles pour qu’elles soient mieux outillées pour gérer les crises liées au sextage.

Ensuite, une « escouade » regroupant quelques organismes sera mise sur pied. Sa mission sera de visiter les écoles privées du Québec pour y former les intervenants qui sont en contact direct avec les jeunes.

Enfin, une ligne d’aide téléphonique administrée par la FEEP entrera en service afin de soutenir les écoles qui ont besoin d’être épaulées lorsqu’un cas complexe survient.

L’exemple des Pères Maristes

Depuis le printemps dernier, les médias ont abondamment couvert la saga du partage de photos à caractère sexuel au Séminaire des Pères Maristes, à Québec.

Bien qu’il n’y ait pas de lien direct à faire avec le démarrage du projet pilote de la FEEP, Mme Brousseau reconnaît que l’exemple du Séminaire témoigne d’une problématique bien réelle.

Ç’a fait beaucoup de bruit. Ça justifie peut-être notre action, mais nous, notre réflexion était amorcée bien avant.

Nancy Brousseau, directrice générale de la Fédération des établissements d’enseignement privés

L’une des choses que la saga du Séminaire des Pères Maristes a démontrées, c’est à quel point les procédures peuvent être longues et pénibles pour les jeunes impliqués. C’est l’un des aspects que le projet pilote entend régler.

« L'idée, c'est de faire en sorte que les situations, quand les enfants sont pris là-dedans, que ça se règle plus rapidement », indique Mme Brousseau.

L’expertise policière

Pour atteindre cet objectif, le projet pilote s’appuiera en grande partie sur l’expertise développée par le Service de police de la Ville de Saint-Jérôme.

Avec l’aide du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), notamment, le corps policier a créé une trousse baptisée « Sexto », qui uniformise et clarifie la marche à suivre lorsqu’un cas de sextage émerge dans une école.

Quelques établissements scolaires utilisent déjà cette trousse, dont la valeur a d’ailleurs été reconnue l’an dernier par la ministre fédérale de la Justice.

Des cas de sextage qui pouvaient prendre jusqu’à un an à traiter avec la police se règlent désormais en quelques jours parce que chaque intervenant adulte sait quels gestes poser et à qui s’adresser.

Ce qu'on veut, c'est que nos écoles utilisent cette méthode-là et arrivent à des résultats beaucoup plus rapides pour faire en sorte que les impacts sur les enfants soient minimisés.

Nancy Brousseau, directrice générale de la Fédération des établissements d’enseignement privés

En plus de l’expertise de la police de Saint-Jérôme, la FEEP pourra compter sur celles du DPCP et du Centre canadien de protection de l’enfance.

Ces deux organismes offriront une partie de la formation aux directions d’école, le 10 janvier prochain. Ils doivent aussi participer à la mise en place de l’« escouade » qui ira former les intervenants en milieu scolaire, indique Mme Brousseau.

Pour déployer ce projet, la FEEP peut compter sur une aide financière de 160 000 $ du ministère de l’Éducation du Québec.

LA FEEP regroupe près de 200 écoles privées pour un total de 113 000 élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire à travers la province.

Le sextage, en bref

Le psychologue François Nadeau a réalisé sa thèse de doctorat à l’Université Laval sur le sextage entre adolescents, en 2017.

Ses résultats, obtenus à partir d’un échantillon de 345 jeunes de la région de Québec dont la moyenne d’âge était de 15 ans, démontrent que 31 % des participants avaient envoyé au moins un texto à connotation sexuelle au cours de la dernière année.

Son étude démontre aussi que 13,4 % des participants avaient envoyé au moins une photo ou vidéo à caractère sexuel au cours de la dernière année.

Les filles de son échantillon étaient 2,5 fois plus nombreuses que les garçons à signaler qu’elles avaient déjà envoyé des sextos.

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