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  • Archives
  • La promesse brisée d'une université francophone en Ontario

    La journaliste Laurence Martin est devant un écran où sont dessinés des édifices à l'architecture classique.

    Le gouvernement de Doug Ford annule la décision de créer une université de langue française en Ontario.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le premier ministre de l'Ontario Doug Ford a fermé la porte à la création d'une université de langue française dans sa province. Pourtant, comme le confirment nos archives, cette revendication des Franco-Ontariens est formulée depuis plusieurs décennies et a été approuvée par le gouvernent précédent à Queen's Park.

    C’est gros. C’est énorme et on a hâte de suivre les prochaines étapes. On continue d’avancer là-dedans. Mais là, on existe. On est une entité légale créée.

    Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario

    Téléjournal Ontario, 14 décembre 2017

    C’est un Carol Jolin fou de joie que nous présente la journaliste Julie-Anne Lamoureux dans son reportage diffusé au Téléjournal Ontario du 14 décembre 2017.

    Il y avait de quoi. La journaliste analysait dans ce reportage l’adoption par le gouvernement de Kathleen Wynne du projet de loi 117.

    On créait ainsi juridiquement l’Université de l’Ontario français revendiquée depuis des décennies par la communauté franco-ontarienne.

    Une vieille revendication

    Dès les années 1940, les Jésuites veulent transformer le Collège du Sacré-Cœur, qu’ils ont fondé à Sudbury, en université de langue française.

    Un projet de loi allant dans ce sens est déposé à la législature ontarienne en 1943.

    Ce n’est cependant qu’en 1960 qu’est créée l’Université Laurentienne qui sera toutefois bilingue.

    De nos jours, 11 institutions en Ontario offrent des programmes en français ou bilingues.

    Mais il est toujours impossible de terminer certains types d'études, en droit ou en médecine par exemple, uniquement en français dans ces dernières.

    Un modèle qu'on veut bonifier

    À partir des années 1970 et 1980, le modèle des universités bilingues est perçu comme inadéquat. Ce que veulent beaucoup de francophones, c’est la création d’une institution universitaire ontarienne qui enseignerait seulement en français.

    Téléjournal, 4 mars 1980

    Cette revendication est très importante à l’Université Laurentienne, comme le montre la journaliste Chantal Hébert dans un reportage qu’elle présente au Téléjournal du 4 mars 1980 et qu’anime Bernard Derome.

    Dans cette université, comme à l'Université d'Ottawa, le ratio des étudiants francophones par rapport à leurs collègues anglophones ne cesse de diminuer. Les compressions budgétaires diminuent l'offre de cours en français.

    Le président de l’association des étudiants de l'Université Laurentienne Maurice Lapointe affirme que c'est une université autonome francophone que veulent ses membres.

    Le gouvernement néo-démocrate de Bob Rae se montre favorable au début des années 1990 à la création d’une université francophone.

    Mais la crise économique qui frappe la province à la même période et l’arrivée subséquente au pouvoir du Parti conservateur de Mike Harris anéantiront ces espoirs.

    Une lumière au bout du tunnel qu'on vient d'éteindre

    On veut une université du 21e siècle. On la veut aussi physiquement moderne, contemporaine, très ouverte, très numérisée. On ne voit pas de cloisons entre les disciplines. On ne voit pas non plus trop de cloisons dans notre université.

    Dyane Adam, présidente du Conseil de la planification de l’université francophone de l’Ontario, 28 août 2017

    Téléjournal Ontario, 10 juin 2016

    Le 10 juin 2016, la journaliste Laurence Martin couvre pour le Téléjournal Ontario qu’anime Gabrielle Sabourin une nouvelle importante dans le dossier de l’université francophone en Ontario.

    ll faut, selon un rapport du comité consultatif de l'éducation postsecondaire en langue française dans le Centre et le Sud-Ouest de l'Ontario, un établissement d’études universitaires francophones au cœur du centre-ville de Toronto.

    Le ministre de la Formation, des Collèges et des Universités Reza Moridi s’engage à présenter un projet de loi à la législation ontarienne en ce sens.

    Téléjournal Ontario, 28 août 2017

    Le 28 août 2017, une portion importante du Téléjournal Ontario est consacrée à l’annonce du feu vert accordé par le gouvernement de Kathleen Wynne à la création d’une université francophone à Toronto.

    La journaliste Julie-Anne Lamoureux explique le projet dans un reportage.

    Le journaliste Philippe de Montigny, pour sa part, a recueilli les réactions de membres de la communauté franco-ontarienne ainsi que d’étudiants.

    L’animatrice Gabrielle Sabourin interviewe Donald Ipperciel, président du Consortium des universités de la francophonie ontarienne et principal du Collège universitaire de Glendon qui doit s’associer au projet.

    On prévoyait que la nouvelle université francophone accueillerait 348 étudiants à son ouverture. Le nombre d'inscriptions culminerait à 2000 en 2028-2029.

    La décision du premier ministre Doug Ford a réduit en poussière pour le moment ce projet.

    En juillet 2018, quelques semaines après avoir été élu premier ministre, Doug Ford avait pourtant rassuré la communauté francophone que le projet irait de l'avant.

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