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Des Monctoniens à l’assaut du cancer du poumon

Des Monctoniens à l’assaut du cancer du poumon
Radio-Canada

L'entreprise Picomole, qui développe une technologie novatrice pour détecter le cancer du poumon à un stade précoce, reçoit près d'un million de dollars du gouvernement fédéral. Son prototype analyse l'haleine avec un laser, un nouveau souffle dans la recherche sur le cancer.

Un texte de Jean-Philippe Hughes

La PME a installé ses bureaux dans un sous-sol d’un quartier industriel de Moncton, sans trompettes ni fanfare. Son prototype de la taille d’une commode avec un laser en son centre approche le stade de l’approbation statistique.

Imagine une bouteille d’huile d’olive, elle est verte parce qu’elle absorbe la lumière rouge et bleu, explique l’ingénieur chez Picomole, Jérémy Gautreau.

Les composés organiques volatiles présents dans l’haleine absorbent certaines fréquences de lumière infrarouge et dévoilent un spectre d’absorption.

Avec ce spectre, on a une signature de la personne et nous démontre si on peut trouver des pathologies.

Jérémy Gautreau, ingénieur
Un homme tient un échantillon dans salive dans un tube, face au prototype de la firme Picomole. L'échantillon de salive est placé dans le prototype de Picomole, une entreprise basée à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Photo : Jean-Philippe Hughes

S’il s’avère concluant, le test que développe Picomole serait plus rapide et abordable que les tests en vigueur. On peut réduire ces coûts là de près de 90 %, insiste M. Gaudreau.

Un grand pas reste à franchir avant que Picomole ne commercialise le prototype. Ils ont déjà analysé 125 échantillons d’haleine sur les 200 requis pour établir la preuve statistique.

Nos données deviennent de plus en plus significatives, soutient Jérémy Gautreau. On est vraiment excité de finir cette étude et démontrer qu’on est capable de distinguer les gens en santé et ceux qui ont le cancer du poumon.

La preuve pourrait être faite d’ici le printemps 2019.

Un financement de près d'un million de dollars

Le gouvernement fédéral verse une contribution totale de 818 000 $ au projet, a annoncé la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, mardi matin. Ce financement se fait à travers l'Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA) et le Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada.

Picomole In.c met au point une tehnologie première en son genre qui représente une avancée spectaculaire dans le dépistage du cancer, dit-elle.

Plan rapproché de Mme Petitpas Taylor.Ginette Petitpas Taylor se dit enchantée de voir ce type d'innovation à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Photo : La Presse canadienne / Patrick Doyle

Première cause de mortalité au pays

Le cancer du poumon représente 14 % de tous les cancers au Canada en 2017, une des premières causes de décès , précise le directeur du département d’oncologie à l’Hôpital de Moncton, Dr Mahmoud Abdelsalam.

Chaque jour, 58 Canadiens meurent du cancer du poumon au Canada en 2017 selon la Société canadienne du cancer, soit un total de 28  600 décès.

La première fois que j’en ai entendu parler, j’ai voulu y participer parce que ça pourrait changer l’histoire du cancer.

Dr Mahmoud Abdelsalam, directeur du département d’oncologie à l’Hôpital de Moncton
Une boîte de plastique remplie de fils et de circuits électriques. L'analyseur d'haleine de Picomole est en voie de démontrer qu'il peut détecter le cancer du poumon. Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

La détection précoce est la clé de voûte, d’autant plus que les systèmes de santé épongent des sommes faramineuses pour traiter les personnes atteintes. Les traitements d'immunothérapie coûtent près de 100 000 $ par année, par patient, précise le Dr Abdelsalam.

Savoir-faire de Moncton

Le physicien à l’Université de Moncton, Jean-François Bisson, a collaboré sur l’application du laser dans la technologie de Picomole. L’habitué des applications industrielles du laser n’est pas surpris de son transfert dans le secteur biomédical.

C’est une des grandes inventions du XXe siècle, lance M. Bisson. Le laser, je dirais que c’est l’égal de l’ordinateur en termes de ce que ça apporte à la société.

Le physicien Jean-François Bisson regarde vers ses instruments. Le professeur de physique Jean-François Bisson, à droite, croit que le laser réserve de nombreuses applications dans le secteur biomédical. Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Le laser peut analyser les échantillons à une vitesse fulgurante et promet la rentabilité du prototype de Picomole, croit M. Bisson.

Picomole mise déjà sur la fabrication d’un second prototype, plus performant, dont l’objectif est de détecter toutes les formes de cancer.

Nouveau-Brunswick

Cancer