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Le sel a causé la panne d'électricité à Lamèque et Miscou la semaine dernière

L'eau salée a été fouettée sur le pont Lamèque-Shippagan par de forts vents, la semaine dernière

L'eau salée s'est accumulée sur le pont Lamèque-Shippagan à cause de forts vents, la semaine dernière.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les vents forts ont causé de nombreuses pannes de courant dans la Péninsule acadienne, la semaine dernière. Pendant un certain temps, les îles Lamèque et Miscou au grand complet étaient privées d'électricité. Que s'est-il passé?

Un texte de René Landry

Même les équipes d'Énergie Nouveau-Brunswick étaient dans le noir, ne sachant pas quelle était la cause de cette panne.

Le diagnostic était difficile à voir, témoigne le PDG d'Énergie Nouveau-Brunswick, Gaëtan Thomas. On a patrouillé les lignes, mais on ne voyait pas l'accumulation de sel. Ce n'était pas facile à voir dans les vents et la tempête. Ils ont finalement vu les arcs qui se faisaient au travers des isolateurs. Ensuite, il a fallu amener l'équipement pour nettoyer les isolateurs et fermer le pont [Lamèque-Shippagan] pour quelques heures. Une fois qu'on a su où était le problème, ça s'est bien déroulé et on a pu avertir les gens.

Lamèque et Miscou ont été sans électricité pendant huit ou neuf heures, selon monsieur Thomas.

Le PDG debout devant un mur avec la raison sociale de l'entreprise
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Le PDG d'Énergie Nouveau-Brunswick, Gaétan Thomas

Photo : Radio-Canada

C'est la première fois que je suis au courant que ça arrive au pont de Lamèque, indique le PDG. Au banc des accusés, donc : le sel et les isolateurs.

Le sel et les isolateurs

L'isolateur c'est ce qui sépare le conducteur, l'électricité du poteau, explique Gaëtan Thomas. Il est conçu pour ne pas conduire l'électricité. Chaque poteau, qu'il soit en métal ou en bois, est séparé par un isolateur pour que les fils ne soient pas sur le poteau.

Dans les poteaux, les isolateurs ont la forme de plusieurs petites soucoupes superposées
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Dans les poteaux, les isolateurs ont la forme de plusieurs petites soucoupes superposées

Photo : Radio-Canada / François Lejeune

Or, plusieurs poteaux en bois sur le pont Lamèque-Shippagan ont été remplacés récemment par des poteaux de métal. Les infrastructures d'Énergie Nouveau-Brunswick, sur ce pont comme ailleurs dans la Péninsule, ont été mises à mal par la crise du verglas de janvier 2017. La tempête de vent qui a frappé la région pendant plus de deux jours la semaine dernière a soufflé, depuis la mer, des gouttelettes d'eau salée qui ont abouti sur les poteaux et leurs isolateurs.

Un isolateur d'un poteau d'électricité sur le pont Lamèque-Shippagan
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Un isolateur d'un poteau d'électricité sur pont Lamèque-Shippagan

Photo : Radio-Canada / François Lejeune

Le sel conduit l'électricité, explique Gaëtan Thomas. Le courant est court-circuité à terre et ça fait sauter le disjoncteur principal. Il y a eu une accumulation de sel. Pour que ça s'accumule sur des isolateurs comme ça, il faut que ce soit vraiment concentré et que les vents soient exactement dirigés sur les installations. La différence entre les anciennes installations et les nouvelles, c'est qu'on a des poteaux de fer au lieu de poteaux de bois. C'est plus facile à conduire à travers les poteaux de fer qui sont mis à terre directement de l'isolateur pour raison de sécurité. On a pu nettoyer les isolateurs, mais on va en installer des différents, plus résistants à la contamination par le sel.

Des poteaux d'électricité en métal ont été installés sur le pont Lamèque-Shippagan
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Des poteaux d'électricité en métal ont été installés sur le pont Lamèque-Shippagan

Photo : Radio-Canada / René Landry

Vendredi dernier, les isolateurs sur les poteaux du pont Lamèque-Shippagan ont été nettoyés, à l'aide des pompiers.

Gaëtan Thomas note que des problèmes causés par l'accumulation de sel sur les isolateurs représentent un phénomène plus courant dans le sud de la province, notamment dans la région de la baie de Fundy. Mais, cette fois-ci, Énergie NB a dû composer avec ce phénomène non seulement sur le pont Lamèque-Shippagan, mais aussi dans la région de Caraquet et tout le long de la côte.

Le PDG d'Énergie Nouveau-Brunswick est surpris

Le PDG d'Énergie Nouveau-Brunswick reconnaît qu'il a été étonné de voir ce qui s'est produit sur le pont Lamèque-Shippagan. J'étais un peu surpris parce que la ligne, on venait juste de l'installer huit mois passés, admet-il. Mais nos ingénieurs ont vite compris que c'était un cas possible. On avait aussi expérimenté la même chose sur nos systèmes de distribution. Je ne suis pas une personne qui s'arrête sur le passé. Instantanément, mon équipe a pris la décision de commander d'autres isolateurs qui sont plus résistants.

Est-ce à dire qu'Énergie Nouveau-Brunswick a sous-estimé les besoins en infrastructures sur le pont Lamèque-Shippagan, particulièrement avec les tempêtes qui semblent de plus en plus violentes?Quand on fait un changement comme ça, normalement le standard serait, dans cette région-là, d'avoir des isolateurs comme on avait précédemment avec les poteaux en bois , répond-il simplement.

Des poteaux d'électricité en métal ont été installés sur le pont Lamèque-Shippagan après la crise du verglas de 2017
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Des poteaux d'électricité en métal ont été installés sur le pont Lamèque-Shippagan après la crise du verglas de 2017

Photo : Radio-Canada / François Lejeune

D'ici le printemps, des employés d'Énergie Nouveau-Brunswick vont remplacer les isolateurs des poteaux du pont Lamèque-Shippagan.

On va prendre des mesures puisque la ligne principale Shippagan-Lamèque a été durement éprouvée durant la crise du verglas, précise-t-il. On va mettre de nouveaux isolateurs pour s'assurer qu'ils soient encore plus résistants dans le futur. Ça va être des isolateurs conçus pour des situations comme celle-là. Ça aurait peut-être pris plus de temps avant que ça se produise avec des poteaux en bois, mais ça ne veut pas dire que ça ne se serait pas produit avec les mêmes isolateurs. Ça aurait pu arriver plus tard, par exemple.

Doit-on craindre une autre crise du verglas?

Gaëtan Thomas se fait rassurant. Il ne pense pas que la population doit craindre une répétition des événements de janvier 2017, puisque les infrastructures ont été solidifiées.

Si on était frappé par la même tempête aujourd'hui, on n'aurait pas l'impact de 600 poteaux cassés, ça, je peux vous en assurer, lance-t-il. Pour ce qui est de la ligne à Lamèque, on a eu le problème de contamination par le sel. Mais c'est un problème relativement mineur puisqu'on peut nettoyer et ramener la ligne. Les infrastructures ont survécu aux grands vents, les poteaux de fer ne tomberont pas. On a vraiment fortifié l'interconnexion entre Lamèque et Shippagan.

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