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Fracturation hydraulique : Blaine Higgs veut lever le moratoire au Nouveau-Brunswick

Blaine Higgs le 8 novembre 2018.
Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs. Photo: Radio-Canada / Michel Corriveau
Radio-Canada

Le premier ministre progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick veut mettre fin au moratoire sur la fracturation hydraulique qui avait été décrété par son prédécesseur libéral.

Blaine Higgs a indiqué lundi qu’il s’entretiendra plus tard cette semaine avec Steve Moran, le dirigeant de Corridor Resources, une entreprise de la Nouvelle-Écosse qui possède 32 puits producteurs dans la région de Sussex au Nouveau-Brunswick et exploite un pipeline de 50 km, un réseau de collecte de 15 km, et une usine de transformation de gaz naturel.

La compagnie souhaitait étendre ses activités, mais le précédent gouvernement libéral de Brian Gallant avait décrété en 2014, quelques mois après son élection, un moratoire interdisant la fracturation hydraulique au Nouveau-Brunswick.

Le premier ministre Higgs a réitéré que son intention est de ne lever le moratoire que dans la région de Sussex, ce qu’il avait promis en campagne électorale. J’ai été très clair là-dessus, insiste-t-il.

Nous devons agir au Nouveau-Brunswick. Nous ne pouvons pas nous contenter de dire non et espérer que les choses se passent bien, ajoute Blaine Higgs.

Si le moratoire est levé, Corridor Resources entend forer cinq puits d’essai verticaux, compléter trois puits déjà existants et identifier de nouveaux sites d’intérêt pour y forer jusqu’à cinq puits horizontaux.

Tuyauterie et valves sortant du sol dans une zone clôturéeDes puits de gaz naturel de l'entreprise Corridor Resources à Penobsquis, dans la région de Sussex, au Nouveau-Brunswick Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

L’entreprise soutient qu’avec la fin probable de l’exploration pétrolière extracôtière en Nouvelle-Écosse, l’exploitation du gaz naturel doit se faire au Nouveau-Brunswick, à défaut de quoi elle se fera à l’extérieur des Maritimes.

Le premier ministre craint des opposants de l'extérieur

Les libéraux veulent qu’une entorse au moratoire fasse l’objet d’un vote à l’Assemblée législative. Blaine Higgs y dirige un gouvernement progressiste-conservateur minoritaire.

Lorsque les libéraux de M. Gallant avaient décrété le moratoire, ils avaient énoncé cinq conditions pour éventuellement le lever. L’une d’entre elles est la question du permis social que le gouvernement doit recevoir de la population.

M. Higgs ne pouvait dire lundi si cela signifie que les résidents du Sussex auraient à se prononcer par voie de plébiscite.

Le Sussex a été plutôt clair, affirme M. Higgs. Ce qui m’inquiète, ce serait des gens de l’extérieur qui viendraient et essaieraient d’en faire un enjeu. Cela n’aiderait pas notre situation. Je veux faire affaire avec les gens qui sont là, pas avec des gens qui veulent créer une perturbation de l’extérieur.

Un homme et son chien face à un barrage de plus d'une dizaine de policiers.Agrandir l’imageLa GRC déployée contre les manifestants opposés à la fracturation hydraulique et à l'exploitation du gaz de schiste, le 17 octobre 2013 à Rexton, au Nouveau-Brunswick. Photo : The Canadian Press / Andrew Vaughan

Un précédent gouvernement progressiste-conservateur, celui de David Alward, souhaitait que l'industrie gazière s'établisse au Nouveau-Brunswick, ce qui avait engendré une importante mobilisation populaire contre l’initiative. En octobre 2013, une manifestation avait dégénéré en émeute à Rexton.

La fracturation hydraulique est controversée et a fait face à de l’opposition au Canada et ailleurs dans le monde. Ses opposants dénoncent la contamination des eaux souterraines et les secousses sismiques qui en découlent.

En Angleterre, Cuadrilla Resources, la seule entreprise qui effectue des forages pour du gaz de schiste dans ce pays, a temporairement suspendu à plusieurs reprises la fracturation hydraulique après avoir causé des tremblements de terre.

Avec les informations de La Presse canadienne

Nouveau-Brunswick

Ressources naturelles