•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le vérificateur général dit que le Canada ne répond pas aux besoins du NORAD et de l'OTAN

Un CF-18

Un avion CF-18 à la base militaire de Bagotville

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Radio-Canada

Le vérificateur général du Canada constate que la défense nationale n'arrive pas à répondre aux engagements du gouvernement quant à la disponibilité des avions chasseurs pour le NORAD et les pays de l'OTAN.

un texte de Gilles Munger

Dans son rapport de l'automne 2018, le vérificateur se fait sévère à l'égard du gouvernement dans le dossier de l'acquisition de CF-18 usagés de l'Australie, mais aussi quant à la pénurie de personnel sur les bases militaires comme celle de Bagotville.

Le vérificateur constate que l'acquisition de 18 avions usagés pour 1 milliard de dollars, avions qui s'ajouteraient aux 76 appareils existants, « ne réglera pas les faiblesses fondamentales de la flotte, le déclin de la capacité de combat des aéronefs et la pénurie de personnel ».

Techniciens et pilotes peu nombreux

Selon les données de la défense nationale du printemps dernier, 22 % des postes de techniciens dans les escadrons de CF-18 à Bagotville et à Cold Lake en Alberta étaient vacants ou occupés par des techniciens peu qualifiés.

Le vérificateur général constate que l'Aviation royale canadienne dispose de seulement 64 % des pilotes de CF-18 qualifiés dont elle a besoin.

Si les pilotes de cet appareil continuent de quitter l'Aviation royale canadienne à ce rythme, il n'y aura pas assez de pilotes expérimentés pour former la prochaine génération de pilotes de chasse.

Rapport du vérificateur général du Canada, novembre 2018

Des appareils désuets

Le vérificateur constate d'autre part que la capacité de combat des CF-18 n'a pas été améliorée de façon significative depuis 10 ans. « Si la flotte n'est pas modernisée, les CF-18 deviendront plus vulnérables à mesure que des avions de chasse et des systèmes de défense aérienne avancés seront mis au point et utilisés par d'autres pays. »

La défense nationale prévoit dépenser 1,2 milliard de dollars pour prolonger la durée de vie des vieux avions de chasse jusqu'en 2032. Cette somme n'inclut pas les coûts de l'amélioration de la capacité de combat des aéronefs.

Réponse de la défense nationale

Le vérificateur général souligne dans son rapport que la défense nationale accepte ses recommandations.

Elle évalue actuellement comment améliorer le recrutement des techniciens et des pilotes et comment mettre à niveau les appareils pour les rendre plus aptes au combat.

« Un constat alarmant »

Pour le colonel à la retraite Michel Drapeau, il s'agit d'une constat surprenant et alarmant. Il comprend mal que les dirigeants de la défense nationale et du gouvernement n'aient pas sonné l'alarme plus tôt.

On a des comptes à demander de nos militaires, de nos généraux et de nos hauts fonctionnaires. Est-ce que c'est une absence de crédit? Est-ce que c'est une erreur de planification? Quelles sont les causes véritables de cet état de chose?

Il partage le constat du vérificateur sur l'achat de 18 vieux appareils CF-18 de l'Australie. Ils font partie de la même famille, mais ils sont différents : système de communication, système d'armement, la gestion des pièces, ce genre de choses-là. On aurait une flotte qui est mixte, qui apporte toutes sortes de difficultés, précise Michel Drapeau.

De son côté, le critique conservateur en matière de défense, Richard Martel, réitère que le gouvernement Trudeau aurait dû poursuivre le processus d'acquisition des CF-35, qu'il fait une erreur en voulant acheter des avions usagés. Je pense qu'on n'a pas à acheter ça. De toute façon, si on a ces avions-là, tout à l'heure il faudra les renouveler quand même.

Saguenay–Lac-St-Jean

Défense nationale