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Le Canada manque d'avions de chasse et de pilotes, constate le vérificateur général

Le reportage de Fannie Olivier
Radio-Canada

Le Canada dispose d'un nombre insuffisant d'avions de chasse pour répondre au niveau d'alerte le plus élevé et honorer ses engagements à l'endroit de l'OTAN. C'est la conclusion inquiétante du vérificateur général du Canada, Michael Ferguson, qui déplore du même coup l'absence de plan pour mettre fin notamment à l'importante pénurie de pilotes et de techniciens.

Un texte de Marc Godbout

Des appareils qui ne sont pas à jour et un sérieux manque de pilotes et de techniciens : les conclusions du vérificateur général sont loin d’être rassurantes.

En fait, même si la Défense nationale disposait d’un nombre suffisant d’appareils, les problèmes ne seraient pas réglés pour autant, confirme Michael Ferguson.

 Elle n’a aucun plan pour surmonter les plus grands obstacles au respect de la nouvelle exigence opérationnelle, à savoir la pénurie de pilotes et le déclin de la capacité de combat de ses aéronefs. 

Extrait du rapport

Il faudra donc plus que les 3 milliards de dollars déjà prévus pour prolonger la durée de vie de la flotte actuelle et pour acheter, exploiter et entretenir des avions de chasse d’occasion de l’Australie.

« Les investissements décidés ne suffiront pas pour lui permettre d’avoir chaque jour un nombre suffisant d’appareils disponibles afin de répondre au niveau d’alerte le plus élevé du NORAD (Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord) et honorer dans le même temps l’engagement du Canada envers l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) », précise Michael Ferguson.

Y a-t-il un pilote dans l’avion?

Le rapport confirme que la Défense nationale disposait de seulement 64 % des pilotes de CF-18 qualifiés pour satisfaire aux exigences opérationnelles.

Entre avril 2016 et mars 2018, l’Aviation royale canadienne a perdu 40 pilotes de chasse qualifiés et en a formé seulement 30 nouveaux.

Extrait du rapport

Michael Ferguson va même plus loin : « Si les pilotes continuent de quitter à ce rythme, il n’y aura pas assez de pilotes expérimentés pour former la prochaine génération de pilotes de chasse. »

Le problème est confirmé par le ministre des Transports fédéral, Marc Garneau.

« C’est un défi qu’on a au Canada de recruter plus de pilotes, non seulement du côté militaire, mais aussi du côté commercial. C’est un dossier sur lequel je me penche en ce moment pour essayer de trouver des solutions pour recruter plus de gens », a indiqué le ministre aux journalistes mardi.

M. Garneau souligne que le coût d’une formation de pilote est très élevé, et que c’est la raison principale pour laquelle pas assez de gens sont attirés vers le domaine. « Pour devenir un pilote commercial, ça coûte 80 000 $ », dit-il.

Par ailleurs, Marc Garneau ne voit pas de contradiction entre le fait d’acheter des avions usagés australiens et l’absence de pilotes pour les conduire.

« Nos forces armées sont en train de travailler très fort pour recruter des pilotes, et quand les pilotes vont être là, il faut que les avions soient là. Alors il faut s’occuper des deux en parallèle », pense-t-il.

Manque de techniciens pour préparer les avions

De plus, les techniciens avaient été en mesure de préparer à peine 83 % des aéronefs nécessaires pour satisfaire aux engagements en matière de défense auprès du NORAD et de l’OTAN.

Or, si le nombre de techniciens expérimentés n’augmente pas, prévient Michael Ferguson, les vols que pourra effectuer chaque pilote de CF-18 diminueront. Le rapport précise que, l’an dernier, les pilotes avaient enregistré moins d’heures de vol que le nombre minimal requis de 140 heures.

La Défense nationale n’a pas pu faire le nécessaire, constate le vérificateur général, « vu l’incertitude entourant la date de remplacement de la flotte d’avions de chasse ».

Sécurité des ambassades, graves lacunes

Près de 8000 employés travaillent dans les missions canadiennes à l’étranger, dont la moitié se trouvent dans des endroits où leur sécurité était menacée en raison de l’imprévisibilité politique ou de troubles civils.

Or, le vérificateur général en arrive à un autre constat inquiétant : « Affaires mondiales n’avait pas pris toutes les mesures de sécurité dans ses missions à l’étranger en fonction de l’évolution des menaces. »

Le ministère avait pourtant relevé des lacunes qui devaient immédiatement être corrigées, dont de nombreuses failles majeures dans plusieurs de ses 175 missions diplomatiques et consulaires.

Une photo montre un gardien de sécurité qui marche devant l'ambassade du Canada au Caire, en Égypte.Un gardien de sécurité marche devant l'ambassade du Canada au Caire, en Égypte. Photo : La Presse canadienne / ahmed abdel fattah

Les délais pour remédier aux lacunes entraînent « des retards pour assurer efficacement la protection du personnel et des biens à l’étranger », conclut Michael Ferguson.

Vidéosurveillance inadéquate, absence de barrière pour restreindre l’accès des véhicules aux entrées des missions et mécanismes d’alarme défaillants sont cités en exemple par le vérificateur général.

Une mission située dans un endroit où la menace était élevée ne disposait pas d’appareil de radiographie pour contrôler les visiteurs, alors que l’on en trouvait dans des endroits où la menace était plus faible.

Extrait du rapport

De plus, de nombreux employés qui travaillaient dans des endroits dangereux n’avaient toujours pas suivi la formation obligatoire.

Michael Ferguson souligne que les retards sont attribuables « à une mauvaise gestion et à une surveillance inadéquate des projets » par Affaires mondiales.

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