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Cancer de la prostate : plus d'attente pour les opérations

Le cancer de la prostate est le plus fréquent chez les hommes Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le cancer de la prostate, qui est le plus répandu chez les hommes, est la seule forme de cancer pour laquelle le temps d'attente en vue d'une opération augmente. Cependant, tous les cas urgents seraient traités rapidement, précisent des spécialistes.

Un texte de Davide Gentile

Winston McQuade a survécu à un cancer de la prostate et à une récidive. Mais 13 ans plus tard, il est en pleine forme et travaille avec Procure, un organisme qui offre du soutien aux hommes atteints par cette maladie.

Même en rémission, chaque examen annuel est source d'anxiété pour l'animateur. « Il y a toujours un papillon dans l'estomac. Est-ce que ça peut être reparti? »

Le cancer de la prostate est le plus fréquent chez les hommes. Un Québécois sur huit sera frappé par cette maladie. « La recherche évolue et on trouve des façons de traiter et de mieux diagnostiquer », affirme Laurent Proulx, président de Procure.

« Certains cancers de la prostate doivent être opérés rapidement. Tandis que pour d'autres on peut attendre jusqu'à six mois », explique Steven Lapointe, président de l'Association des urologues du Québec. Surtout que les malades ne peuvent être opérés dans les six semaines suivant la biopsie.

Le médecin spécialiste n'est donc pas inquiet outre mesure par l'augmentation du nombre d'opérations chirurgicales qui ne sont pas faites en moins de 56 jours.

En 2015-2016, 25,8 % des chirurgies oncologiques pour des cancers de la prostate attendaient plus de 56 jours. Une proportion qui est passée à 31,3 % en 2017-2018. C'est une augmentation de 21 %.

Pourtant, l'attente pour les opérations du cancer du sein, du cancer colorectal et du cancer des poumons a baissé rapidement au cours de la même période.

Le Dr Lapointe explique que le cancer de la prostate a une évolution généralement plus lente et un pronostic souvent plus favorable. « C'est un cancer qui a une très grande variabilité quant à son agressivité », mentionne-t-il.

Et la variété de traitements augmente. « Il y a des patients qui vont par exemple vers la radiothérapie », précise l'urologue, qui refuse de minimiser la hausse du temps d'attente pour l'opération.

« Si on avait des ressources illimitées, des salles d'opération et du personnel, on opérerait le plus vite possible après six semaines. Mais la réalité, c'est qu'on ne peut pas opérer tout le monde à l'intérieur du 56 jours », dit-il.

De plus, plusieurs patients préfèrent attendre plus longtemps pour avoir accès à une procédure réalisée par un robot, qui est moins invasive. « On a moins de robots au Québec qu'aux États-Unis ou qu'en France. Donc, c'est clair qu'il y a un délai qui est dû à ce manque d'accessibilité », ajoute le médecin.

Cependant, plusieurs établissements évoquent d'autres éléments pour expliquer les délais. Au CIUSSS du Nord-de-l'île-de-Montréal, on explique que c'est un manque d'urologues qui a provoqué l'augmentation du nombre d'opérations en attente depuis plus de 56 jours. Au CHUM, l'accroissement s'expliquerait par la baisse des activités cliniques nécessaires dans le cadre du déménagement vers le nouvel hôpital.

En Estrie, on explique la hausse de l'attente par le plus grand nombre d'interventions chirurgicales demandées aux urologues. Selon plusieurs sources, le vieillissement de la population engendre clairement une augmentation du nombre de cas. L'incidence du cancer de la prostate augmente avec l'âge.

Cependant, les spécialistes assurent que les cas graves sont traités rapidement. « Ce manque d'accès n'est pas préjudiciable parce que l'on reste largement en deçà des délais de six mois pour des cancers de la prostate. »

La nouvelle ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Danielle McCann, promet tout de même une amélioration. « Dans un certain temps, on va pouvoir diminuer l'attente pour avoir cette opération très importante », a-t-elle lancé lors d'une mêlée de presse lundi.

Et selon Laurent Proulx, les hommes doivent aussi se conscientiser à l'égard du cancer de la prostate. « Il y a une prise de conscience à faire. Que les hommes disent : "Ma santé j'y crois et je veux être bien diagnostiqué." »

Les spécialistes estiment que tous les hommes de plus de 55 ans devraient passer des tests pour le cancer de la prostate, qui tue chaque année 4100 Canadiens.

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