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Agressions sexuelles par trois anciens enseignants : le Conseil scolaire du district d’Ottawa-Carleton poursuivi pour 25 M $

Une pancarte violette et blanche qui indique le Conseil scolaire du district d’Ottawa-Carleton.
Le Conseil scolaire du district d’Ottawa-Carleton est poursuivi pour 25 millions de dollars par des anciens élèves. Photo: Radio-Canada
CBC

Des victimes et des victimes alléguées de trois anciens enseignants accusés d'avoir abusé sexuellement d'élèves de l'École secondaire Bell poursuivent le Conseil scolaire du district d'Ottawa-Carleton – le plus important de la ville – pour 25 millions de dollars, a appris CBC.

Trois nouvelles poursuites ont été déposées à la fin de la semaine dernière et plusieurs anciens élèves ont également l’intention de poursuivre en justice le Conseil scolaire du district d’Ottawa-Carleton (OCDSB) pour négligence relativement à des abus qu'ils affirment avoir subis des années 70 aux années 2000.

Le Conseil a dit qu’il était en train de remplir des avis dans l’intention de se défendre contre les accusations les plus récentes. Le Conseil a déjà rempli une déclaration de défense dans le dossier de Tim Stanutz, un ancien enseignant en musique de l’École secondaire Bell mort en 2017. Les déclarations de défense dans le cas des deux autres enseignants n’ont pas été remplies.

Pam FitzGerald, une ancienne administratrice de l’OCDSB s’est dite préoccupée par l’ampleur des poursuites, en notant cependant que de telles affaires se réglaient souvent avant d'aller au tribunal.

Il est peu probable que le montant final soit de cette ampleur, à moins que la cause ne se retrouve devant les tribunaux, explique Mme FitzGerald.

Les poursuites font état d’une série de dommages subis par les requérants, dont la culpabilité, la honte, l’humiliation, la dépendance, l’anxiété, la dépression et la perte de la joie de vivre.

Un montage de photos en noir et blanc sur lequel on voit trois hommes.De gauche à droite, Don Greenham, Bob Clarke et Tim Stanutz ont été accusés d'agression sexuelle, d’attentat à la pudeur et de grossière indécence. Photo : Radio-Canada

L’affaire Tim Stanutz

Au printemps 2016, Kasie Morris et Laurie Howat, deux anciennes élèves de l’École secondaire Bell, sont allées porter plainte à la police contre leur ancien professeur de musique, Tim Stanutz.

Une femme avec un manteau et une écharpe pose pour une photo.Kasie Morris, une ancienne élève de l'École secondaire Bell. Photo : Radio-Canada / Kate Letterick

Les deux femmes, qui ont quatre ans de différence et qui ne se connaissaient pas lors de leurs études à l’école secondaire, affirment que Tim Stanutz s’est d’abord rapproché d’elles alors qu’elles n’avaient que 14 ans. Il les a ensuite agressées sexuellement dans son bureau, derrière le département de musique de l’école.

L'aspect physique a commencé étrangement avec juste un câlin dans l'une des pièces du fond, raconte Mme Morris, qui dit avoir été victime de son professeur à la fin des années 90. Et puis, à partir de là, très rapidement, il s’est mis à me toucher un peu partout avec ses mains.

En mai 2017, quelques mois avant le début de son procès, Tim Stanutz est mort. Mmes Morris et Howat ont intenté des poursuites contre le Conseil scolaire et la succession de M. Stanutz.

Elles réclament 1,95 million de dollars chacune.

Dans sa déclaration de défense, le Conseil scolaire du district d’Ottawa-Carleton affirme que Timothy Stanutz était perçu de façon universelle comme étant un éducateur professionnel, respecté et admiré par les élèves, les parents, ses collègues de travail, les autres professeurs, la communauté scolaire étendue et le Conseil scolaire.

Le Conseil scolaire nie les comportements reprochés à Tim Stanutz, mais il précise que si ces faits sont avérés, de tels gestes que l’on allègue à M. Stanutz n’ont pas été autorisés par le Conseil.

L’affaire Don Greenham

Dans un autre dossier, cinq hommes et une femme ont déposé une poursuite contre le Conseil scolaire du district d’Ottawa-Carleton pour des cas d’agressions sexuelles qui seraient survenus entre les années 70 et 80, alors que Don Greenham était entraîneur à l’École secondaire Bell. Les poursuites ont une valeur totale de 12 millions de dollars.

Don Greenham est mort en mars dernier. De ce fait, les procédures contre lui ont été suspendues.

Certains détails des allégations contre l’ex-entraîneur font état d’abus qui auraient commencé quand l’une des victimes n’avait que 11 ans. Les six plaignants allèguent que le Conseil scolaire a été négligent et a manqué à son devoir de protection.

Dan Leeson, l’une des victimes alléguées qui poursuit le Conseil scolaire et la succession de l’ancien professeur, affirme que Don Greenham n’aurait jamais dû être laissé seul avec des enfants, particulièrement dans le cadre d’activités parascolaires.

J’ai été agressé sexuellement et humilié pendant une sortie en canoë, se souvient M. Leeson. Qui est-ce qui pourrait penser que c’est acceptable? Ce n’est pas juste.

Un homme.John Myers allègue que le Conseil a été négligent et qu’il a failli à son devoir de protection. Photo : Radio-Canada / Jennifer Chevalier

L’affaire Bob Clarke

En mars, Bob Clarke, un autre ancien professeur de musique de l’École secondaire Bell, a écopé d’une peine de deux ans de prison après avoir plaidé coupable à des accusations liées à huit crimes de nature sexuelle concernant huit anciens élèves.

Deux anciens étudiants ont déposé des poursuites civiles contre Bob Clarke et le Conseil scolaire du district d’Ottawa-Carleton.

John Myers, l’une des victimes, allègue que le Conseil a été négligent, qu’il a failli à son devoir de protection et qu’il n’a pas enquêté correctement sur le passé de Bob Clarke, sur sa personnalité et son état psychologique avant de l’embaucher comme enseignant.

M. Myers poursuit le Conseil scolaire pour 4,8 millions de dollars.

Je dirais que Clarke a probablement commencé à m’importuner lorsque j’étais en 10e année, se remémore M. Myers, dont la plainte initiale a notamment mené à la condamnation de l’ancien enseignant.

C’est devenu de plus en plus agressif avec le temps, et vous savez, j’y retournais parce qu’il était comme une figure paternelle à mes yeux, explique M. Myers.

Une autre victime qui allègue que Bob Clarke l’a agressée dans les années 80, mais dont l’identité ne peut être révélée en raison d’un interdit de publication de la cour, poursuit Bob Clarke et le Conseil scolaire pour 4,85 millions de dollars.

D’autres victimes de Bob Clarke ont indiqué à CBC qu’elles comptaient à leur tour déposer des poursuites.

Ce n’est pas une question d’argent. C’est pour avoir la possibilité de dire que tout ça s’est réellement produit, et que quelqu'un doit en être tenu responsable, conclut Mme Morris.

Besoin d’aide?

Voici des services de soutien pour les personnes victimes d’agressions sexuelles :

  • En Ontario

Ligne de soutien pour femmes violentées (Nouvelle fenêtre) : 1 877 336-2433

Services de soutien aux hommes victimes de violence sexuelle (Nouvelle fenêtre) : 1 866 887-0015

  • En Outaouais

Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles de l’Outaouais (Nouvelle fenêtre) (CALAS Outaouais) : 1 866 757-7757, calas@bellnet.ca

D'après un reportage de Julie Ireton

Ottawa-Gatineau

Crimes et délits