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Le journaliste Michel Pepin s'éteint à 57 ans

Michel Pepin
Michel Pepin, qui a été journaliste et analyste politique à l'Assemblée nationale pour Radio-Canada, est décédé. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le journaliste Michel Pepin, qui a notamment travaillé au bureau parlementaire de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, n'est plus. Il est décédé lundi dans une maison de soins palliatifs de la région de Québec, après une longue lutte contre la maladie. Il avait 57 ans.

Il avait reçu un diagnostic de cancer du pancréas en octobre 2015. Il s’est éteint entouré de son fils, l'économiste Simon Tremblay-Pepin, de sa sœur, de ses frères ainsi que de leurs conjoints et conjointes.

Fils du syndicaliste Marcel Pepin, Michel Pepin a amorcé sa carrière de journaliste à la télévision communautaire et à la radio d'Amqui, dans le Bas-Saint-Laurent, en 1983.

Après un détour de deux années à titre d'attaché politique de la ministre fédérale Monique Vézina, il est revenu à Radio-Canada, à la télévision puis à la radio régionale d'Ottawa, à compter de 1988 jusqu'en 2000, tout en enseignant le journalisme au collège La Cité.

À partir de l'an 2000, il a travaillé comme journaliste et animateur à la radio, à Montréal, avant de déménager à l'Assemblée nationale en 2010, où il a été un analyste politique et correspondant parlementaire très estimé de ses collègues et de la classe politique.

Une éthique du travail remarquable

De leurs nombreux hommages rendus sur les ondes de Radio-Canada se dessine le portrait d'un homme dont la rigueur n'avait d'égal que sa considération pour les autres.

Sa collègue et amie Martine Biron a regretté le départ d'un journaliste « extrêmement brillant » et d'une grande culture, qui « allait toujours un peu plus loin que les autres ». « C’était quelqu’un de très proche des autres, qui était empathique, qui était capable de communiquer. Je ne lui connais pas d’ennemis. Les gens aimaient être en sa présence », se rappelle-t-elle, évoquant un bon vivant qui aimait rire. « Ça va créer un grand, grand vide dans ma vie. »

« C’était une présence rassurante dans le bureau par sa rigueur, par son professionnalisme, par son inébranlable conviction qu’il faut aller au-delà de la nouvelle. Il nous a beaucoup appris et il va beaucoup nous manquer », a renchéri le chef du bureau parlementaire de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, Sébastien Bovet.

« Je me sens vraiment triste parce que c’est quelqu’un à qui je m’étais attachée en le côtoyant », a pour sa part commenté la députée péquiste Véronique Hivon, qui a vanté « sa grande gentillesse » et son « écoute incroyable ». « C'était un journaliste qui était [...] tellement rigoureux, qui avait une telle profondeur. Ce n’était jamais banal d’échanger avec lui et de répondre à ses questions », a-t-elle raconté.

C’est vraiment un nom à retenir dans le journalisme québécois.

Véronique Hivon, députée de Joliette

L'ex-député adéquiste puis caquiste Gérard Deltell, aujourd'hui au Parti conservateur du Canada, retient « son honnêteté et son intégrité professionnelle », mais aussi l’approche « positive qu’il avait du métier à la fois de journaliste et de celui qu’il couvrait, celui de politicien ». « Il cherchait davantage ce qui animait le politicien plutôt que de chercher à le piéger », dit-il.

« C’est quelqu’un que je vais regretter », a réagi l’ancienne co-porte-parole de Québec solidaire Françoise David. « Il ne me posait pas toujours des questions faciles, c’est normal, mais je sentais toujours le respect. Constance, persévérance, assiduité, rigueur, sérieux, ce sont des mots que j’associe à Michel Pepin. »

Le journaliste Antoine Robitaille, chef du bureau d’enquête à l’Assemblée nationale pour Le Journal de Montréal, évoque le souvenir d'un « analyste de haut vol, avec une mémoire infinie ».

« Il était capable de faire une analyse dans une question. Un jour, il a dérogé à [sa] règle et il a posé une très, très simple question à Jean Charest : "Monsieur Charest, avez-vous lu le rapport [...] Duchesneau [sur la collusion dans l'industrie de la construction]?" Jean Charest avait été obligé de dire qu’il n’avait pas lu le rapport ou qu’il en avait lu des parties ou un résumé. Cette question-là et la réponse qui avait suivi ont précipité les événements parce que M. Charest avait l’air de ne pas s’intéresser à ce rapport. »

Plusieurs journalistes et politiciens se sont aussi tournés vers Twitter pour offrir leurs condoléances à sa famille et saluer sa grande éthique du travail.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a dit garder « de bons souvenirs de cet homme brillant et affable ».

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a pour sa part vanté « un homme d’une grande gentillesse ».

« Homme de culture, amoureux de la langue française, il a marqué le milieu journalistique par son professionnalisme et son sens du devoir », a pour sa part écrit la ministre Marguerite Blais.

L'ex-députée libérale Fatima Houda-Pepin a fait l'éloge d’« un des analystes politiques les plus brillants. Il faisait dans la nuance et non dans le jugement », a-t-elle écrit.

La mort de Michel Pepin est « une perte immense », a écrit la journaliste du Journal de Montréal Josée Legault, qui a salué « un homme courageux et droit. Un collègue allumé, chaleureux et toujours en quête d'une compréhension plus profonde de la "nouvelle" du jour ».

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