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La vie extraordinaire de l'illustratrice Emil Ferris

Elle a créé le roman graphique Moi, ce que j'aime, c'est les monstres.

Emil Ferris

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Radio-Canada

Avant de finalement publier sa BD romanesque Moi, ce que j'aime, c'est les monstres en 2017, Emil Ferris a essuyé le refus de 48 éditeurs, mais elle n'a jamais perdu espoir.

Comme si ce n'était pas suffisant, le bateau qui livrait ses romans aux États-Unis a été retenu au Panama pendant des mois. L'illustratrice, qui a connu son lot d'épreuves dans la vie, avait l'impression que le sort s'acharnait contre elle. Finalement, le roman a été un grand succès et lui permet maintenant de vivre de son art.

La couverture du livre où l'on voit le visage d'une femme, sa peau de couleur violette et ses lèvres rouges.

Moi, ce que j'aime, c'est les monstres, d'Emil Ferris

Photo : Alto

La réalisation de son roman a nécessité 16 heures de travail par jour pendant 6 années durant lesquelles la vie n'a pas été facile. « Je n'ai pas tenu bon tant que ça. Je suis tombée bien bas à maintes reprises. Ce que tous ceux qui ont un projet à cœur doivent retenir, c'est que malgré les échecs répétés, il faut continuer. C'était tout ce que je pouvais faire, même lorsque j'ai été expulsée de mon appartement et que je me suis retrouvée à la rue. Je ne pouvais même pas payer de robe de bal à ma fille, je n'avais rien. Ma fille vendait des vêtements et me donnait un peu d'argent pour que je puisse manger », a-t-elle raconté en entrevue à Tout le monde en parle.

Sa vie a aussi été marquée par la maladie. En 2002, lors de la fête de son 40e anniversaire de naissance, elle a été piquée par un moustique qui lui a transmis le virus du Nil. Elle avait une fille de 6 ans à l'époque et a perdu pendant quelque temps l'usage de ses jambes et de sa main droite.

Je n'avais toujours su que dessiner. C'était mon don et je l'avais perdu. Ça a été dur. J'ai beaucoup de chance parce que c'est partiellement revenu avec l'exercice. J'ai dû mettre un terme à mon emploi de sculptrice de jouets, car je n'ai jamais retrouvé toute ma dextérité.

Fascinée par les monstres

L'illustratrice avoue son penchant pour les monstres. D'ailleurs, pour elle, nous sommes tous des monstres. En sous-entendus, elle souligne qu'elle voit aussi de nombreux monstres en ce moment dans son pays, les États-Unis. Elle les appelle les villageois.

Ils sont également monstrueux bien qu'ils ne s'en rendent pas compte. Ils ont l'habitude de prendre pour cible la différence et de chercher à la brûler avec leurs torches. Ils ne font preuve d'aucune empathie, ce sont des monstres.

Emil Ferris

Résumé du roman

« Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, 10 ans, admire les fantômes, les vampires et autres morts-vivants. Elle s’imagine même être un loup-garou : plus facile, ici, d’être un monstre que d’être une femme. Le jour de la Saint-Valentin, sa séduisante voisine, Anka Silverberg, se suicide d’une balle dans le coeur. Mais Karen n’y croit pas et décide d’élucider cette mort suspecte. Elle va vite découvrir qu’entre le passé d’Anka dans l’Allemagne nazie, son propre quartier prêt à s’embraser et les drames tapis dans l’ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres comme les autres, ambigus, torturés et fascinants. »

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