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Les accords avec la Chine sont une bonne nouvelle pour les agriculteurs

Une ferme avec un tracteur et des compartiments à grain, avec des champs à perte de vue.

Des fermiers estiment que le transport ferroviaire canadien devra leur permettre de répondre à la demande.

Photo : CBC / Olivia Stefanovich

Radio-Canada

Des agriculteurs de la Saskatchewan saluent la signature de 18 accords sur l'agriculture et l'agroalimentaire avec la Chine, mais veulent s'assurer que le système de transport routier et ferroviaire sera en mesure de répondre à la demande.

Un texte de Lise Ouangari

« Le marché chinois est énorme, énorme », s’est réjoui Martin Prince, un agriculteur de Delmas, en Saskatchewan.

Les accords commerciaux agricoles entre le Canada et la Chine visent notamment à doubler le commerce agricole d’ici 2025. Le ministre fédéral de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Lawrence MacAulay, a d'ailleurs conclu cette mission en signant des accords pour son secteur d’une valeur d'environ 353 millions de dollars.

C'est une très bonne nouvelle.

Todd Lewis, le président de l'Association des producteurs agricoles de la Saskatchewan

« En Saskatchewan, nous mettons l'accent sur l'exportation. Un pourcentage énorme de notre production agricole est exporté et la Chine a une grande économie dans le monde, ce qui en fait un client important », a renchéri Todd Lewis, le président de l'Association des producteurs agricoles de la Saskatchewan.

Le défi du transport

Toutefois, des agriculteurs estiment que le système de transport devra être amélioré pour éviter les retards dans la livraison.

Si nous avons des clients comme la Chine qui veulent nos produits, nous devons pouvoir répondre à temps.

Todd Lewis, le président de l'Association des producteurs agricoles de la Saskatchewan

« Les ports de la côte ouest et le système ferroviaire sont des enjeux importants », a expliqué Todd Lewis. Il déplore le fait que le pétrole monopolise une partie du transport ferroviaire au détriment des produits agricoles.

« Si le pétrole n'est pas transporté dans des pipelines, le transport se fait par le système ferroviaire et ça prend nos wagons, notre espace », a-t-il commenté.

Un homme pose dans sa ferme devant des élévateurs à grain.

«Un bon service ferroviaire et de bonnes installations portuaires sont importants pour accroître les échanges commerciaux avec la Chine», estime Todd Lewis. (Archives)

Photo : CBC / Olivia Stefanovich

Le système de transport a déjà représenté un défi pour les producteurs saskatchewanais dans le passé.

En 2013-2014, de nombreux fermiers n'avaient pas pu faire transporter leurs récoltes pendant plusieurs semaines en raison, selon eux, de la trop grande utilisation des chemins de fer pour les produits pétroliers.

« Surtout le défi, c’est d’être assuré que le transport ferroviaire comme le Canadien National et le Canadien Pacifique ne nous jouent pas des tours comme ils l'ont fait il y a des années quand ils avaient mis la priorité sur le transport du pétrole. Les transports du grain ont souffert à cause de ça », a expliqué Michel Lepage, un fermier de Saint-Denis, près de Saskatoon.

« Aujourd’hui, je ne vois pas de problèmes comme tels, mais ça peut arriver sans qu’on s’y attende. [...] C’est leur rôle, comme gouvernement, de faire en sorte que tout ce système-là fonctionne bien », a-t-il ajouté.

Martin Prince estime que les compagnies ferroviaires ont tout intérêt à répondre à la demande des agriculteurs. « Il ne faut pas oublier que ces transporteurs sont des entreprises », souligne-t-il. « Si le Canada réussit à augmenter les échanges avec la Chine, le système ferroviaire devrait pouvoir augmenter sa capacité pour répondre à cette demande-là ».

D'autres barrières

Des fermiers craignent aussi de ne pas pouvoir répondre à la demande si certaines de leurs semences ne sont pas approuvées par le gouvernement chinois. Martin Prince espère que les accords entre le Canada et la Chine permettront de faire tomber des restrictions afin d'ouvrir davantage le marché chinois aux produits canadiens.

« La Chine ne prend pas d’avoine canadienne, donc ce serait bien qu'on puisse arriver à des ententes que ce soit des règlements pour réussir à répondre aux exigences phytosanitaires, ou [accepter] l’avoine canadienne dans leur marché », a-t-il expliqué.

Le président de l’Alliance canadienne du commerce agroalimentaire et président du Conseil canadien du Canola, Brian Innes, qui était en Chine pour accompagner la délégation canadienne, soutient que ces barrières aux exportations des produits canadiens en Chine ont été soulevées lors des discussions.

« Tous nos produits doivent avoir des certificats phytosanitaires, des assurances du gouvernement que ces produits sont bons pour l'importation en Chine, donc ces questions ont fait partie des discussions », a-t-il expliqué.

De son côté, le ministre fédéral de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Lawrence MacAulay, a affirmé que c'était un enjeu continu. « Est-ce résolu? Non. Nous continuons à y travailler », a-t-il affirmé lundi matin lors d'une conférence de presse.

En septembre, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a dirigé une mission commerciale en Chine. Le gouvernement de la Saskatchewan a par ailleurs affirmé qu’il « continue de collaborer avec l'industrie et le gouvernement fédéral pour s'assurer que le réseau de transport est en mesure de répondre aux demandes croissantes des clients internationaux ».

Selon le gouvernement, la Saskatchewan était le plus grand exportateur de produits agroalimentaires vers la Chine en 2017 avec des ventes de 2,8 milliards de dollars.

Saskatchewan

Agro-industrie