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Identité de genre : « Ne gommez pas notre identité », exhortent des enseignants ontariens

Une mosaïque de visages.
Le 20 novembre est la Journée internationale du souvenir trans. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

C'est la Journée du souvenir trans mardi, et celle-ci se déroule deux jours après que le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario a adopté une résolution visant à définir l'identité de genre comme une « théorie libérale ». Des enseignants élèvent leurs voix pour dénoncer une notion « dangereuse » pour la jeunesse ontarienne et demandent l'aide des « alliés » de la communauté LGBTQI.

Un texte de Camille Feireisen

La Journée du souvenir trans (Transgender Day of Remembrance, en anglais) a lieu le 20 novembre dans le monde entier. C'est justement la journée choisie par des membres de la communauté pour appeler les alliés à faire entendre leurs voix, notamment en se joignant au mot-clic #WontBeErased sur Twitter.

Les notions d'identité de genre enseignées dans les écoles ontariennes sous le gouvernement Wynne permettaient notamment aux jeunes de comprendre que des personnes transgenres vivent dans leur société, explique le président de la Fédération des enseignantes et enseignants de l'école élémentaire de l'Ontario (ETFO), Sam Hammond.

À quel type d'acceptation peuvent-ils s'attendre si nous n'enseignons pas ou ne reconnaissons pas que la diversité et les différences sont acceptables en 2018 et doivent être respectées?

Sam Hammond, président de l'ETFO

L'ETFO encourage les Ontariens à porter du noir mardi pour marquer leur désaccord avec la résolution du Parti progressiste-conservateur.

Photo d'un homme portant un complet et des lunettes derrière un lutrinLe président de la Fédération des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario, Sam Hammond Photo : Radio-Canada

De son côté, le président de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Rémi Sabourin, dit avoir partagé son indignation au gouvernement par rapport aux changements du programme.

« Cela représente un autre exemple d’une décision fondée sur une idéologie plutôt que de faire la bonne chose pour la population ontarienne [...] », écrit-il dans un courriel à Radio-Canada.

Et dans les écoles, plus d’intimidation?

Du 18 au 24 novembre, c’est aussi la Semaine de la sensibilisation à l’intimidation et de la prévention dans les écoles ontariennes. Ce qui soulève des questions pour Arnaud Baudry, le coprésident de FrancoQueer.

Le président de Franco Queer Arnaud BaudryLe président de FrancoQueer Arnaud Baudry Photo : Radio-Canada

Un grand risque, c'est que l'intimidation scolaire augmente du fait qu'on remet encore en question la réalité des expériences trans.

Arnaud Baudry, coprésident de FrancoQueer

Arnaud Baudry ajoute qu'il s'agit d'ailleurs d'une question de santé publique.

Selon l'Association canadienne pour la santé mentale, les jeunes LGBTQI présentent déjà un risque de suicide et de toxicomanie environ 14 fois plus élevé que celui de la population en général.

Un sondage mené en Ontario a pour sa part révélé qu'environ 77 % des jeunes transgenres avaient déjà envisagé de se suicider, selon l'organisation et que 45 % l'avaient tenté.

M. Hammond abonde dans le même sens. Nous savons que ces jeunes font déjà face à du harcèlement. Le risque de tentatives de suicide risque forcément d'augmenter avec ce genre de décision, pointe-t-il.

Le psychologue spécialisé sur les questions d'adaptation scolaire et de problèmes de comportement à l'école, Égide Royer, rappelle, quant à lui, que les jeunes qui présentent certaines différences sont plus susceptibles d'être victimes d'intimidation.

Il faut distribuer l'information à tout le monde, [que les jeunes] comprennent les différences. C'est une démarche qui est nécessaire et suffira à environ 85 % des élèves pour éviter de l'intimidation, même s'il y aura toujours des groupes réfractaires nécessitant une autre approche.

Égide Royer, psychologue
Un homme aux cheveux et à la barbe grise regarde droit dans la caméra. Il porte un veston-cravate et des lunettes.Égide Royer, psychologue et professeur associé à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval Photo : Radio-Canada

Double coup pour la communauté FrancoQueer

Arnaud Baudry se questionne sur le message envoyé par le gouvernement à la communauté francophone et LGBTQI. En une semaine, il pense aussi que les francophones ont subi deux annonces « difficiles ».

En tant que communauté doublement minoritaire francophone et LGBT, c'est de très mauvais augure pour l'avenir. Ça démontre aussi l'approche du gouvernement conservateur par rapport aux minorités; elles ne sont pas considérées, conclut-il, ajoutant que son organisme se joindra aux mouvements de lutte qui seront mis sur pied dans les prochaines semaines.

Ford dit qu'il n'ira pas de l'avant

La ministre de l'Éducation, Lisa Thompson, a déclaré lundi soir que cette résolution controversée était non contraignante et ne deviendrait pas une politique gouvernementale. Le premier ministre Doug Ford a également déclaré qu'il ne comptait pas aller de l'avant avec un tel projet de politique et n'entérinerait pas cette résolution.

Sur Twitter, l'ancienne candidate à la chefferie Tanya Granic Allen a accusé Doug Ford de mauvaise foi et publié un extrait d'entrevue radio dans lequel Doug Ford questionne la légitimité de l'identité de genre.

Communauté LGBTQ+

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