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Le syndicat des employés de Postes Canada refuse une trêve durant la période des Fêtes

Un écusson avec le logo de Postes Canada.
Les postiers pourraient être en débrayage lors du Vendredi fou. Photo: Radio-Canada / MARTIN THIBAULT
Radio-Canada

Aux prises avec des grèves tournantes depuis plusieurs semaines, la direction de Postes Canada a proposé à ses syndiqués de suspendre les débrayages et les moyens de pression jusqu'à la fin janvier, mais le syndicat représentant les 50 000 employés en grèves tournantes a refusé.

Dans un communiqué, la direction de Postes Canada s’engageait en substance à ne pas décréter de lock-out au moins jusqu’au 31 janvier prochain si le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) s’engageait de son côté à suspendre les débrayages tournants et les moyens de pression pendant la même période.

Selon Postes Canada, cette trêve aurait permis « aux deux parties de collaborer jusqu'à la fin janvier pour mettre un terme aux grèves tournantes, reprendre la médiation et amorcer un processus qui mènerait à une résolution définitive » du conflit qui persiste depuis des mois entre la société d’État et ses 42 000 facteurs urbains et 8000 facteurs ruraux et suburbains.

Dans son communiqué, Postes Canada précisait qu’il s’agissait de la dernière fenêtre pour traiter le courrier accumulé ces dernières semaines avant que « l'avalanche de colis des Fêtes » n’arrive dans ses installations partout au pays.

Interrogée au passage dans le foyer de la Chambre des communes, la ministre fédérale de l’Emploi, du Développement de la main-d’oeuvre et du Travail, Patricia Hajdu, a mentionné que le gouvernement examinait différentes options.

Les deux parties ne sont pas ouvertes à l’arbitrage volontaire, mais l'employeur et le syndicat ont une marge de manoeuvre pour régler leurs différends, selon le gouvernement. Or, le temps presse, a fait valoir la ministre.

Les Canadiens dépendent d’eux, les familles souffrent, tout comme les petites entreprises et l’économie canadienne. Ils doivent s’asseoir et travailler plus fort pour arriver à une entente.

Patricia Hajdu, ministre de l'Emploi, du Développement de la main-d'oeuvre et du Travail

Sa collègue aux Services publics, Carla Qualtrough, a lancé le même message, soulignant qu'il s'agissait d'une période critique pour les Canadiens, avec l’approche de Noël et du Vendredi fou.

Si un projet de loi spéciale est dans les cartons, le gouvernement n’a cependant pas fixé de date butoir.

Du côté de l'opposition, les conservateurs estiment que le gouvernement aurait dû agir plus rapidement, alors que le Nouveau Parti démocratique (NPD) plaide pour une entente négociée.

« C’est leur droit d’avoir une grève et il faut respecter leur droit, mais ce qui m’inquiète, c’est qu’on n’a pas vu des actions concrètes pour régler le problème », a affirmé le chef de la formation, Jagmeet Singh. Celui-ci demande à l’employeur de répondre aux « besoins des travailleurs et travailleuses ».

De l'argent et une promesse de médiation

L’employeur se disait également prêt à reprendre les pourparlers avec un médiateur nommé par le gouvernement et approuvé par les deux parties, du moins pour la durée de la période de restriction.

Postes Canada promettait aussi un paiement spécial pouvant atteindre 1000 $ pour chaque membre du STTP si aucun arrêt de travail n'était déclenché d'ici la fin janvier.

L’employeur promettait en outre de rétablir les deux conventions collectives du STTP, y compris tous les avantages sociaux, pour la durée de la période de restriction.

Dans l'éventualité où des ententes n'auraient pas été conclues d'ici au 31 janvier, précisait Postes Canada dans son communiqué, le médiateur aurait soumis des recommandations pour le règlement.

Si ces recommandations n'avaient pas été adoptées par les parties, l'arbitrage exécutoire aurait alors été mis en oeuvre.

Lundi, les grèves tournantes touchaient les provinces de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et de l’Ontario.

La charge de travail reste un problème, plaide le syndicat

Un employé en grève vêtu d'un manteau d'hiver avec le capuchon relevé tient une pancarte à l'effigie du syndicat. Derrière lui, plusieurs autres employés font de même.Des membres du STTP ont débrayé dans l'arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal. Photo : Radio-Canada / Charles Contant

La présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), section locale de Montréal, Lise-Lyne Gélineau, a déploré que la direction de Postes Canada n'ait pas donné suite aux offres soumises par le syndicat ce week-end. Il y a eu échange de documents, mais « zéro discussion », a-t-elle affirmé sur les ondes de RDI.

Elle a entre autres invoqué la lourdeur de la charge de travail, notamment en ce qui concerne les facteurs de régions rurales, pour expliquer le rejet rapide de la trêve proposée par Postes Canada. C'est encore « plus [marqué] à cette période-ci, avec les Fêtes qui approchent », a-t-elle soutenu.

« Nous avions quand même deux propositions sur la table qui auraient permis de régler rapidement les problèmes que nous avons présentement, autant au niveau de la charge de travail […] autant pour les emplois décents et pour l’égalité homme-femme », a précisé Lise-Lyne Gélineau.

Selon elle, Postes Canada a attendu à la dernière minute, après 11 mois de négociations, pour déposer la semaine dernière une offre qui contenait « certaines avancées » pour les travailleurs.

Ce qu’on demande au premier ministre Trudeau, c’est de dire à Postes Canada de négocier et de négocier de bonne foi.

Lise-Lyne Gélineau, présidente du STTP, section locale de Montréal

Lise-Lyne Gélineau, qui croit que les pourparlers pourraient reprendre « très, très rapidement », dit espérer arriver à une entente négociée « d’ici la fin de la semaine ».

Parallèlement à sa contre-offre, le Syndicat des travailleuses et travailleurs des postes a demandé au gouvernement fédéral de nommer un médiateur pour tenter de résoudre le conflit, qui dure depuis près d'un an.

Avec les informations de La Presse canadienne

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