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Un coûteux programme d’abattage d’orignaux : 7900 $ par bête tuée

Un orignal dans une forêt

Les orignaux broutent les jeunes pousses d'épinettes et de sapins baumiers ce qui nuit à la régénération de la forêt boréale dans le parc des Hautes-Terres-du-Cap-Breton.

Photo : Courtoisie / Parc Oméga

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plus de 120 orignaux ont été abattus dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton depuis qu'un programme de réduction de la population y a été créé, il y a trois ans. Mais le programme s'attire des critiques à cause de son coût.

Le programme de cinq ans a été créé pour permettre à la forêt boréale du parc de se régénérer. Les orignaux y sont tellement nombreux qu’ils menacent l’écosystème.

Parcs Canada a donc établi un partenariat avec un institut micmac et d’autres partenaires pour réduire la population d’orignaux.

Selon ce programme, le gouvernement fédéral affrète des hélicoptères qui déposent des chasseurs autochtones dans la forêt. Il leur fournit de l’aide pour sortir les bêtes qu’ils abattent et la nourriture provenant des carcasses est distribuée parmi les communautés autochtones de la Nouvelle-Écosse et dans les banques alimentaires.

Le budget de ce programme a doublé depuis qu’il a commencé. Il est passé de 1 million de dollars à 2,1 millions.

Malgré tout, le responsable de la conservation au parc des Hautes-Terres, Rob Howey, défend la campagne d’abattage. Parcs Canada a fait ses preuves en matière de gestion des écosystèmes et la réduction de la population [d’animaux] n’est utilisée que lorsqu’elle est absolument nécessaire, dit-il.

Il affirme que l’utilisation d’hélicoptères est une méthode efficace pour ce programme parce que le territoire à couvrir fait 20 kilomètres carrés et que les terres y sont accidentées.

Des évaluations préliminaires, poursuit-il, ont permis de déterminer que le nombre de jeunes sapins baumiers et épinettes dont les branches ont été grignotées par des orignaux a fortement diminué depuis quatre ans, ce qui leur donne de meilleures chances de survie.

On voit une femelle orignal en gros plan en train de brouter.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une femelle broute les feuilles d'un jeune arbre.

Photo : Sport-Action Vidéo

Des dépenses exagérées, selon une critique

Une résidente du nord du Cap-Breton, Rose Courage, estime toutefois que les données qu’elle a obtenues grâce à la Loi d’accès à l’information font état de dépenses qu’elle juge exagérées.

L’abattage de 122 orignaux au cours des trois premières années du programme a coûté 731 000 $, auxquels s’ajoutent plus de 240 000 $ en services policiers. La GRC a dû intervenir pendant les chasses parce qu’elles ont généré des manifestations, au début.

Un programme similaire au parc national du Gros-Morne, à Terre-Neuve, a coûté de 1000 à 1500 $ par orignal abattu, plus le coût de la distribution de la nourriture.

Selon Mme Courage, Parcs Canada aurait pu atteindre son objectif en installant davantage de clôtures pour exclure les orignaux de certaines zones sensibles du parc. La méthode est déjà utilisée, dans une certaine mesure, par les autorités du parc.

Une aide alimentaire importante pour les communautés micmaques

Le programme d'abattage est toutefois défendu par les communautés micmaques du Cap-Breton. Il fournit une aide alimentaire précieuse aux Premières Nations, affirme Clifford Paul, de l’institut Unama’ki des ressources naturelles.

Rob Howey, pour sa part, précise que les coûts du programme sont en diminution. Ils ne seront que de 150 000 $ cette année, dit-il, comparativement à 292 000 $ en 2015, notamment parce que le coût des services policiers a chuté.

Rob Howey affirme qu’aucune décision n’a été prise sur la suite du programme d’abattage après 2018. Les résultats obtenus jusqu’à présent seront analysés, dit-il, et une décision sera prise en tenant compte de l’objectif : la meilleure façon d’assurer la régénération de la forêt boréale.

La campagne de cette année doit se terminer la première semaine de décembre.

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