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Le PDG de Renault-Nissan arrêté au Japon

Le reportage de Jean-Michel Leprince
Radio-Canada

Carlos Ghosn, qui dirige l'alliance des constructeurs automobiles Renault, Nissan et Mitsubishi Motors, a été arrêté à Tokyo lundi pour malversations, rapporte la télévision japonaise NHK.

Selon le constructeur japonais Nissan, l’homme d’affaires de 64 ans et un de ses administrateurs, Greg Kelly, auraient utilisé de l'argent du groupe automobile à des fins personnelles.

Les deux hommes auraient également menti au fisc pendant plusieurs années en minimisant leurs revenus pour payer moins d'impôts.

Dans un communiqué, Nissan explique avoir fait ces découvertes lors d'une enquête interne menée à la suite d'informations dénonçant des pratiques financières inappropriées à la tête de l'entreprise.

« L'enquête a montré qu'au fil des ans, Ghosn et Kelly ont déclaré des montants de rémunération inférieurs aux montants réels dans des rapports à la Bourse de Tokyo afin de réduire le montant déclaré de la rémunération de Carlos Ghosn », a déclaré la direction de Nissan.

D’après les informations recueillies par l’agence japonaise Jiji, le président de Nissan aurait sous-évalué sa rémunération de 5 milliards de yens (59 millions de $ CA), qui s'élevait à l’origine à environ 10 milliards de yens (117 millions de $ CA).

Selon l’agence Kyodo, Carlos Ghosn dissimulait ces revenus au fisc depuis 2011 et l’aurait fait pendant au moins cinq ans.

Paris promet d'être vigilant

Cette affaire a des répercussions dans plusieurs pays, notamment en France, où Ghosn dirige le constructeur français Renault.

À Paris, le président Emmanuel Macron, dont le gouvernement détient une participation de 15 % dans Renault, a refusé de se prononcer sur les accusations qui pèsent contre Carlos Ghosn, mais a assuré qu'il serait très vigilant en ce qui a trait aux activités du groupe Renault.

« L'État, en tant qu'actionnaire, sera extrêmement vigilant à la stabilité de l'alliance et […] pour l'ensemble des salariés du groupe, auquel je veux ici dire que l'État actionnaire assurera tout son soutien », a déclaré lundi le président Macron à Bruxelles.

Le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, a pour sa part déclaré que le conseil d'administration de Nissan se réunira jeudi pour déterminer qui remplacera Carlos Ghosn à la tête de l'entreprise. « L'alliance entre les trois entités [Renault, Nissan et Mitsubishi Motors] ne sera pas affectée par cet événement », a par ailleurs assuré Hiroto Saikawa.

Carlos Ghosn pose avec des employés.Carlos Ghosn (à gauche) pose avec des employés du constructeur automobile français Renault. Photo : Reuters / POOL New

Un géant de l'industrie automobile

D'origine brésilienne, Carlos Ghosn est l'une des figures les plus connues de l'industrie automobile.

C'est lui qui avait réussi à redresser la barre de Renault-Nissan au début des années 2000 et à sauver le groupe de la faillite.

À son arrivée chez Nissan, en 1999, le constructeur japonais était au bord de la faillite. Quelques années plus tard, Nissan affichait un chiffre d’affaires annuel de plus de 150 millions de dollars canadiens.

Il avait également réussi en 2016 à sauver le constructeur Mitsubishi en reprenant une participation de 34 % dans l'entreprise qui était empêtrée dans un scandale de falsification de données.

Aujourd'hui, l'alliance Nissan-Renault-Mitsubishi est l'un des plus grands joueurs de l'industrie automobile avec des ventes de près de 11 millions de véhicules par an, soit plus que ses concurrents Toyota et Volkswagen.

Le titre du constructeur français Renault a chuté de plus de 8 % lundi après l'annonce de l'arrestation de Carlos Ghosn. Le titre Nissan a quant à lui reculé de plus de 6 % à la Bourse de Francfort.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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