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Une pénurie de chauffeurs d'autobus engendre des retards fréquents pour les écoliers au Nouveau-Brunswick

Des enfants descendent d'un autobus scolaire.

Des élèves arrivent parfois avec près de deux heures de retard à l'école en raison d'une pénurie de chauffeurs d'autobus

Photo : Radio-Canada / Genevieve Proulx

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les retards fréquents de certains autobus scolaires, causés par des postes vacants et un manque de chauffeurs suppléants, sont dénoncés par des parents et des enseignants au Nouveau-Brunswick. Ils craignent notamment que les élèves perdent du temps précieux en classe.

Un texte de Catherine Allard

Pendant plusieurs jours, au début du mois de novembre, l’autobus du fils d’Alain Chartrand est arrivé avec une heure de demie de retard. Son fils fréquente l’école L’Odyssée, à Moncton. Pour éviter qu’il manque du temps en classe, Alain Chartrand a dû le déposer à l'école tous les matins cette semaine-là.

« C’était une semaine de quatre jours, et les quatre jours où il y avait de l’école, l’autobus était en retard de 90 minutes. »

— Une citation de  Alain Chartrand, père d'un élève qui fréquente l'école L'Odyssée

Alain Chartrand explique qu’au cours des dernières années, l’autobus scolaire a été en retard à quelques reprises, mais cette année est exceptionnelle, selon lui. À chaque fois que l’autobus est en retard, moi je manque une heure de travail pour aller le porter, déplore-t-il.

La situation de cette famille de Moncton n’a rien d’inusité. Depuis le début de l’année scolaire, plus d’une centaine d’autobus scolaires ont accusé d’importants retards dans le District scolaire francophone Sud (voir la fin de l’article pour la liste complète des retards).

Selon le District scolaire francophone sud (DSFS), ces retards sont attribuables à un manque de chauffeurs - cinq postes sont vacants actuellement - et à une pénurie de chauffeurs suppléants. Lorsqu’un chauffeur d’autobus est malade ou doit s’absenter, et qu’il n’y a aucun chauffeur suppléant, un autre chauffeur doit faire son trajet habituel et ensuite faire un deuxième trajet, ce qui engendre des retards.

« Oui, il va y avoir d’autres retards à prévoir, au moins jusqu’à ce que les postes soient comblés. »

— Une citation de  Monique Boudreau, directrice générale du District scolaire francophone sud

Les retards d’autobus ne sont pas uniques au DSFS. Le District scolaire francophone Nord-Est (DSFNE) ne compile pas ces données, mais confirme que les retards attribuables au manque de chauffeurs ont été nombreux cette année, dans de nombreuses écoles. Dans le Nord-Ouest, le district scolaire affirme qu’aucun retard n’a été causé par un manque de chauffeurs cette année.

La pénurie de chauffeurs, un problème généralisé

Le manque de chauffeurs et de suppléants est un problème qui se fait sentir depuis plusieurs années, mais qui semble encore pire cette année, surtout dans le DSFS.

Pour pallier le manque de chauffeurs dans certaines régions, le DSFS a même dû demander à des chauffeurs de travailler dans d'autres villes. On devait même demander à des suppléants de Moncton de passer la semaine à Fredericton. On les héberge et on paie le déplacement pour qu’ils puissent faire de la suppléance, précise la directrice générale du DSFS, Monique Boudreau.

Portrait de la directrice générale du District francophone Sud, Monique Boudreau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La directrice générale du District, Monique Boudreau, a soutenu le projet de cafétérias entrepreneuriales.

Photo : Radio-Canada

Le manque de main-d’oeuvre au niveau de chauffeur d’autobus perdure depuis quelques années, mais en plus de cela nous avons une croissance au niveau de notre district et ça fait en sorte que la demande continue d’augmenter parce qu’on ajoute des routes, explique Monique Boudreau.

La responsable du transport scolaire pour le District scolaire francophone Nord-Est, Anne-Marie Haché, confirme que la pénurie de chauffeurs est ressentie ailleurs dans la province. C’est partout dans la province, il y a une problématique au niveau du personnel suppléant qu’on peut recruter.

Elle explique que la plupart des retards sont causés par des congés de maladie de dernière minute. C’est difficile à prévoir, chaque fois qu’on a une absence, on a un problème de suppléance.

« Ça fait quelques années qu’on a un problème plus accentué parce que notre liste de suppléance est réduite et on a de la difficulté à recruter. »

— Une citation de  Anne-Marie Haché, responsable du transport scolaire pour le District scolaire francophone Nord-Est

Dans le Nord-Est, la Péninsule acadienne a évité les retards fréquents cette année, mais la région du Restigouche en a souffert davantage.

C’est certainement pas normal. Si on pouvait faire autrement et qu’on avait une situation efficace et sécuritaire, ce ne serait pas une option. Malheureusement quand on a une absence imprévue et qu’on n’a pas de suppléants, on n’a aucune autre solution, explique Anne-Marie Haché.

Même dans le Nord-Ouest, où aucun retard n’a été causé par un manque de suppléants jusqu’à présent cette année, le district scolaire avoue qu’il serait utile d'étoffer la liste de suppléants.

Nous avons une marge de manœuvre, mais elle est n’est pas idéale. Nous préférerions avoir une banque de conducteurs suppléants mieux garnie pour l’ensemble de notre territoire, particulièrement pour la région de Saint-Quentin et de Kedgwick, précise Julie Poulin, coordonnatrice des relations stratégiques pour le DSFNO.

Moins de temps sur les bancs d’école

Des enseignants et des parents ont fait part de leur inquiétude face à ces retards à l’Association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB).

La présidente de l’AEFNB, Lucie Martin, affirme avoir reçu des plaintes de nombreux parents.

Les enseignants nous disent que souvent les jeunes arrivent et c’est la fin d’un cours, les jeunes ont manqué la matière et doivent se réajuster. Et si c’est un retard en matinée, souvent c’est le même cours qui est taxé explique-t-elle.

Des élèves assis en classe font de la lectureAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Si les élèves qui éprouvent des difficultés en lecture ne reçoivent pas d'aide, ils risquent d'avoir ces difficultés toute leur vie, selon l'organisme Littératie au primaire.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

La directrice du DSFS Monique Boudreau avoue que ces retards répétés peuvent avoir un effet sur l’éducation que reçoivent les élèves.

Ces retards occasionnent du manque de temps en apprentissage et du manque de temps pour les élèves, affirme Monique Boudreau. C’est pour ça que pour nous c’est une priorité, dit-elle.

Des nouveaux chauffeurs en formation

Cinq postes de chauffeurs sont présentement vacants dans le DSFS. Deux chauffeurs sont en formation et devraient être prêts à prendre la route au cours des prochaines semaines et cinq nouveaux candidats commenceront bientôt une formation.

Les autorités scolaires du DSFS affirment également qu’elles vont bientôt se pencher sur le rendement et le taux d’absentéisme du personnel dans le transport scolaire.

Plusieurs nouveaux chauffeurs d’autobus ont également suivi une formation dans le Restigouche, en octobre, et seront bientôt prêts à prendre la route.

Cette problématique devrait s’éliminer avec la venue des nouveaux suppléants, espère Anne-Marie Haché.

Retards par régions dans le District scolaire francophone Sud

  • Barachois : 3
  • Bouctouche : 3
  • Cap-Pelé : 2
  • Cocagne : 1
  • Dieppe : 29
  • Fredericton : 7
  • Grand-Barachois : 1
  • Miramichi : 4
  • Moncton : 25
  • Oromocto : 2
  • Quispamsis : 2
  • Richibucto : 1
  • Rogersville : 1
  • Saint-Jean : 10
  • Saint-Louis-de-Kent : 6
  • Sainte-Anne-de-Kent : 1
  • Sainte-Marie-de-Kent : 1
  • Shediac : 3

Source : District scolaire francophone Sud (entre le 4 sep. et le 8 nov. 2018)

Avec des informations de Wildinette Paul

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