•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

5000 personnes à la défense du secteur agricole

Le reportage de Michel Marsolais
Radio-Canada

Insatisfaits des brèches ouvertes dans le secteur des produits laitiers par le gouvernement fédéral lors de la renégociation de l'entente de libre-échange nord-américain, des citoyens de partout au Québec ont convergé vers Montréal, dimanche, où ils ont appelé à protéger le secteur agricole.

Organisée par l’Union des producteurs agricoles (UPA) sous le nom de « Garde-manger en danger », la manifestation a débuté en après-midi au parc La Fontaine.

Les participants ont terminé leur parcours à la place des Festivals, où des discours ont été prononcés. Des élus de tous les partis représentés à l'Assemblée nationale, y compris du gouvernement caquiste, y participaient.

L’UPA estime que « le secteur laitier a été sacrifié lors des dernières ententes commerciales ». « La déstructuration du système de classification et le droit d’ingérence accordé aux États-Unis sur nos façons de faire sont des concessions sans précédent », affirme l’organisation.

L'UPA souligne également que le gouvernement canadien n'a imposé aucune exigence sur les aliments importés, même si les normes sanitaires, sociales et environnementales au Québec et au Canada sont parmi les plus sévères du monde.

L'organisation affirme que « cette incohérence désavantage fortement les agriculteurs et l'industrie agroalimentaire canadienne ».

« Dans les serres au Mexique [le salaire des travailleurs], c'est entre 1 $ et 3 $ de l'heure. Ici, le salaire minimum est à 12 $ de l'heure », explique Marcel Groleau, président de l'UPA. « Les tomates du Mexique arrivent ici à meilleur prix que les tomates d'ici, c'est certain! »

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université de Dalhousie, partage les craintes exprimées par les agriculteurs québécois, a-t-il indiqué sur les ondes de RDI, dimanche.

« On n'a pas évalué les impacts potentiels si on ouvre le marché aux produits de l'étranger », estime-t-il. La valeur des fermes au pays pourrait notamment diminuer « de manière significative » dans les prochaines années, explique l'expert.

Selon M. Charlebois, ni Québec ni Ottawa « n'assument leurs responsabilités », car il n'existe aucun plan pour compenser les percées étrangères dans le marché canadien, ce qui alimente la crainte des agriculteurs.

Ottawa défend son entente

Plus tôt cette semaine, la ministre des Affaires étrangères fédérales Chrystia Freeland, qui a dirigé les négociations avec les États-Unis et le Mexique, reconnaissait l’ouverture du marché laitier canadien aux partenaires nord-américains.

« C’était nécessaire pour nous de donner un peu plus d’accès aux produits laitiers », a-t-elle dit en marge de la visite d’une usine dans la région de Québec.

Cependant, « les négociations ont commencé avec une demande très forte des Américains, celle d’abolir le système de gestion. On a réussi à défendre et à protéger le système », a dit Mme Freeland.

Le nouvel accord, nommé AEUMC, octroierait environ 3,59 % du marché canadien dans le secteur laitier aux producteurs étrangers. Ces parts s’ajoutent à ce qui avait déjà été consenti à l’Union européenne par l’Accord de partenariat transpacifique, qui s’élevait à 3,25 % du marché.

Avec les informations de La Presse canadienne

Accords commerciaux

Société