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Français en Ontario : le fédéral s'en mêle

Le reportage d'Estelle Côté-Sroka
Radio-Canada

Le traitement réservé aux Franco-Ontariens par le gouvernement Ford a poussé Mélanie Joly à demander une audience à Caroline Mulroney, ministre responsable des Affaires francophones de l'Ontario, pendant que son patron, Justin Trudeau, réagissait de vive voix pour la première fois dans ce dossier. De son côté, Andrew Scheer ne veut pas intervenir et s'en remet à Doug Ford.

L'intervention d'Ottawa survient trois jours après l'annonce de l'abolition du poste de commissaire aux services en français de l'Ontario et l'annulation du projet d'Université de l'Ontario français.

Dans une lettre envoyée dimanche à Caroline Mulroney, la ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie a écrit que « ce sont, sans aucun doute, des décisions qui auront des conséquences les plus dévastatrices pour plus de 600 000 Franco-Ontariens et plus de 7,9 millions de francophones à travers le pays ».

Mélanie Joly souhaite donc rencontrer « dans les plus brefs délais » Mme Mulroney pour discuter de la situation et rappelle que la volonté du gouvernement fédéral est « d’appuyer nos deux langues officielles et de défendre les droits des minorités à travers le pays ».

Son patron, le premier ministre Justin Trudeau, s'est également dit « extrêmement déçu » de la décision du gouvernement de l'Ontario. M. Trudeau a fait ses commentaires depuis la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où il participait au Sommet de l'APEC.

« J'ai été profondément déçu par la décision du gouvernement de l'Ontario de réduire les services et la protection de la minorité francophone en Ontario », a-t-il déclaré en ajoutant que sa réaction ne devrait pas être surprenante, car la protection de la langue est « extrêmement importante » pour son gouvernement et lui.

De son côté, la ministre responsable des Affaires francophones de l'Ontario n’était pas présente lors de l’annonce de son gouvernement, jeudi, et n’a pas immédiatement réagi.

Lors d’une entrevue accordée à Radio-Canada vendredi après-midi, Caroline Mulroney a finalement tenté de se montrer rassurante, promettant que « la protection des droits linguistiques sera toujours présente en Ontario ».

Scheer s'en remet à Ford

Le chef du Parti conservateur fédéral, Andrew Scheer, a quant à lui déclaré dimanche qu'il a exprimé ses préoccupations au premier ministre ontarien Doug Ford au sujet des annonces de jeudi, mais ne lui a pas demandé de revenir sur sa décision..

« C'est à M. Ford de gérer ce genre de chose, a-t-il commenté. Je lui ai dit que lorsque je serai premier ministre en 2019, je vais oeuvrer avec mes homologues provinciaux pour d'assurer que les services en français ne seront pas affectés par ce genre de changement. »

M. Scheer a également soutenu que les libéraux fédéraux ne font qu'essayer de faire des gains politiques avec une décision qui n'a rien à voir avec lui. Le chef conservateur fait référence à un message de la ministre Joly publié sur Twitter dans lequel elle invitait M. Sheer et M. Ford à être conscients que les francophones « ne peuvent pas et ne seront pas laissés-pour-compte ».

« L'enjeu des langues officielles est trop important pour le politiser », a-t-il fait valoir. Le chef conservateur a réitéré son appui « inébranlable » aux langues officielles. Ses positions sur les questions intéressant les francophones ont toujours été « nettes et fermes ».

Andrew Sheer estime toutefois que ce dossier n'aura pas d'incidence sur le succès électoral de sa formation. « Aux prochaines élections fédérales, la population se prononcera sur les enjeux fédéraux. Elle pourra voter sur les enjeux provinciaux à l'occasion des scrutins provinciaux », a-t-il conclu.

Contestation imminente

Une mobilisation s’organise par ailleurs en Ontario pour tenter de déterminer la marche à suivre. La démarche est soutenue par les communautés francophones de partout au pays.

L'avocat Ronald Caza, qui a plaidé dans le dossier de l'hôpital Montfort, croit que la cause sera portée en justice.

« Ça ira devant les tribunaux si le gouvernement ne se rend pas compte des torts irréparables qui découleront de cette décision. Une communauté ne peut pas être victime d’un gouvernement qui veut sauver de l’argent », a-t-il lancé sur les ondes de RDI, dimanche.

De son côté, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) a tenu dimanche une rencontre d'urgence pour déterminer sa propre stratégie.

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Avec les informations de La Presse canadienne

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