•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mouvement des « gilets jaunes » en France : plus de 400 personnes blessées

Un blocage routier avec un incendie et des citoyens arborant un gilet jaune.
Quelques manifestations de « gilets jaunes » se sont poursuivies dimanche en France, notamment à Caen, où les citoyens en grogne contre la hausse du prix du carburant ont mis le feu à leur barricade. Photo: Getty Images / AFP/Charly Triballeau
Radio-Canada

Les manifestations et les blocages de route organisés par les « gilets jaunes » ont blessé plus de 400 personnes, dont 14 grièvement, samedi dans toute la France, a annoncé le ministère de l'Intérieur, alors qu'un petit nombre de rassemblements se poursuivaient dimanche.

Le mouvement des « gilets jaunes », en référence aux vestes réfléchissantes que tout automobiliste français doit détenir dans son véhicule afin de se rendre visible en cas d'accident, s’est organisé sans soutien syndical ni politique, par la seule force des réseaux sociaux, en réaction à la hausse des taxes sur le carburant.

La grogne s’est par la suite étendue à un ensemble de revendications de citoyens excédés par les réformes gouvernementales et un certain sentiment de déconnexion entre l’élite parisienne et les simples citoyens.

Samedi, plus de 287 000 personnes ont manifesté à travers le pays, dans plus de 2000 endroits, a indiqué Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur. Quelque 3500 personnes ont poursuivi les rassemblements toute la nuit.

Les manifestations, pour la plupart peu organisées, ont mené à des débordements en plusieurs endroits, a indiqué le ministre, citant 282 arrestations et 28 blessés parmi les policiers, les gendarmes et les pompiers.

Samedi matin, une manifestante a été tuée lorsqu’elle a été frappée par une conductrice prise de panique après avoir été encerclée par des « gilets jaunes ».

La nuit a été « agitée », selon le ministre. « Il y a eu des agressions, des bagarres, des coups de couteau », a détaillé M. Castaner. « Il y a eu des bagarres entre gilets jaunes. Il y a eu beaucoup d'alcool dans certains endroits, et ça a provoqué ces comportements idiots qui peuvent pousser à la violence, et là ça devient inacceptable », a-t-il ajouté.

M. Castaner a déploré « une désorganisation totale ». « On a tenté d'accéder à des préfectures, il y a eu des actes de grande violence hier [samedi], [le nombre] de blessés et de policiers [est] encore plus grand ce matin. »

La majorité des Français ont fait le choix de ne pas porter les gilets jaunes.

Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur de la France

Le gouvernement peu ébranlé

Une quarantaine d’actions étaient toujours en cours dimanche. Malgré tout, le gouvernement a d’ores et déjà fait savoir qu’il n’entendait pas dévier de son cap.

« En matière de fiscalité écologique, nous poursuivrons la trajectoire prévue. Ne pas le faire serait de l’inconscience », a déclaré le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, dans une interview au Parisien.

Pour Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités territoriales, il faut approfondir le « travail d’explication et de promotion » des mesures compensatoires annoncées plus tôt cette semaine pour accompagner la transition écologique.

« Nous entendons les inquiétudes des Français », a-t-il assuré, citant le « sentiment d'abandon » des territoires ruraux.

Il a mis en garde contre la récupération politique du mouvement des « gilets jaunes » par ceux qui « sont parfois les responsables des erreurs du passé ».

Les manifestants ont reçu le soutien des principaux partis politiques français, tel que celui des Républicains et du Parti socialiste, mais aussi de La France insoumise et du Rassemblement national.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

International