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Négociation du Brexit : Theresa May encore un peu plus proche de la sortie

Theresa May retourne au 10 Downing street le 12 novembre 2018.
Theresa May doit affronter deux camps : ceux qui souhaitent un Brexit plus dur et ceux qui veulent rester dans l’Union européenne (UE) et réclament un deuxième référendum. Photo: Reuters / Simon Dawson
Radio-Canada

Alors que l'opposition a prévenu dimanche qu'elle ne voterait pas pour le texte qui doit être présenté au Parlement britannique, Theresa May fait face à une fronde au sein de son propre parti. Plus d'une vingtaine de députés demandent un vote de défiance qui pourrait la pousser vers la porte de sortie.

Après une « semaine difficile », de son propre aveu, avec plusieurs défections au sein de son gouvernement en raison de désaccords sur le compromis trouvé, Theresa May a déclaré que les sept prochains jours allaient être « cruciaux ».

Elle continue toutefois de dire qu’elle présentera son accord à la Chambre des communes, puisqu’elle ne voit aucune solution de remplacement.

Theresa May doit affronter deux camps : ceux qui souhaitent un Brexit plus dur et les partisans de l’Union européenne (UE) qui réclament un deuxième référendum.

« Il y a en effet plus de négociations en cours et rien n'est convenu », a-t-elle déclaré dans une entrevue à la chaîne de télévision Sky News.

Plusieurs ministres, secrétaires d’État ou sous-secrétaires d’État ont démissionné ces derniers jours, dont Dominic Raab, ministre du Brexit, motivé notamment par le statut différent qu’obtiendrait l'Irlande du Nord après la sortie de l'UE prévue le 29 mars 2019.

Le point le plus controversé est le « backstop », ou filet de sécurité, solution de dernier recours prévoyant le maintien de l'ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE.

Le ministre britannique Dominic Raab réfléchit lors d'une conférence de presse.Le ministre responsable du Brexit, Dominic Raab, a démissionné du gouvernement de Theresa May en guise de protestation contre l’accord intervenu avec l’Union européenne. Photo : Reuters / Eric Vidal

Au lendemain de ces démissions, Theresa May avait reçu le soutien de deux poids lourds de son gouvernement : le ministre de l’Environnement, Michael Gove, et le ministre du Commerce international, Liam Fox, qui réitéraient leur confiance.

Or, au sein même de son gouvernement, un groupe de cinq ministres eurosceptiques tente de la persuader de modifier son projet d'accord sur le Brexit, selon les médias britanniques. Ils estiment que l’accord ferait du Royaume-Uni un « observateur des règles ».

La première ministre est ainsi menacée d'un vote de défiance.

Celui-ci serait déclenché s'il est demandé par 15 % du groupe tory au Parlement, soit 48 députés. Puis, la motion devrait être soumise au vote de la Chambre des communes. Un tel vote entraînerait la tenue de nouvelles élections pour la chefferie du Parti conservateur.

De ce que j'en sais, [ce seuil] n'a pas été atteint.

Theresa May, première ministre du Royaume-Uni

Elle a ajouté qu'un changement de chef ne « faciliterait pas les négociations ».

Selon le Sunday Telegraph, 25 personnes se sont déjà engagées à réclamer un vote de défiance.

C'est le député conservateur pro-Brexit Jacob Rees-Mogg, à la tête du puissant groupe parlementaire eurosceptique European Research Group (ERG), qui a lancé la manoeuvre, accusant Mme May d'avoir trahi les promesses faites au peuple britannique.

Refus annoncés de différents partis

Le Parti national écossais (SNP) votera contre le texte, a affirmé dimanche sa cheffe, la première ministre écossaise Nicola Sturgeon. Le Labour de Jeremy Corbyn a aussi prévenu dimanche que son parti ne voterait pas pour le texte qui doit être présenté au Parlement britannique en décembre.

Il a enjoint à Theresa May de « retourner à Bruxelles » et de renégocier pour obtenir « un arrangement douanier permanent avec l'Union européenne » et une « garantie sur les droits ».

Il pense qu'un second référendum sur le Brexit, une idée qui a gagné du terrain ces derniers mois, est « une option pour l'avenir, mais pas pour aujourd'hui ». Theresa May exclut catégoriquement cette idée.

Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, pendant un rassemblement politique le 1er juillet 2017 à Londres.Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a prévenu que son parti de voterait pas en faveur du texte proposé par Theresa May. Photo : Getty Images / Chris J Ratcliffe

La cheffe du gouvernement britannique doit tout de même retourner à Bruxelles pour discuter de la « relation future » entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Elle a indiqué qu'elle rencontrerait le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

La tenue d'un sommet le dimanche 25 novembre à Bruxelles pour signer le projet d'accord de retrait conclu mercredi soir avec le Royaume-Uni avait été annoncée jeudi par le président du Conseil européen Donald Tusk.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et BBC

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