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  • Envoyé spécial
  • Peu de français dans le voyage de Justin Trudeau

    Justin Trudeau et Shinzo Abe.
    Le premier ministre Justin Trudeau discute avec le premier ministre japonais Shinzo Abe lors du Sommet de l'APEC, à Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld
    Radio-Canada

    Le premier ministre du Canada a très peu utilisé la langue de Molière pendant son séjour à Singapour et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, lors des différentes rencontres qu'il a tenues avec des gens d'affaires et des dirigeants politiques. Une situation inacceptable, selon l'opposition.

    Un texte de Philippe-Vincent Foisy, correspondant parlementaire et animateur du balado Mêlée politique

    Pendant son voyage à l’étranger, le premier ministre a multiplié les rencontres bilatérales et multilatérales. Leur fonctionnement se ressemble d’une fois à l’autre.

    Dépendamment d’où on se trouve, et s’il y a de la traduction ou non dans la salle, j’ajuste un petit peu mes remarques.

    Justin Trudeau, premier ministre du Canada

    La majorité des discussions se fait à huis clos, loin des caméras. Toutefois, au début des rencontres, les médias assistent à quelques minutes des remarques publiques des différents invités.

    Avec des gens d’affaires de Singapour et les premiers ministres chinois, japonais et australien, les remarques de Justin Trudeau étaient uniquement en anglais, en excluant le remerciement à la fin, lorsque les journalistes quittent la salle de réunion.

    Ses homologues chinois et japonais, eux, ont fait leurs remarques dans leur langue respective et des interprètes ont traduit.

    Le premier ministre s’est aussi adressé uniquement en anglais aux dirigeants de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) lors d’un dîner de travail, même si certains pays de ce groupe, dont le Cambodge et le Vietnam, sont membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

    Devant le Conseil commercial Canada-ANASE, à Singapour, son allocution de plus de cinq minutes contenait uniquement une vingtaine de secondes en français.

    Au Sommet de l’APEC, la presque totalité des remarques de Justin Trudeau devant les dirigeants des îles du Pacifique était dans la langue de Shakespeare. Sur quelque deux minutes et demie de temps de parole, il n’a prononcé que neuf mots en français : « On a eu la chance d’en parler aussi », a-t-il dit, à propos du dossier des changements climatiques qui a été abordé lors du Sommet de l'OIF.

    Bilingue en France

    À Paris, dans son allocution principalement en français sur la liberté de presse au Forum sur la paix, le premier ministre avait réservé un important segment à l’anglais. Sur un discours de près de huit minutes, un peu plus de trois étaient en anglais.

    Son discours à Vimy pour le 100e anniversaire de l’Armistice était entièrement bilingue.

    Justin Trudeau a aussi participé à une séance de questions-réponses sur les nouvelles technologies au forum TechGov de Paris où, la plupart du temps, il a parlé en anglais à son interlocuteur britannique. Le premier ministre a toutefois noté à un moment dans la discussion qu’il serait adéquat de parler français, ce qu’il a fait pendant les quelques minutes suivantes avant que l’animateur ne lui pose de nouveau des questions en anglais.

    M. Trudeau a néanmoins répondu aux questions des journalistes lors de ses points de presse dans les deux langues officielles, lorsqu’il se le faisait demander.

    Dans son point de presse final, il s’est défendu.

    Je pense que tout le monde sait à quel point la protection et la promotion de la langue française et du caractère bilingue de notre pays me tiennent à cœur, et nous allons toujours démontrer cette croyance profonde dans l’importance du français à chaque occasion.

    Justin Trudeau, premier ministre du Canada

    Réaction de l'opposition

    « Il est très décevant de voir que Justin Trudeau montre si peu d’égards envers le français lorsqu’il voyage à l’étranger », a indiqué le député conservateur Alain Rayes.

    « Au lieu d’attaquer les conservateurs comme il l’a fait récemment, il devrait promouvoir nos deux langues officielles, peu importe où il se trouve et non pas seulement quand ça lui convient », a-t-il ajouté, en référence aux attaques du gouvernement Trudeau contre le choix du gouvernement conservateur de l’Ontario de couper des services aux francophones.

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    International