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Trembles et bouleaux, ces arbres ignifuges qu’on élimine des forêts pour le profit

Deux personnes sont assises sur un rocher, au milieu d'une forêt de pins et de trembles au coeur d'une forêt du Colorado.

Les trembles, aux feuilles dorées, et les autres feuillus constituent une barrière naturelle aux feux de forêt.

Photo : Reuters / Rick Wilking

Radio-Canada

L'élimination systématique de certaines espèces d'arbres pour favoriser le développement des conifères dans les forêts de la Colombie-Britannique supprime en même temps une importante barrière naturelle contre le feu, soutiennent des militants.

Au sortir d’une deuxième saison record pour les feux de forêt, « ça me renverse que personne n’en parle », s’exclame James Steidle, un membre de Stop the Spray B.C., un groupe opposé à l’épandage de glyphosate.

Quand les trembles, les bouleaux et les autres feuillus peuvent pousser et déployer leurs branches, ils forment « une barrière naturelle anti-combustible », selon la professeure en écologie forestière Lori Daniels, de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC).

C’est pourquoi, explique-t-elle, on parle des talles de trembles comme de « forêts d’amiante ».

Arbres ignifuges

Les feuillus, comme les trembles et les bouleaux, contiennent plus d’eau et moins de composés chimiques combustibles qu’un conifère. Ils produisent aussi plus d’ombre, que qui tend à garder l’environnement plus frais, soutient Lori Daniels.

Un brasier consumant rapidement une forêt de conifères perd largement en intensité lorsqu’il tente de s’attaquer à une talle de trembles, raconte-t-elle.

Cette barrière naturelle faciliterait le travail des pompiers pour maîtriser ou éteindre l’incendie avant qu’il atteigne des communautés, soutient-elle.

Le ministère le sait, mais les règles restent

Un porte-parole du ministère des Forêts reconnaît que le gouvernement sait quel effet peuvent avoir les feuillus sur les feux de forêt. Il ajoute que la plantation de ce type d’arbres à proximité des quartiers résidentiels sera envisagée à l’avenir.

Malgré cette reconnaissance, les règles demeurent toutefois inchangées. Elles stipulent qu’à la suite d’un feu de forêt, les feuillus ne peuvent occuper plus de 5 % ou 2 hectares de terrain, privilégiant la plus petite des deux mesures, pour permettre la croissance des conifères.

S’il y en a trop, le secteur doit être aspergé de glyphosate, un herbicide. Au cours des trois dernières années, 42 531 hectares des forêts britanno-colombiennes ont ainsi été aspergés.

Arbres illégaux

« Au final, ça veut dire qu’il y a des règles rendant les arbres ignifuges illégaux », s’insurge James Steidle

Pourtant, les trembles poussent allègrement après un feu de forêt ou une coupe forestière, puisque leurs racines survivent longtemps et peuvent engendrer de nouveaux arbres dès que l’ensoleillement et l’humidité sont suffisants.

Ces racines peuvent toutefois être tuées par le glyphosate, prévient M. Steidle.

Avec les informations de Bethany Lindsay

Colombie-Britannique et Yukon

Feux de forêt