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analyse

Le destin du Parti québécois dépend de celui de la Coalition avenir Québec

Le leader parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.

Le leader parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.

Photo : Radio-Canada

Martine Biron

Le Parti québécois entend miser sur l'indépendance pour remettre le parti sur les rails et tenter de retrouver l'appui populaire. Réunis à Montréal pour faire le bilan de la catastrophe électorale du 1er octobre dernier, les candidats battus et élus, ainsi que Jean-François Lisée, ont fait la liste des défis à relever afin de rebâtir le parti pour 2022. L'effort sera colossal, d'autant que l'avenir du Parti québécois (PQ) dépend de la Coalition avenir Québec (CAQ).

La tentation était forte de faire de Jean-François Lisée le bouc émissaire de la défaite électorale. Bien sûr, sa sortie contre Manon Massé lors du troisième débat a choqué les militants péquistes, mais tout indique que, même sans ce coup de force, le résultat du scrutin aurait été à peu près le même.

Le PQ est engagé dans une spirale vers le bas depuis longtemps et les instances du parti auraient peut-être dû allumer plus tôt. Notamment en 2007, quand l’Action démocratique du Québec (ADQ) a fait élire 40 députés, condamnant ainsi le PQ à la deuxième opposition.

Si Mario Dumont avait réussi à réunir une équipe plus solide et qu’il avait eu plus de temps dans un contexte de gouvernement majoritaire, on peut raisonnablement penser qu’il aurait eu une chance de progresser et, qui sait, de battre les libéraux. L’échec de l’ADQ aurait dû être une lumière rouge pour le PQ qui, pour la première fois depuis 1976, constatait qu’un tiers parti pouvait intéresser les électeurs.

Mais le Parti québécois n’a pas su occuper l’espace que l’ADQ n’avait pas réussi à remplir. Les libéraux, eux, ont su combler le vide. Entre-temps, d’André Boisclair à Jean-François Lisée, en passant par Pauline Marois et Pierre Karl Péladeau, le parti a manqué de cohésion.

André Boisclair avait, en 2007, ajouté du vert dans le logo pour souligner le virage écologiste du parti, alors qu’en 2012 Pauline Marois s’engageait dans l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti et donnait carte blanche à la cimenterie McInnis. Autre exemple, en 2014, Pierre Karl Péladeau levait le poing en l’air pour « faire du Québec un pays » tandis que, quatre ans plus tard, Jean-François Lisée repoussait l’idée d’un référendum dans un mandat péquiste.

Un autre grand chantier

Le PQ entreprend donc, encore, un grand chantier pour se remettre au goût du jour. Changer de chef ne sera pas suffisant.

Ce sont les militants qui doivent maintenant changer et évoluer. Ce parti est contrôlé par les partisans de la première heure, frustrés de ne pas avoir le pays dont ils rêvent et qui répandent, un peu trop, leur fiel sur les réseaux sociaux.

Le parti doit se moderniser, revoir sa structure, ses façons de faire et surtout se donner un programme cohérent. Mais même si les planètes s’alignent pour le PQ et qu’il arrive à régler son problème d’identité, le parti devra trouver sa place dans le paysage politique.

Québec solidaire, en croissance, incarne la nouvelle gauche, et les libéraux, qui sont dans le décor politique depuis 150 ans, sont reconnus pour leur résilience. La CAQ, qui a su répondre aux besoins nationalistes des électeurs francophones, a aussi convaincu de nombreux apparatchiks péquistes de suivre François Legault. Si bien que le PQ doit non seulement se définir pour survivre, mais il doit aussi espérer que la CAQ échoue à prendre sa place.

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