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Un an après sa disparition, le sous-marin argentin San Juan localisé dans l'Atlantique

Un sous-marin avec quelques membres de l'équipage.

Le sous-marin militaire San Juan et son équipage quittent le port de Buenos Aires le 2 juin 2014.

Photo : Reuters / Handout .

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'épave du sous-marin argentin San Juan, disparu le 15 novembre 2017 avec ses 44 membres d'équipage, a été découverte vendredi dans l'Atlantique, a annoncé la Marine.

« Il est entier, mais il a implosé. Il se trouve à 870 mètres de fond », a déclaré Gabriel Attiz, le commandant de la base navale de Mar del Plata, port d'attache du submersible, après avoir rencontré les familles des victimes.

L'épave a été localisée par la société privée américaine Ocean Infinity, à environ 400 km des côtes de la Patagonie.

À l'hôtel Tierra Del Fuego de Mar del Plata, non loin de la base navale, le commandant a montré aux familles des victimes des photos du submersible prises par des modules sous-marins.

« Nous sommes émus par cette nouvelle », a déclaré Jorge Villareal, le père d'un des 44 membres d'équipage.

Une femme répond aux questions des journalistes en tenant une banderole. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les familles réclament des explications et veulent que les responsables soient punis.

Photo : Reuters / Stringer

Fin 2017 et début 2018, une dizaine de pays avaient mobilisé des moyens inédits pour tenter de localiser le sous-marin, puis la Marine avait poursuivi les recherches avec de faibles moyens.

« Maintenant, c'est un autre chapitre qui s'ouvre. À partir de l'analyse de l'état dans lequel se trouve le sous-marin, nous verrons comment nous procéderons », a poursuivi le porte-parole.

Les familles avisées

Avant d'annoncer officiellement la nouvelle, les autorités argentines ont prévenu les familles des 44 marins qui ont péri à bord de l'ARA San Juan.

« J'avais encore un espoir qu'ils soient vivants », a confié Luis Niz, père d'un des sous-mariniers, la gorge serrée.

Yolanda Mendiola est la mère d'un autre membre d'équipage, Leandro Cisneros, 28 ans. « Ils nous disent que nos jeunes sont à l'intérieur, dit-elle. Nous sommes tous détruits. »

Remonter le sous-marin à la surface, ce n'est pas impossible, mais c'est une opération très complexe, et donc très coûteuse.

Une citation de : Un officier de la Marine qui a requis l'anonymat

Un sous-marin comme le San Juan ne pouvait pas descendre en dessous de 300 mètres, pour une question de résistance des matériaux. « Quelle que soit la cause, précise-t-il, le sous-marin a implosé à 600 mètres. »

Ocean Infinity avait dépêché dans l'Atlantique Sud le navire Seabed Constructor, équipé de la technologie la plus sophistiquée, dont des caméras sous-marines capables de filmer les fonds marins jusqu'à 6000 mètres de profondeur.

La société américaine avait conclu un accord avec l'État argentin, selon lequel elle toucherait 7,5 millions de dollars si elle localisait le San Juan, dont la disparition a profondément ému l'Argentine.

Ocean Infinity est également engagé dans la recherche des débris du vol MH370 de la Malaysia Airlines, qui a disparu en mars 2014 en effectuant la liaison Kuala Lumpur-Pékin.

La détection d'une explosion sous-marine dans la zone d'opération du submersible accrédite la thèse d'une explosion à bord, probablement des batteries qui propulsaient le sous-marin.

Des gens tiennent une banderole sur laquelle on peut lire ARA San Juan, avec le chiffre 44 entouré de coeurs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des proches des membres d'équipage disparus réagissent à l'annonce de la découverte de l'épave près de la base navale de Mar Del Plata.

Photo : Reuters / Marina Devo

Avant la rupture des communications, le commandant du submersible avait signalé un problème en ce qui concerne les batteries, une avarie qui, selon lui, n'était pas un obstacle à la poursuite de la navigation vers sa base de Mar del Plata, un port de l'Atlantique à 400 km de Buenos Aires.

Une entrée d'eau par une valve défectueuse du « snorkel », la prise d'air du système de ventilation lors des montées à la surface, est l'hypothèse privilégiée par les experts.

C'est un métier à haut risque. Je suis convaincu qu'ils n'ont pas souffert. Tout s'est passé d'une manière très rapide, instantanée.

Une citation de : Carlos Zavalla, ancien commandant du San Juan

« Nous voulons savoir ce qui s'est passé », insiste Mme Mendiola, appelant à punir tous les responsables de la catastrophe.

« Pouvez-vous imaginer? Il y avait 44 garçons, en vie en montant à bord. »

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