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Chine et États-Unis étalent leurs divergences avant le sommet de l'APEC

Le président chinois Xi Jinping prend la parole lors du sommet de l'APEC 2018 à Port Moresby, Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Le président chinois, Xi Jinping, est la figure la plus en vue de ce sommet à Port Moresby, la capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Photo: Reuters / POOL New
Agence France-Presse

La Chine et les États-Unis ont exposé samedi l'étendue de leurs divergences lors de discours prononcés en amont du sommet de la Coopération économique de la zone Asie-Pacifique (APEC) à Port Moresby, en s'écharpant sur le protectionnisme, le commerce et même la diplomatie du chéquier.

Cette passe d'armes s'est déroulée à la tribune d'un forum de chefs d'entreprise précédant le rendez-vous annuel de l'APEC, au travers des allocutions du président chinois Xi Jinping et, quelques minutes plus tard, du vice-président américain Mike Pence.

M. Xi est la figure la plus en vue de ce sommet qui a cette fois pour improbable cadre Port Moresby, la capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée à l'insécurité notoire. Son homologue américain Donald Trump a en effet choisi de faire l'impasse sur cette réunion, en y dépêchant son vice-président.

Le leader chinois a dénoncé samedi matin le protectionnisme et la politique de « l'Amérique d'abord », affirmant que les règles du commerce mondial ne devaient pas servir des « ordres du jour égoïstes ».

Chine et États-Unis sont enferrés dans une guerre commerciale qui pourrait, selon les experts, être désastreuse pour l'économie mondiale. Washington et Pékin dans la foulée ont imposé ces derniers mois des droits de douane punitifs à leurs importations mutuelles, mais l'excédent bilatéral chinois n'a fait que continuer à battre des records.

« Les tentatives d'ériger des barrières et de briser les relations économiques étroites sont contraires aux lois économiques et au sens de l'histoire. C'est une approche à court terme qui est vouée à l'échec », a affirmé le président chinois.

« Nous devons dire "non" au protectionnisme et à l'unilatéralisme », a exhorté M. Xi dans une critique directe de la politique américaine.

Montant quelques minutes plus tard à la même tribune, M. Pence s'est montré combatif en annonçant que les mesures douanières américaines se maintiendraient jusqu'à ce que Pékin modifie ses pratiques commerciales.

Le vice-président américain Mike Pence lors du sommet de l'APEC 2018 à Port Moresby en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le 17 novembre 2018.Mike Pence est arrivé en Papouasie une heure avant le début de son discours, alors que Xi Jinping est depuis jeudi à Port Moresby, où il a notamment inauguré vendredi un «Boulevard de l'Indépendance» financé par les deniers chinois. Photo : Reuters / POOL New

« Nous avons imposé des taxes sur 250 milliards de dollars de biens chinois, et ce chiffre pourrait encore plus que doubler », a dit le vice-président américain.

Nous espérons une amélioration, mais les États-Unis ne changeront pas de comportement tant que la Chine n'aura pas changé son attitude.

Mike Pence, vice-président américain

Un projet qui crée la discorde

Le sommet de l'APEC, une organisation de 21 nations, a aussi cette année pour toile de fond la lutte d'influence entre une Chine de plus en plus présente dans la région et des États-Unis en retrait.

L'histoire enseigne que personne ne sort gagnant de la confrontation, qu'elle prenne la forme d'une guerre froide, d'une guerre chaude ou d'une guerre commerciale.

Le président chinois Xi Jinping

M. Xi a profité de son intervention devant ce parterre de chefs d'entreprises pour défendre le titanesque programme d'investissements eurasiatiques dit des « routes de la soie », promu par son pays.

« Il n'est pas destiné à servir un quelconque programme géopolitique caché, il ne vise personne et il n'exclut personne [...] et ce n'est pas un piège comme l'ont présenté certains », a déclaré M. Xi, une autre remarque directement adressée aux États-Unis.

Ce qui n'a pas empêché M. Pence d'appeler les pays de la zone à se rapprocher des États-Unis et à ne pas emprunter « une route à sens unique », en attaquant la diplomatie du chéquier « opaque » que mène selon lui la Chine.

Tapis rouge pour la Chine

Le contraste entre les approches américaine et chinoise de ce grand raout diplomatique ne pourrait être plus saisissant.

M. Pence est arrivé en Papouasie une heure avant le début de son discours, alors que Xi Jinping est depuis jeudi à Port Moresby, où il a notamment inauguré vendredi un « boulevard de l'Indépendance » financé par les deniers chinois.

Et la Papouasie-Nouvelle-Guinée a déroulé le tapis rouge pour la délégation de Pékin, pavoisant de drapeaux chinois le nouveau boulevard.

Ben Rhodes, qui fut conseiller adjoint à la Sécurité nationale de Barack Obama, a estimé que l'absence du président américain offrait « une occasion énorme à la Chine d'étendre son influence ».

Le programme officiel du sommet comprend les questions d'intégration économique dans la région et d'amélioration des infrastructures numériques.

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