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Les patients de plus en plus connectés

Le reportage de Normand Grondin
Radio-Canada

De plus en plus de patients utilisent des appareils connectés, faisant de l'intelligence artificielle un facteur incontournable pour le suivi médical. La prolifération de ces appareils qui suivent à la trace leur état de santé peut-elle vraiment leur être utile?

La réponse est affirmative, du moins pour Sylvain Bédard, un greffé du cœur. Une fois par semaine, il connecte son défibrillateur cardiaque sur un modem qui transmet les informations stockées sur son appareil vers le terminal d'une entreprise installé à Londres.

La compagnie me suit et devrait aviser mes cliniciens s’il y a un problème, si j'ai trop fait d'arythmie, des alertes ou si j'ai eu des anomalies pendant la semaine.

Sylvain Bédard, greffé du cœur

M. Bédard y voit une libération. Il n’est plus tenu aux vérifications régulières à la clinique de défibrillateurs. Il est maintenant autonome.

Sylvain Bédard, qui affirme y trouver son compte, reconnait toutefois un « désavantage ». « Pour certains, dit-il, c'est que tu n’as plus aucun contact avec ton clinicien, ou presque. Tu es rendu en self management, où tu te gères toi-même. »

Aujourd'hui, de plus en plus d'appareils sophistiqués apparaissent sur le marché de la santé connectée.

Par exemple, la nouvelle montre Apple Watch est équipée d'un véritable électrocardiogramme qu'on peut activer du bout du doigt pour ensuite partager le résultat avec son cardiologue.

Une étude récente indique par ailleurs que plus du quart des Canadiens possèdent un objet connecté. Certains servent à suivre l'activité physique, d'autres la nutrition ou encore le sommeil. Mais ces appareils servent surtout à stocker de l’information pour « assurer un suivi médical ».

Tableau santé connectéeSource : Diffusion of the digital health self-tracking movement in Canada, CEFRIO, Inforoute santé du Canada, 2017 Photo : Radio-Canada

Ces nouvelles informations peuvent-elles être utiles pour le patient, pour son médecin et pour le réseau de santé?

Il ne fait aucun doute, selon Fabrice Brunet, PDG du CHUM, pour qui c’est avant tout une question d’optimisation. Une partie des soins doit se faire « à domicile, sur les lieux de vie des personnes, et pas obligatoirement […] dans les hôpitaux », dit-il.

L'envers de la médaille, c'est que certains patients peuvent se sentir isolés.

Il y a des patients, surtout les plus âgés, qui soudainement se demandent pourquoi ils ne voient plus leurs médecins.

Sylvain Bédard, greffé du cœur

Le cardiologue François Tournoux du CHUM reconnait que c’est un enjeu important. Il parle même d’un danger qui doit être pris en compte. « On ne veut pas se retrouver avec un médecin caché derrière ses écrans d'ordinateur », alors que le patient veut lui parler.

D’après le reportage de Normand Grondin

Santé