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Les francophones canadiens appellent à la solidarité pour aider les Franco-Ontariens

Jean Johnson, le président de la FCFA, est au podium devant des drapeaux.

Le président de la FCFA, Jean Johnson, regrette que le programme de contestation judiciaire ne soit par encore fonctionnel.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les francophones de l'Ouest continuent d'apporter leur soutien unanime aux Franco-Ontariens après les coupes budgétaires annoncées par Doug Ford. Certains estiment que le recours judiciaire est nécessaire et regrettent le retard pris par Ottawa dans le lancement du programme de contestation judiciaire.

Jean Johnson, le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), insiste sur l’importance de la solidarité francophone. « Nous sommes en étroite communication avec l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) », assure-t-il.

Il reconnaît que dans l’immédiat, les moyens d’action consistent à exprimer des doléances en grand nombre. « Pour le moment, il faudrait être présent sur les réseaux sociaux en soutien avec l’AFO, envoyer des courriels au premier ministre de l’Ontario directement, envoyer des notes au premier ministre du Canada », affirme-t-il.

Cette action civile relève, selon lui, de la résistance. « Je suis d’accord avec Justin Johnson, le vice-président de la FCFA, quand il dit qu’il faut avoir le courage d’un Louis Riel et se tenir debout », déclare Jean Johnson.

Pour le politologue et professeur émérite à l’Université de Saint-Boniface à Winnipeg, Raymond Hébert, la bataille devra se faire devant les tribunaux. « Je pense que la contestation judiciaire est inévitable », affirme-t-il.

Témoigner pour soutenir

Le président de la Fédération des associations des juristes d’expression française, Daniel Boivin, fait remarquer qu’il s’agit avant tout d’une question ontarienne. Il concède toutefois que la solidarité des francophones n’est pas vaine, y compris devant les tribunaux.

« Dans un recours juridique, comme celui de la contestation de l’abolition du Commissaire aux services en français en Ontario, les demandeurs en qualité d’agir seraient les francophones de l’Ontario qui sont affectés directement par la coupure de service », précise-t-il.

« Mais dans un tel recours, il serait très important que les francophones des autres régions viennent apporter leur soutien pour démontrer l’importance des services et des droits qui ont été retirés », ajoute Daniel Boivin.

Il indique que « la FCFA pourrait être l’organisme qui viendrait apporter à la cour l’information nécessaire sur la portée et l’importance des droits qui ont été affectés par la décision du gouvernement ».

Lourde absence du Programme de contestation judiciaire

L’un des principaux outils juridiques pour les francophones, le Programme de contestation judiciaire, n’est pas encore disponible.

« Sans cet outil-là, on menotte l’Ontario de recours légaux, on menotte nos communautés de pouvoir agir », regrette Jean Johnson.

Geneviève Boudreau, la directrice du Programme de contestation judiciaire, confirme pourtant que tout est presque prêt : « On est dans la mise en développement du programme, nous avons embauché le personnel, nous avons commencé à développer le site web. Ce qui nous manque ce sont les membres des comités d’experts qui doivent être nommés par Patrimoine canadien. »

Patrimoine canadien n’a pas été en mesure de fournir davantage de détails dans l’immédiat sur l'état du processus de recrutement des experts.

Daniel Boivin déplore cette situation de blocage du programme d’aide. « Les communautés ne peuvent pas avoir accès à ce fonds-là pour le moment et il y a des occasions de litiges qui passent sans que la communauté puisse bénéficier de l'appui financier », explique-t-il.

« C’est sûr qu’avec tout ce qui arrive, Mélanie Joly risque de sentir monter la pression pour annoncer la reconduite des investissements pour le programme de contestation judiciaire », soutient Jean Johnson.

Avec des informations de Laïssa Pamou

Manitoba

Politique provinciale