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La CIA conclut que le prince héritier saoudien est associé à l'assassinat de Khashoggi

Plan rapproché de Jamal Khashoggi qui parle lors d'une conférence de presse à Manama, à Bahreïn, le 1er février 2015.
Jamal Khashoggi a d’abord été un proche collaborateur de la famille royale et des services de renseignement avant de devenir un critique de la politique autoritaire du prince Mohammed ben Salmane, surnommé MBS. Photo: Associated Press / Hasan Jamali
Radio-Canada

Des sources affirment au Washington Post que la CIA a suffisamment d'informations pour lier Mohammed ben Salmane (MBS), le prince héritier saoudien, à l'assassinat du chroniqueur et collaborateur du Post Jamal Khashoggi. Ces conclusions contredisent les affirmations du régime d'Arabie saoudite qui soutenait qu'il n'était pas impliqué dans l'opération.

Toujours selon le quotidien américain, des responsables de l'administration Trump ont dit avoir une grande confiance dans l'analyse de la CIA. Il s'agit, à ce jour, de l'association la plus formelle du prince héritier saoudien à cette sombre affaire.

L'Associated Press et Reuters ont également obtenu confirmation de cette conclusion de l'agence américaine du renseignement, chacune s'appuyant sur une source ayant requis l'anonymat.

La révélation des renseignements américains risque de compliquer les démarches du président américain pour préserver ses intérêts nationaux auprès de Riyad.

Il y a à peine quelques jours, le conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump, John Bolton, assurait pourtant que les personnes ayant écouté l'enregistrement du meurtre de Jamal Khashoggi ne pensaient pas que les bandes impliquaient MBS.

Le journaliste, connu pour ses critiques du prince héritier de l'Arabie saoudite, a été tué dans le consulat saoudien à Istanbul, en Turquie, le 2 octobre.

Comme le mentionne le Post, la CIA a examiné plusieurs sources d'information, y compris un appel téléphonique entre le frère de MBS, Khalid ben Salmane, l'ambassadeur saoudien aux États-Unis, et M. Khashoggi, selon des personnes au fait du dossier ayant réclamé l'anonymat.

L'ambassadeur a confié au journaliste qu'il pouvait se rendre sans risque au consulat saoudien de la métropole turque pour obtenir des documents en vue de son mariage avec une citoyenne turque.

Impossible de savoir, toujours selon le journal, si Khalid ben Salmane savait que M. Khashoggi serait tué, mais il a passé l'appel à la demande de son frère, mentionnent des gens au fait du dossier. L'appel a aussi été intercepté par les renseignements américains.

Fatimah Baeshen, une porte-parole de l'ambassade saoudienne à Washington, a soutenu que l'ambassadeur et le journaliste n'ont jamais discuté de « quoi que ce soit en lien avec un voyage vers la Turquie ». Elle a ajouté que les allégations de la CIA « sont fausses ».

« Nous continuons de voir et d'entendre diverses théories, sans voir de preuves soutenant ces spéculations », a affirmé Mme Baeshen.

La Maison-Blanche n'a pas voulu commenter l'enquête du Post, affirmant qu'il s'agissait d'un dossier des services de renseignement. Le département d'État n'a pas non plus voulu commenter.

Jeudi, l'Arabie saoudite annonçait qu'elle réclamerait la peine de mort contre 5 des 11 suspects inculpés pour le meurtre de M. Khashoggi. Riyad avait d'abord arrêté 21 de ses ressortissants dans cette affaire.

Le pouvoir saoudien a toujours nié que MBS avait eu connaissance des plans pour faire disparaître le journaliste.

Avec les informations de Reuters, et The Washington Post

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