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Les combats historiques des Franco-Ontariens

Le 22 mars 1997, des milliers de Franco-Ontariens se sont rassemblés à Ottawa pour protester contre l'annonce de la fermeture de l'Hôpital Montfort.
Le 22 mars 1997, des milliers de Franco-Ontariens se sont rassemblés à Ottawa pour protester contre l'annonce de la fermeture de l'Hôpital Montfort. Photo: Getty images/AFP/Dave Chan
Radio-Canada

La défense des droits en français relève d'un combat de longue haleine en Ontario. La suppression du Commissariat aux services en français et l'abandon du projet de création de l'Université de l'Ontario français rappellent d'autres luttes des Franco-Ontariens, au fil des ans.

Un texte de Maud Cucchi

Photo d'époque dans laquelle des élèves manifestent contre le Règlement 17 à Ottawa.Des élèves manifestent contre le Règlement 17 à Ottawa Photo : Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF)

Le Règlement 17

Adopté en 1912, il interdit aux institutrices d’enseigner le français en classe et proscrit son usage après les deux premières années du primaire. Il précise également que les inspecteurs bilingues sont placés sous la supervision d’inspecteurs anglophones pour la surveillance des écoles. Des amendes et des peines d’emprisonnement sanctionnent les récalcitrants. La résistance s’organise et passe à l’action, mais le gouvernement ontarien fait la sourde oreille. Il faudra attendre 1927 pour que le règlement cesse de s’appliquer. Il ne sera abrogé qu’en 1944.


Photo ancienne en noir et blanc d'un groupe d'une vingtaine de femmes en vêtements d'époque.Les sœurs Desloges et les gardiennes de l'école Guigues d'Ottawa en 1913 Photo : Archives de l'Université d'Ottawa

Les épingles à chapeau

En 1916, deux sœurs institutrices, Diane et Béatrice Desloges, défient le Règlement 17 à Ottawa en enseignant en français. Quelque 2000 femmes canadiennes-françaises se réunissent à l’extérieur de l’École Guigues à Ottawa pour les protéger, armées de leurs épingles à chapeau. La prise de l’école constitue un tournant décisif dans la lutte contre le Règlement 17.


Une affiche où s'est écrit English français avec une icône d'un homme devant un bureau.La Loi sur les services en français stipule que le gouvernement de l'Ontario et les prestataires de services gouvernementaux sont tenus d'offrir des services en français dans 25 régions désignées de la province. Photo : Radio-Canada

La Loi 8 sur les services en français

Le projet de loi est déposé en 1978, mais le gouvernement conservateur s’y oppose. Il faudra attendre 1986, en pleine période de tensions linguistiques dans un Canada secoué par le mouvement souverainiste québécois, pour que la loi soit adoptée à l’unanimité. Portée par le ministre des Affaires francophones, Bernard Grandmaître, elle confère aux citoyens le droit de recevoir des services en français du gouvernement de l'Ontario et des prestataires de services gouvernementaux.


Des manifestants hurlant et brandissant des panneaux.La décision du gouvernement ontarien de fermer l’Hôpital Montfort d’Ottawa entraîne une vaste mobilisation de la communauté franco-ontarienne. Photo : Radio-Canada

L’Hôpital Montfort

En 1997, l’Ontario annonce la fermeture de l’Hôpital Montfort d’Ottawa. Pendant cinq ans, les Franco-Ontariens mènent l’une des plus importantes batailles de leur histoire pour conserver le seul hôpital universitaire de langue française de l'Ontario. Des manifestations se multiplient et mènent à un rassemblement de 10 000 personnes le 22 mars 1997. Les tribunaux donnent finalement raison à l’Hôpital Montfort en estimant que les droits des francophones sont enchâssés dans la Constitution.


Une femme d'un certain âge prise en contre-plongée avec les mains écartées en premier plan.En 2016, la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a présenté des excuses officielles pour le Règlement 17 qui a banni l'enseignement du français des écoles ontariennes de 1912 à 1927. Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Les excuses de la province

En 2016, la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, présente ses excuses officielles aux Franco-Ontariens pour le Règlement 17.

Ainsi, les réalisations des Franco-Ontariens nous donnent de grands espoirs que notre société continuera à reconnaître la vérité sur notre passé et nos victoires durement gagnées, car c'est ainsi que nous pouvons continuer à renforcer l'égalité, à multiplier les possibilités, et à donner à toutes les communautés le respect, la reconnaissance et les ressources que nous méritons tous et toutes.

Kathleen Wynne, première ministre de l'Ontario de 2013 à 2018

Un panneau d'arrêt/stop devant le parlement d'Ottawa.Le statut bilingue d’Ottawa a été annoncé en décembre 2017. Photo : iStock

Le caractère bilingue d'Ottawa

En 2017, le projet de loi 177 comprend la création de l’Université de l’Ontario français de même que l’officialisation du caractère bilingue d’Ottawa. L'objectif est de protéger les acquis au chapitre des services municipaux en français. La Ville doit désormais rendre des comptes à la province en vertu de la Loi sur les services en français. La revendication remonte aux années 1970, alors que la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme recommandait que le français et l'anglais aient un statut d'égalité à Ottawa.

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