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Les pétrolières de l’Alberta divisées sur leur limite de production

Puits de pétrole en Alberta

Des derricks forant des puits de pétrole en Alberta

Photo : La Presse canadienne / Larry MacDougal

La Presse canadienne

Les géants des sables bitumineux et du raffinage Suncor Énergie et Husky Energy rejettent l'appel de leur rival Cenovus Energy qui souhaite que le gouvernement provincial réduise la production pétrolière en Alberta.

La porte-parole de Suncor, Sneh Seetal, a expliqué jeudi que la société n’était pas touchée par l'écart entre le prix du brut bitumineux canadien et le prix du baril américain qui est négocié à New York, et qu’elle ne devrait ainsi pas avoir à réduire sa production.

La société est d’avis que le marché devrait poursuivre ses activités librement et que Suncor devrait être autorisée à profiter des raffineries et des unités de valorisation qu’elle a construites, et de la capacité d’oléoduc qu’elle a contractée qui la protège des prix bas du brut albertain, a précisé la porte-parole.

Du côté de Husky Energy, la porte-parole Kim Guttormson a indiqué que son entreprise misait sur une « solution basée sur le marché », soulignant que toute intervention entraînait des risques économiques et commerciaux pour le Canada.

La première ministre Rachel Notley a indiqué jeudi que la province étudiait la possibilité de limiter la production, mais que le gouvernement était pleinement conscient que la question divise l’industrie.

Des pertes importantes pour l'Alberta et le Canada

Dans un rapport, l’analyste Phil Skolnick, de la firme Eight Capital, affirme que ces limites temporaires proposées par Cenovus et soutenues par d’autres producteurs de bitume contribueraient à éliminer les embouteillages du côté du stockage et à réduire rapidement l’écart de prix du pétrole albertain.

Mais, même sans limite imposée par le gouvernement, Phil Skolnick s’attend à une légère diminution des stocks de pétrole dans une avenir rapproché, puisque certaines entreprises réduisent volontairement leur production, que les exportations de brut par rail augmentent et que les raffineries américaines reprennent leurs activités après les arrêts de maintenance de l’automne. De plus, la raffinerie de Sturgeon, au nord d'Edmonton, d’une capacité de 80 000 barils par jour, commencera à traiter le bitume au début de l’année prochaine.

L’analyste estime que les prix du pétrole lourd, s’ils demeurent inchangés pendant un an, équivaudront à une perte de redevances d’environ 4 milliards de dollars pour le gouvernement de l’Alberta et à une perte d’impôt fédéral canadien d’environ 13 milliards de dollars liés au secteur pétrolier. Il évalue aussi un gain annuel d’impôt fédéral américain d’environ 12 milliards de dollars tiré de l’augmentation des bénéfices du raffinage aux États-Unis.

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