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Postes Canada : le gouvernement Trudeau pourrait agir dès dimanche

Des camions de Postes Canada.
Des camions inactifs de Postes Canada sont dans le stationnement du centre de tri Saint-Laurent à Montréal alors que des grèves tournantes frappent la région, le jeudi 15 novembre 2018. Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
La Presse canadienne

Le gouvernement Trudeau a tenté une fois de plus de convaincre les parties de mettre fin au conflit de travail chez Postes Canada, signalant qu'il agirait rapidement si les grèves tournantes perduraient après l'échéance de samedi, fixée par l'employeur pour accepter la nouvelle offre patronale.

Le premier ministre Justin Trudeau a prévenu la semaine dernière que « toutes les options étaient sur la table » pour cesser les perturbations dans les livraisons, advenant l'absence d'une entente entre Postes Canada et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP).

Le gouvernement pourrait prendre une décision aussi tôt que dimanche, a indiqué une source gouvernementale, qui s'est exprimée sous le couvert de l'anonymat.

Ce responsable a ajouté que parmi « toutes les options », il y avait celle d'une loi spéciale.

La possibilité d'une entente de principe s'est évanouie rapidement, vendredi, lorsque le STTP a indiqué qu'il ne soumettrait pas la dernière offre patronale à ses membres, soulignant toutefois qu'il était encore prêt à négocier.

Mike Palecek, président national du syndicat, a indiqué qu'un vote aurait lieu « lorsque Postes Canada présentera une offre qui répondra à nos demandes pour la santé et la sécurité, l'égalité entre les sexes et plus d'emplois à temps plein ».

En 2011, le gouvernement conservateur avait mis fin par une loi spéciale à un lockout décrété par Postes Canada.

Supension des livraisons en provenance de l'étranger

Pendant ce temps, Postes Canada a demandé à ses partenaires étrangers de suspendre leurs livraisons au Canada alors que la société de la Couronne croule sous les retards en raison du conflit de travail avec ses employés.

La société a affirmé vendredi que ses clients à l'intérieur du pays étaient également affectés par les retards de livraison alors que les grèves tournantes qui ont commencé le 22 octobre continuaient de plus belle au pays.

« Les retards s'étendent aussi au courrier et aux colis qui entrent au pays de l'étranger », a déclaré le porte-parole de Postes Canada, Jon Hamilton, dans un courriel.

La société dit avoir été « forcée » d'interpeller ses partenaires étrangers – dont les États-Unis – de s'abstenir d'envoyer le courrier et les colis jusqu'à ce qu'elle puisse rattraper ses retards.

La Royal Mail du Royaume-Uni a annoncé à ses clients institutionnels qu'elle retiendrait tout envoi destiné au Canada « jusqu'à nouvel ordre ». L'avis indique que cette mesure ne touche pas seulement le Royaume-Uni, « mais tous les services postaux de l'étranger ».

Une annonce semblable a été effectuée par la Hongkong Post. Le géant eBay dit avoir reçu une directive de la China Post selon laquelle elle suspendait ses livraisons.

Postes Canada et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) tentent de négocier un nouveau contrat de travail depuis un an, sans succès.

Avec ses grèves tournantes qui ont affecté plus de 200 collectivités, le syndicat espère convaincre la partie patronale d'accepter ses demandes, ce qui comprend l'amélioration des conditions de travail et le raffermissement des mesures de santé et sécurité.

Ce débrayage a causé des retards importants, particulièrement à Toronto, où le nombre de livraisons en attente a atteint 407, vendredi, selon M. Hamilton. Des dizaines de camions étaient aussi immobiles à Montréal et Vancouver.

Une nouvelle offre jugée insuffisante

Postes Canada a déposé mercredi une offre d'une durée limitée dans l'espoir de s'entendre avec les 42 000 facteurs urbains et 8000 facteurs ruraux et suburbains.

Le contrat proposé, d'une valeur d'environ 650 millions de dollars selon Postes Canada, comprend des augmentations salariales de 2 % par année et une prime à la signature allant jusqu'à 1000 $ par employé. Il contient également de nouvelles dispositions de sécurité d'emploi, notamment pour les facteurs ruraux et suburbains qui ont dénoncé leur précarité, ainsi qu'un fonds de santé et sécurité de 10 millions de dollars.

Le syndicat a salué ces avancées, mais il a jugé qu'elles n'étaient pas suffisantes pour mettre fin aux grèves, qui ont commencé vendredi au Manitoba, ainsi que dans certains endroits, en Ontario, en Alberta et au Nouveau-Brunswick.

Cette proposition est toutefois dotée d'une échéance. Postes Canada donne au syndicat jusqu'à samedi, 23 h 59, pour l'approuver.

Le président du STTP, Mike Palecek, n'a pas voulu dire si une entente de principe pourrait être conclue d'ici là, mais il a prévenu que le syndicat ne serait pas limité par une échéance jugée arbitraire.

M. Palecek a aussi critiqué la décision de Postes Canada d'interpeller ses vis-à-vis de l'étranger.

Il n'y a aucune raison de suspendre les envois internationaux. Laissez-nous régler nos problèmes à la table de négociations.

Mike Pacelek, président du STTP

Le syndicat dit vouloir obtenir des propositions concrètes pour diminuer les accidents de travail. « Les travailleuses et travailleurs des postes affichent un taux d'accidents du travail 5,4 fois plus élevé que la moyenne du secteur fédéral », écrit-il dans un communiqué diffusé vendredi.

Jon Hamilton a rappelé de son côté que Postes Canada avait fait une proposition en ce sens, pour que le syndicat et l'employeur puissent identifier des moyens d'améliorer la sécurité.

Le géant de la vente en ligne eBay a demandé cette semaine au gouvernement du Canada de légiférer pour mettre fin au conflit de travail, afin que les détaillants ne perdent pas de ventes lors des périodes achalandées du Vendredi fou, du Cyberlundi et de Noël qui approchent.

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