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Le cancer : l'autre combat des pompiers du Québec

Un pompier rince l'équipement d'un collègue à l'aide d'un boyau d'arrosage sur les lieux d'un incendie.

L'Association des pompiers professionnels du Québec milite pour que des cancers soient reconnus comme maladies professionnelles.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Radio-Canada

Cancers du cerveau, du rein ou du poumon : la liste des maladies qui frappent les pompiers est aussi variée que préoccupante. Des voix s'élèvent donc parmi les combattants du feu pour que davantage de types de cancers soient reconnus par le gouvernement comme maladies professionnelles.

Un texte de Camille Simard

Plusieurs études démontrent que l'exposition aux particules et aux milieux toxiques fait en sorte que les pompiers courent plus de risques d'avoir certains cancers, selon l'Association des pompiers professionnels de Québec (APPQ).

À Québec seulement, pas moins de 28 cas de cancers reconnus ont été recensés au cours des 20 dernières années chez des pompiers.

« On connaît les dangers physiques de notre métier, mais maintenant, c'est vraiment reconnu que notre métier est dangereux pour notre santé », affirme Éric Gosselin, président de l’APPQ.

Sept types de cancers sont actuellement identifiés au Québec comme des maladies professionnelles touchant les pompiers.

Les 7 cancers reconnus liés au métier de pompier :

  • rein
  • vessie
  • larynx
  • poumon
  • mésothéliome
  • myélome multiple
  • lymphome non hodgkinien
Un pompier ayant revêtu son équipement de protection et son appareil respiratoire se tient à proximité d'un camion d'incendie stationné à l'intérieur d'une caserne. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Regroupement des Associations de pompiers du Québec milite pour que des cancers soient reconnus comme maladie professionnelle.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

En augmentant la liste des cancers reconnus par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), plus de pompiers atteints du cancer pourraient ainsi obtenir une indemnisation.

« C'est quand même préoccupant que les gens qui ont comme métier de protéger la population et de sauver les vies, lorsqu'ils ont besoin d'aide, on tombe dans des dédales administratifs très difficiles à franchir », déplore Christian Paradis, directeur du Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec (SPCI).

Un choc brutal

Réjean Pelletier, un pompier qui compte 28 années de service, souligne l'importance de voir ces maladies professionnelles reconnues.

Le 11 septembre 2015, il a reçu un diagnostic du lymphome non hodgkinien, l'un des cancers reconnus par le CNESST depuis 2016. Il a dû recevoir de nombreux traitements. On lui a retiré la moitié de l'estomac ainsi que la vésicule biliaire. Le choc a été brutal.

« C'est comme si la vie s'arrête complètement, et pour nous, et pour la famille. Ça m'a jeté à terre complètement, on est détruit », raconte M. Pelletier.

Le choc a été d'autant plus grand pour Réjean Pelletier, parce qu'il se croyait bien protégé.

Notre habit de combat, c'est comme une armure. On se sent intouchable et on pense qu'il ne peut rien nous arriver. On ne les voit pas, les risques.

Réjean Pelletier, pompier à la Ville de Québec
Photographie de Réjean Pelletier prise à l'intérieur d'une caserne. Il porte sa veste de pompier et sourit. Derrière lui, on aperçoit un camion d'incendie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Réjean Pelletier un pompier de 28 ans d'expérience a reçu un diagnostic de lymphome non hodgkinien.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Réjean Pelletier a finalement été indemnisé après que son type de cancer ait été reconnu par la CNESST. Il espère que d'autres types de cancers seront ajoutés à la liste.

« Dans ma malchance, j'ai été chanceux de voir que mon cancer soit reconnu, souligne-t-il. Ça a aidé beaucoup ».

La CNESST affirme pour sa part que les travaux visant la reconnaissance d'autres formes de cancers se poursuivent.

Nouvelles procédures de décontamination

Plusieurs mesures ont par ailleurs été mises en place pour que les pompiers soient davantage protégés. Par exemple, les pompiers de Québec doivent porter un appareil respiratoire « en toutes circonstances ».

Ils doivent aussi changer d'équipement après une intervention sur le lieu d'un incendie.

« On décontamine les pompiers. Que ce soit avec des brosses, de rincer immédiatement. On nettoie aussi les équipements qui ont été contaminés sur les lieux de l'incendie. »

Autre changement significatif dans les casernes : les pompiers ne peuvent plus garder les équipements de combat individuels dans les aires de vie, comme c'était le cas par le passé. Tous les équipements sont gardés dans les garages et lavés régulièrement lorsqu'ils sont sales.

Le Regroupement des Associations de pompiers du Québec milite pour que des cancers soient reconnus comme maladie professionnelle.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Regroupement des Associations de pompiers du Québec milite pour que des cancers soient reconnus comme maladie professionnelle.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Malgré le fait que les voies respiratoires des pompiers soient protégées, Christian Paradis estime que les risques d'avoir un cancer sont élevés.

« Il n'en demeure pas moins que les nanoparticules peuvent pénétrer à travers les habits de combat. C'est pour ça qu'il faut procéder rapidement à la décontamination », fait valoir le directeur du SPCI.

Maladies que les pompiers veulent voir reconnues :

- cancer du cerveau
- cancer de la peau
- cancer de la prostate
- cancer de l’uretère
- cancer colorectal
- cancer pulmonaire
- cancer de la vessie
- cancer de l’œsophage
- leucémie
- cancer testiculaire
- myélome multiple

Québec

Cancer